Gaz de schiste, pourquoi pas nous ?

par cliquet
jeudi 29 mars 2012

Hier, j'ai appris que les Etats Unis étaient redevenus exportateur net en matière d'hydrocarbures.
Ce résultat serait dû à l'exploitation du gaz provenant des schistes bitumineux.

En allant sur le web, j'ai lu que les réserves estimées en gaz de schistes situées en France (sans inclure le sous sol lorrain, dont la société australienne Elixir affirme qu'il contient à lui seul des réserves équivalentes à environ 10% des réserves mondiales connues) représenteraient environ 50 ans de consommation nationale.

J'ai également lu qu'une commission gouvernementale essayait de contourner une décision gouvernementale elle aussi pour commencer à étudier si on pourrait peut-être éventuellement envisager de faire une expérience limitée d'extraction de gaz de schiste dans la région parisienne, les écolos y étant moins actifs que dans le sud...

Un des arguments utilisé contre réside dans le fait que cette extraction libère du CO2 dans l'atmosphère.

Je ne suis pas expert en la matière, mais les chiffres que j'ai trouvé sont assez éloquents. Les masses de CO2 à la surface de la terre représentent : les quantités suivantes

(source Environmen tal Effects of Increased Atmospheric Carbon Dioxide


ARTHUR B. ROBINSON, NOAH E. ROBINSON, ANDWILLIE SOON
Oregon In stitute of Sci ence and Medicine, 2251 Dick George Road, Cave Junction, Oregon 97523 [artr@oism.org])

Certains utilisent l'unité Gt de CO2.( Le rapport entre ces deux unités est de 44/12 (masse mol. du CO2/masse mol. du Carbone) =3,7.Ainsi émettre 7GtC est équivalent à émettre 26 GtCO2.)

  1. L'atmosphère contient environ 750 GtC
  2. La surface des océans contient environ 1000 GtC
  3. La végétation sur Terre, les sols et les déchets contiennent environ 2200 GtC
  4. En dessous de la surface, les océans renferment 38000 GtC

C'est à dire près de 42000 (GtC) milliards de tonnes de Carbone.

Les échanges entre les différentes sources, cette fois ci en GtC par an :

  1. La surface des océans et l'atmosphère échangent, chaque année, 90 GtC.
  2. La végétation sur Terre et l'atmosphère échangent, chaque année, 60 GtC.
  3. Les animaux marins (les planctons) et la surface de l'océan échangent, chaque année, 50 GtC
  4. La surface des océans et les eaux en profondeur échangent, chaque année, 100 GtC...........

C'est-à-dire un échange permanent de quelques 300 (GtC) milliards de tonnes de carbone par an.

En revanche L'homme injecterait, lui, chaque année, environ 3 GtC dans l'atmosphère sur les 5 à 7 GtC produits annuellement par combustion d'énergie fossile (pétrole, fiouls, gaz etc..). A noter que, d'après un article de Prairie et Duarte (Biogeosciences, 2007), la respiration de l'humanité toute entière relâcherait quelques 0,3 GtC/an dans l'atmosphère ! Les animaux domestiques :0,75 GtC/an et les déchets humains et animaux : 0,5 GtC/an, ce qui n'est pas totalement négligeable (voir les "modestes propositions" de Florin Aftalion, )

J'ai du mal à croire que cette proportion faible (3% environ) puisse causer tous les méfaits dont on l'accuse à elle-seule

Alors, bien sûr, il reste des arguments, mais qui ne me paraissent pas totalement incontournable si on s'en donne les moyens technologiques, tels que la pollution des nappes phréatiques, ou celui de l'eau du robinet qui deviendrait inflammable...

 D'autant plus que, du strict point de vue de l'effet de serre, la vapeur d'eau est beaucoup plus importante.

Alors, qui a intêret à freiner des 4 fers l'exploitation de ces gaz de schiste ?

Le lobby écologiste avec le louable et trés altruiste souci de nous préserver de nous-mêmes, inconscients que nous sommes et avides de plaisirs couteux en énergie d'origine fossiles ?

Le lobby des énergies renouvelables, qui verrait ainsi amoindrir ses arguments, considérés aujourd'hui comme incontournables ?

Le lobby nucléaire, qui posséde, de par la nature soi-disant irremplaçable de cette source d'énergie, une position de monopole, même si les réserves mondiales ne sont pas glorieuses et nos réserves nationales inexistantes ?

Le lobby des pétroliers, qui pourrait voir le cours du brut, essentiellement spéculatif et basé sur l'hypothèse de raréfaction de la ressource, diminuer sensiblement ?

Pourtant, ça nous arrangerait pas mal, en ce moment, d'avoir nous aussi une (petite) part de ce gateau réservé à un petit nombre qu'est devenu l'approvisionnement en énergie. Mais peut-être que les puissants qui nous guident en ont décidé autrement ?



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