L’ultime Atome
par olivier cabanel
lundi 11 août 2025
Trump vient de lancer un nouvel « ultimatum » à Poutine, sans grand résultat, mais au-delà de ces gesticulations, il faut s’interroger sur l’arme nucléaire, qui, on le sait...ne devait être que dissuasive…
Sauf que depuis Hiroshima et Nagasaki, on sait combien ces vœux pieux sont fragiles.
214 000 morts, (140 000 Hiroshima, et 74 000 Nagasaki) ...officiellement...et certainement beaucoup plus, si l’on faisait des recherches plus approfondies, notamment en cherchant du coté de l’augmentation du nombre des cancers…lien
Au mois d’août 2023, une étude réalisée par le British Medical Journal a mis en lumière le fait que « les travailleurs des installations nucléaires qui sont constamment exposés à de faibles doses de rayonnements ionisant présentent une hausse de la mortalité par cancer". Lien
passons…
Par expérience, on sait qu’une arme, aussi dangereuse soit-elle, finit toujours par être utilisée, et aujourd’hui encore, le nucléaire militaire continue de tuer, ne serait-ce que lors de l’utilisation de ce qui est appelé « bombe sale »…
Ces bombes sales consistant à disperser de la contamination radioactive, sont couramment utilisées, et même si officiellement les pouvoirs publics tentent d’en minorer le danger, comme on peut le voir dans ce document (la probabilité que les matières radioactives utilisées dans la confection d’une bombe sale (…) est très faible) écrivent les rédacteurs de ce document, le danger de la contamination radioactive est bel et bien réel, au moment où la Russie accuse l’Ukraine de vouloir utiliser une telle arme, en se basant sur l’affirmation des États-Unis qui auraient l’intention d’envoyer aux forces armées ukrainiennes des munitions à uranium appauvri, le principe même de la bombe dite sale. Lien
Allons plus loin sur le chapitre nucléaire : récemment France Télévision s’est lancée dans une propagande honteuse sur la question nucléaire. lien
Le plus cocasse est que ce « reportage » affirme qu’il s’agit d’une énergie non polluante, alors que l’on ne sait pas aujourd’hui traiter la question des déchets, autrement que de les envoyer au fond des océans, ou même d'envisager de les enfouir sous terre..
il fut une époque ou on croyait avoir trouvé une solution, laquelle s’est révélée finalement encore plus dangereuse.
Ça s’appelait « superphénix », dont le principe était de permettre de transformer les déchets hautement radioactifs en nouvel combustible nucléaire.
Hélas pour les promoteurs de cette énergie, il y eut un gros problème : un circuit primaire de refroidissement avec l’eau n’était plus suffisant, il fallait d’abord un refroidissement au sodium liquide, produit instable qui brûle spontanément au contact de l’air, et explose au contact de l’eau.
La centrale nucléaire en contenait 5000 tonnes...
voici un feu de sodium...
Il ne fallait surtout pas qu’une fuite de sodium se produise,et c’est pourtant ce qui s’est passé, sauf qu’il a fallu un mois pour que les ingénieurs s’en rendent compte : ils pensaient que c’était juste un défaut de signalisation, une alarme défaillante donc... fort heureusement, le sodium qui fuyait s’était cantonné dans l’espace inter cuve...il y en avait tout de même 20 m³ qui attendaient sagement d’être découverts. lien
ce n’est pas tout... quelques temps après, c’étaient 400 tonnes de sodium qui fuyaient sur un circuit secondaire...lien
il faut savoir que les probabilités d’une fuite de sodium avait été estimée « une fois tous les 100 000 ans »…lien
le mythe de « superphénix » se retrouvait réduit en cendre…lien
Ajoutons pour la bonne bouche un autre épisode surprenant : alors que la probabilité qu’un poids d’un kilo tombe un jour sur le dôme du réacteur, suite à une mauvaise manipulation, c’est une charge de 1300 kg qui est tombée sur le réacteur...lien
passons...
à 60 km au large de Nantes, ce ne sont pas moins de 200 000 barils de déchets hautement radioactifs qui ont été balancés au fond de l’Océan, entre 1950 et 1990, par 4000 mètres de profondeur. Lien
et à Bure, du côté de Nancy, l’état envisage sérieusement d’enterrer ce même genre de déchets, (dont certains ont une période de 25 000 ans), à 500 mètres de profondeur.
Il s’agit d’enfouir 99,9 % de la radioactivité totale des déchets du programme nucléaire français dans un seul et même lieu, dans des galeries sur 300 km, pour des centaines de milliers d’années.
La radioactivité enfouie représenterait près de 100 fois celle rejetée par Tchernobyl, pendant une période estimée à 100 000 ans, et une fois tous ces déchets entérrés, le site serait scellé pour « l’éternité ». lien
qui pourrait imaginer l’état de ce site dans 100 000 ans ?
Comment les populations qui auraient pu subsister pourraient être averties du danger potentiel enfoui sous terre ?
En attendant, une manifestation est prévue le 20 septembre prochain sur le site pour cette « manif du futur », afin d’empêcher l’inadmissible. lien
Pour les Rhône-alpins, départ de Lyon par bus sur ce lien
Pour en revenir à l’ultimatum lancé par Trump sur Poutine, une fois de plus, s’il faut en croire ses récentes déclarations publiques, (lien) il n’a manifestement pas trop ému l’autocrate russe, mais comme dit mon vieil ami africain : « le feu qui te brûlera, c’est celui auquel tu te chauffes ».
le dessin illustrant l’article est de Chaunu
Merci aux internautes pour leur aide efficace
Olivier Cabanel
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