Ere post PC : du flan !

par Acid World
lundi 19 mars 2012

Le marketing nous annonce la fin du PC, avec l'avènement des tablettes et des smartphones, plus ludiques. Mais à quel prix pour la liberté ?

Jamais naviguer sur un appareil n'aura été aussi fun. Entre les icônes colorées d'iOS, l'interface Metro épurée de Microsoft ou les effets 3D d'Android, difficile de résister aux appels de pied esthétiques des appareils tactiles flambants neufs qu'on exhibe dans toutes les vitrines puis dans toutes les rames de métro.

Sans tomber dans la dénigration infantile d'une marque en particulier, les firmes high-tech sont en train de s'apple-iser les unes après les autres. Voici maintenant qu'en 2012 Microsoft laisse un moment son bureau ringard de côté pour exhiber un menu plein écran, avec une ergonomie de rêve pour la consommation des contenus.

Détails futiles qui n'intéressent que les geeks ? Peut-être, mais en attendant, la technologie sur laquelle nous passons une bonne partie de notre vie évolue vers un certain modèle. Où l'utilisateur n'est plus vraiment citoyen du cyberespace, mais consommateur en ligne. Point par point, quelques indices.

Les tablettes

Sympathiques pour leur confort de lecture, les tablettes semblent pourtant un besoin extrêmement artificiel. Elles ne tiennent pas dans la poche, sont plus chères que les livres électroniques et toutes leurs fonctions sont trouvables dans les téléphones. En soi le concept n'est pas mauvais, mais les tablettes actuelles ne sont pas de vrais ordinateurs. Juste des aberrations aux apparences high-tech. Aucun intérêt utilitaire : connectique pauvre (pas d'USB), environnements fermés et obsolescence ultrarapide, notamment du côté d'Android dont les mises à jour galopantes oublient les trois quarts des utilisateurs. L'ordinateur tactile reste clairement à améliorer, car les tablettes servent surtout à faire tourner des applis très gadget qui ne remplaceront jamais les jeux vidéos -les vrais j'entends-.

IOS ou l'informatique fast-food

iOS est le prototype du système qui ne laisse aucune autonomie à son utilisateur. Conditions d'utilisation, dépendance à une suite logicielle unique, magasin d'applis filtré et publicité omniprésente. Cela resterait un sympathique sujet de raillerie au sein d'un débat existentiel PC/Mac si il n'avait pas été imité par tous les autres et même par le monde du PC. Windows régresse ainsi en croyant utile de nous proposer un Windows Store.

Le système présente la même philosophie qu'un fast food : contenu standardisé, à consommer rapidement et avec un attrait ergonomique indéniable.

Le « Claoud »

Confie-moi tes données, j'en prendrai soin loin de chez toi. Elles ne t'appartiendront plus vraiment mais ne t'inquiète pas, tu auras deux clics de moins à faire.

Désolé, non. Internet est la toile d'araignée qui relie les contenus des gens du monde entier. Faire appel à une société dont on ne lit JAMAIS les cent et quelques pages de politique confidentielle, ça craint. Une entreprise qui en a le besoin et ses juristes peuvent s'amuser à décortiquer et à signer. Mais nos disques durs sont irremplaçables pour le moment, en témoigne la perte sauvage de données subie par les membres de Megaupload. Liberté illusoire que celle de se sentir irresponsable de ses données. Car du côté des sociétés, c'est la ruée pour faire joujou avec le commerce de nos données.

Pour une informatique évolutive et autonome

Pour conclure, l'informatique doit rester pour moi non seulement puissante mais orientable. Or on ne peut pas demander à des hardwares et softwares verrouillés jusqu'à l'os d'être évolutifs et orientables. Google incapable d'assurer plus de deux ans de mises à jour sur Android. Apple qui bride honteusement ses coûteuses machines en les privant de possibilités d'extension. L'obsolescence programmée semble enterrer la vieille idée de la tour PC évolutive. Rien ou presque ne se répare, mais on nous promet une machine éblouissante à peine sortie de la boîte. Rien ne se garde confidentiel, mais on nous promet d'accéder partout à nos documents à la seconde. Sans parler du marketing hypocrite de la sécurité informatique. Windows et son monopole privé reste du pain béni pour les éditeurs d'antivirus, tandis que le mythe du Mac inviolable berce les 5% qui se sont offert ces beaux laptops en alu. Comme quoi l'ère du PC avait aussi ses vices. Et si on inventait des ordinateurs évolutifs basé sur le libre ? Un Internet vraiment neutre ? En un mot, une informatique du partage de la connaissance ?


Lire l'article complet, et les commentaires