Connaissez vous la DS 4 ?

par Lisa SION 2
lundi 22 février 2010

Je m’adresse surtout aux couples soucieux de transporter leur enfants dans les meilleure conditions, nostalgiques de cette voiture mythique, et déçus par l’annonce récente injustement désignée DS 3. Mais alors, où peut elle bien se cacher, et pourquoi ce subterfuge ? Vous devez bien vous en douter, vu la conjoncture et le peu de succès rencontré par les grosses berlines françaises en général, la marque aux chevrons ne peut se permettre un nouvel échec. D’où l’effet d’annonce savamment entretenu pour faire rentrer dans les esprits la stratégie progressive qui mènera à terme, à la renaissance du mythe.


La DS 3 n’est donc arrivée que pour forger le tremplin sur lequel viendront s’appuyer les suivantes, la DS 5, qui préfigurera enfin l’arrivée de la digne représentante, actuellement en train de mijoter sous le couvercle du secret, la DS 6. Mais, pour celui qui n’est pas intimement attaché aux simples apparences de la robe, et bien plus attiré par ce qu’elle cache sous sa jupe ou en son sein, il existe un modèle déjà présent, et qui se rapproche le plus des sensations évoquées par l’illustre vaisseau qu’était notre Déesse, et que Dieu même nous enviait. Celle-ci, discrètement cachée sous l’appellation de Grand Picasso, laquelle est une extension de la C4, démontre tout à fait l’empreinte de sa devancière dans son comportement routier et son confort redoutablement rassurant.

Sa position de conduite est digne d’un hélico, la vitre remonte jusqu’au dessus du volant et il suffit de lever les yeux pour voir le ciel. Un double volet coulissant pivotant permet de réduire les gènes à la visibilité, et avec l’impression de voler au dessus des obstacles, l’effet est saisissant. La direction est douce et vive à la fois, elle réagit de façon nette sans avoir à forcer et donne l’impression que l’on est juste au dessus de l’axe de pivot des roues. Elle s’engage ainsi immédiatement dans le mouvement plutôt que de mollement sous-traiter l’effort, et cela participe à donner parfaitement confiance d’autant plus qu’aucun roulis n’intervient. La portière est relativement courte ce qui facilite son accès d’un garage étroit, et assez lourde, ce qui démontre sa solidité.

Citroën dans cet exercice, s’est encore fait remarquer par une absence totale de console centrale sur le modèle automatique. L’économie en coût, en poids et en place est importante et la disparition de ce nid à petits boutons difficile d’accès ajoute encore à la sécurité d’emploi. Les quatre vitres et les deux rétros sont disponibles en bout d’accoudoir, la ventilation et divers réglages sont au tableau à gauche du volant, celui ci est doté d’un centre fixe qui réceptionne les commandes de téléphone, de gestion du gps, de claquesonne et de radio, et celle ci se cache au centre du tableau sous un couvercle rabattant, en dessous du compteur central doté de l’écran du gps. Cet ensemble est un peu dénudé, mais rien de plus que sa grande sœur, et finalement, n’est-il pas la représentation inverse du spécifique m’as-tu-vu-bling-bling.

Citroën s’est appliqué à reproduire l’effet de décollage qui caractérisait l’ancienne, et chaque changement de vitesse se distingue par une légère plongée du museau se redressant vivement, le rapport suivant engagé. Si l’effet est saisissant, il peut procurer un léger trouble en cas de dépassement, repoussant d’une ou deux secondes la poussée désirée. Autre léger défaut, lorsque vous lâchez le frein, à l’arrêt dans une légère pente, le véhicule reste fixe deux secondes avant de finalement reculer, ce qui peut surprendre. Ce n’est pas en soi un défaut puisque cela aide au démarrage en côte, mais il faut le savoir. Le frein à main, qui d’ailleurs s’opérait au pied sur l’ancien modèle, est activé par un simple gros bouton poussoir au centre du tableau, se déverrouille tout seul dès que l’on accélère, et est automatiquement enclenché dès que l’on coupe le moteur. C’est donc la fin de l’horrible bruit de dégluti dont étaient responsables ceux qui activaient, sans presser le bouton de blocage, le levier central que l’on trouve sur les modèles des autres marques.

Ce sont les normes de croissance absolue qui imposent à chaque nouveau modèle d’être toujours plus lourd en sécurité passive au détriment de celles qui convenaient très bien à sa sœur cadette, la BX, qui pour un poids de moins d’une tonne, et avec des pneus d’une taille au dessus de la 3CV, 145/15, permettait d’assurer un niveau de tenue de route parfaitement établi. Ces normes qui imposent aux petits de s’accorder aux autres véhicules arrivant sur le même bandeau de bitume autoriseront bientôt d’encore plus lourds convois à fréquenter les mêmes axes routiers. Elles tendent à obliger tous les nouveaux modèles roulants à s’aligner sur la courbe d’expansion dont on ne sait où est la limite. Ce que l’on sait, c’est qu’en séparant les différents types de transports et en privilégiant les nouvelle techniques, il serait possible et utile de revenir à des poids et des tailles raisonnables. Les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques tels les véhicules électriques n’attendent qu’à ce que la courbe s’inverse pour voir immédiatement leur capacité d’autonomie devenir concurrentielles.

C’est bien simple, quand on a goûté au Grand Picasso, l’on ne regrette ni l’ancienne mythique DS, ni n’attend avec impatience sa future renaissance, et à son volant, difficile de ne pas se sentir comme un Président.

Lu et approuvé par toute la famille.

 

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