Vers une refondation sociale et associative

par CHALOT
samedi 13 juin 2015

 Notre pays possède des centaines et des centaines de milliers d’associations.

Du plus petit village à la plus grande ville, le réseau associatif plus ou moins dense développe du lien social.

Avec l’austérité voulue et imposée par l’Union Européenne, acceptée et appliquée par les gouvernements successifs, les subventions versées aux associations ont baissé et baissent….

Dans de nombreuses villes de nouvelles idées ont germé :

Pourquoi ne pas mutualiser nos moyens ? Notamment en ce qui concerne cette gestion du personnel si complexe :

Si des associations locales n’ont pas besoin de personnels car tout repose sur l’action des bénévoles, d’autres n’ont pas de choix : notamment les associations sportives et culturelles : il faut des professeurs de danses, des brevets d’Etat….

Si ces associations n’existaient pas pour proposer des activités accessibles, seules les familles aisées pourraient se payer des activités en demandant au secteur marchand.

Aujourd’hui, encore plus qu’hier des associations ayant l’appellation d’éducation populaires, qui s’appuient, entre autres sur l’intervention de professionnels ont de plus en plus de mal.

Il leur faut devant les réductions drastiques et non symboliques des subventions :

Licencier du personnel, se marchandiser, entrer dans tous les dispositifs ou résister difficilement mais RESISTER .

 

Licencier du personnel ? :

Cela va à l’encontre des valeurs associatives : un salarié ce n’est pas un « kleenex » qu’on prend et qu’on jette.

Quand on a pris un emploi aidé, on se doit de le maintenir et d’essayer de pérenniser le poste quand vient la fin de la période de financement…

Ou alors on n’en prend pas.

 

« Marchandiser »

C’est s’adapter, accepter le cadre imposé, chercher des marges de profit, donc changer presque de nature

 

Entrer dans les dispositifs ?

 C’est perdre toute indépendance, c’est mener les actions qui « rapportent » et s’inscrire dans les politiques publiques non en fonction d’une analyse propre mais comme instrument docile.

 

IL NE RESTE PLUS QUE LA RESISTANCE

L’association qui s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire, donc de transformation sociale est au service d’un projet social et politique qui vise à l’émancipation.

Il existe de grands réseaux associatifs, voire des mastodontes, qui salarient à eux tous des centaines de milliers de personnes….

Certains sont encore actifs mais beaucoup des grandes associations qui en sont membres reposent essentiellement sur des professionnels et le poids des directeurs et notamment du directeur général est prépondérant…

De nouvelles associations qui s’inscrivent sur une action de proximité et sont très actives sont apparues.

Le DAL (Droit au Logement) est l’une d’entre elles…..

Ce sont des bénévoles, militantes et militants qui du matin, au soir sans compter leurs heures se mobilisent pour le droit au logement….

Dans les manifestations de rue, alors que de grandes associations « alignent » péniblement une dizaine de leurs adhérents, le DAL en rassemble des centaines.

 

Un nouveau réseau associatif qui s’inscrit dans une démarche active, d’éducation populaire et qui affiche des principes qu’il veut appliquer a été fondé en 2010, c’est le Collectif des associations citoyennes :

 http://www.associationscitoyennes.net/

« Le Collectif des associations citoyennes (CAC) est né en 2010 pour :

§ lutter contre l’instrumentalisation et la réduction des associations à leur seule dimension commerciale

§ défendre la contribution des associations à l’intérêt général et à la construction d’une société solidaire, durable et participative

Plus la crise sociale et environnementale s’aggrave, plus les associations citoyennes sont indispensables pour lutter contre les inégalités, et contribuer à la transition écologique et à l’émergence d’une autre économie, nécessaires à une société plus solidaire. »

Il est important et essentiel même qu’il n’y ait pas une césure entre les grands réseaux et ce collectif ou ces collectifs.

Le débat doit s’ouvrir sur le présent de l’éducation populaire et son devenir.

Jean-François Chalot

 


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