Halte aux abus des fournisseurs d’accès à Internet !

par Laurent Monserrat
vendredi 2 novembre 2007

Cela fait plusieurs années que l’on attendait qu’une loi vienne sanctionner les fournisseurs d’accès Internet pour leurs pratiques commerciales pour le moins douteuses. Profitant de vides juridiques considérables et d’avocats pour les exploiter, les fournisseurs d’accès se sont livrés à une lutte acharnée pour les dividendes.

Et dans tous les cas, c’est le client qui a trinqué ! Temps d’attente payant, service technique taxé à la hauteur de 0,34 euros la minute sans que le problème ne soit nécessairement résolu.

Ce sont les associations de consommateurs qui auront, à force de procès et de pressions sur les gouvernements successifs, réussi à faire bouger un peu cette micro-communauté qui s’enrichit aux dépens de la population. Car la qualité des connexions a peut-être augmenté mais les coupures restent tout aussi fréquentes et de nombreux clients qui avaient accepté de voir leur ligne dégroupée se sont retrouvés sans téléphone ni Internet durant des mois.

Le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, a ainsi répondu favorablement aux associations de consommateurs qui demandaient que les députés légifèrent enfin pour protéger les clients de ces nombreux abus. Les nouvelles obligations légales consisteront en la gratuité du temps d’attente et à l’interdiction de surtaxer les services d’assistance téléphonique.

Même si seule la société Free continue de faire payer le temps d’attente à ses clients, il était impératif qu’une loi soit enfin entérinée. Reste encore le coût exorbitant des appels à ces services techniques qui constituent une autre forme de ressources financières pour toutes ces sociétés.

Le projet de loi qui sera proposé durant le mois de décembre à l’Assemblée suscite déjà de vives réactions chez les principaux fournisseurs d’accès. Car les associations de consommateurs demandent l’obligation d’une durée d’engagement limitée à 12 mois et la réduction du délai de résiliation des contrats à 10 jours.

Si ces mesures venaient à être votées par l’Assemblée, les fournisseurs d’accès indiquent déjà qu’elles auraient un impact sur l’emploi en France et qu’il leur serait obligatoire d’augmenter le prix des abonnements.

On ne peut s’empêcher d’être sceptique devant de telles déclarations, car la plupart des fournisseurs d’accès ont délocalisé leur service technique en Afrique du Nord et en Asie depuis plusieurs années déjà.


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