Clonage, on retrouve toujours les mÍmes...

par Anti-OGM.info
vendredi 3 octobre 2008

Le généticien Louis-Marie Houdebine, l’un des scientifiques parmi les plus actifs partisans des OGM, s’est exprimé en ce début d’année en la faveur de l’introduction dans l’alimentation de la viande clonée en France et en Europe, en contradiction avec le Groupe européen d’éthique, qui vient tout récemment de reconfirmer sa position contre la viande clonée dans l’alimentation.

La Food and Drug Administration (FDA) a donné son autorisation aux Etats-Unis à la commercialisation de viande clonée en janvier 2008, en assurant qu’il n’existe aucune différence entre la viande clonée et la viande non clonée, impossibles à différencier. La même technique et stratégie de vente et d’imposition auprès de l’opinion publique de produits issus d’organismes génétiquement manipulés avait été adoptée dès 1992 pour les végétaux transgéniques avec un concept inventé de toute pièce pour l’industrie : l’équivalence en substance

A bien y regarder de plus près, ce concept est une véritable fumisterie car comment dire biologiquement qu’une plante génétiquement modifiée à laquelle on a ajouté un gène étranger produisant une nouvelle protéine par exemple, avec tout l’inconnu qui existe autour de ce genre de modification, peut-elle être équivalente à une plante non manipulée ? Elles ne le sont manifestement et évidemment pas.



De la même manière, comment dire qu’un animal cloné est identique à un animal non cloné ? La technique du clonage revient à insérer dans une cellule à laquelle on a enlevé le noyau, le noyau d’une autre cellule. Autrement dit, il s’agit de la culture de cellules pour leur noyau contenant un ensemble de données génétiques, pour ensuite insérer cet ensemble dans une autre cellule porteuse préalablement énuclée pour pouvoir permettre le développement d’un nouvel organisme, dont le matériel génétique aura été "cloné".

Cependant, nous voyons bien que ce clonage de données génétiques ne concerne qu’une partie seulement du matériel génétique présent dans un organisme car seuls les éléments génétiques du noyau sont manipulés, alors que le génome d’une cellule ne se limite pas aux gènes du noyau : il existe par exemple de l’ADN mitochondrial et, pour les végétaux, de l’ADN chloroplastique, entre autres, au sein d’un réseau génétique en interrelation complexe. Séparer l’ADN nucléique d’une cellule revient à faire perdre la spécificité ou une partie de la spécificité de cet ADN au cœur de cette cellule spécifique, et il ne s’agit donc pas d’un processus constructif, mais au contraire destructif et dont l’introduction dans une nouvelle cellule préalablement énuclée crée des interférences géno-structurelles entraînant un déséquilibre de l’organisme, comme en témoignent les problèmes de vieillissement accéléré des animaux clonés, potentiellement et ou partiellement reliés à l’état des télomères.

Mais ce type d’aberration biologique est éludé et non pris en compte par l’industrie agrogénétique et les industriels qui les cachent derrière la rapidité du cycle de vie d’un animal dans la chaîne de production alimentaire, faisant que ce genre de problème de vieillissement est invisible et donc ne doit pas selon eux être pris en compte. Il s’agit-là d’un des nombreux exemples d’omission scientifique et de détournement de la technique à des fins de croissance industrielle et de mercantilisation du vivant au bénéfice de quelques groupes privés disposant des moyens techniques et financiers pour réaliser ce genre d’expériences et de productions, sans se soucier réellement des incidences à moyen ou long terme de ce genre de manipulation, que ce soit sur l’environnement, sur la santé animale ou humaine.

Le Groupe européen d’éthique GEE avait conclu sur un avis défavorable à la viande clonée dans l’alimentation en ce début d’année : « Étant donné le niveau actuel de maladies et de problèmes de santé des mères porteuses et des animaux clonés, le groupe doute que le clonage d’animaux à des fins alimentaires soit justifié d’un point de vue éthique. La question de savoir si cela s’applique également à la progéniture demande une recherche scientifique plus poussée. À l’heure actuelle, le GEE ne voit pas d’arguments convaincants pouvant justifier la production d’aliments à partir d’animaux clonés et de leur progéniture ».

Mais les pressions industrielles notamment des multinationales américaines incitent l’Agence européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) à préparer un nouvel avis sur la question, avec le soutien médiatique favorable à ces technologies de scientifiques technophiles comme Louis-Marie Houdebine, déjà connu pour son soutien inconditionnel aux biotechnologies végétales, et pour son appui, en tant que chercheur de l’Inra, aux industries les développant.

Toutefois l’avis du GEE a été reconfirmé, et le Parlement européen vient d’adopter début septembre, une résolution appelant à interdire le clonage animal à des fins alimentaires, et a annoncé un embargo sur les importations d’animaux clonés, de leur progéniture, ainsi que de la viande et des produits laitiers issus de cette filière, et ce alors que les autorités américaines s’intéressent aujourd’hui à la commercialisation des animaux transgéniques (et par la même occasion clonés) dans l’alimentation, persistant dans une fuite en avant caractérisant le développement agrogénétique actuel dans ce pays.


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