Vive l’Energie Positive !

par olivier cabanel
lundi 15 mars 2010

Face à l’énergie négative, celle qui utilise des produits radioactifs et dangereux pour faire bouillir de l’eau et tourner des turbines, en nous laissant des millions de tonnes de déchets ingérables, et en nous exposant à un risque d’accident majeur, voici le temps de l’énergie positive, celle des « BEPOS ».

 

Comme chacun sait, la consommation d’énergie primaire française est de 276 mtep/an (millions de tonnes équivalent pétrole) dont 117 mtep sont d’origine nucléaire. lien

Avant de choisir quelle énergie propre et renouvelable pourrait remplacer les énergies sales et dangereuses (nucléaire, pétrole, et charbon), il faut découvrir comment cette demande énergétique pourrait être baissée sans que les français se serrent la ceinture.

On connaissait déjà la maison passive, celle qui ne consomme pas (ou peu) d’énergie, mais voici venu l’ère de la maison positive, qui non seulement ne consomme pas d’énergie, mais qui en produit.

On appelle çà les BEPOS (bâtiment à énergie positive). lien

Ce n’est pas de la fiction.

Plusieurs « BEPOS » existent déjà en France.

Les architectes du cabinet ARTE Charpentier ont inauguré en avril 2009 la tour Elithis à Dijon.

Là où le chauffage représentait 50 kWh/m2 (en RT2005) il descend à 2 KWh/m2.

Les performances énergétiques sont énormes : la consommation en éclairage est divisée par 6, l’eau chaude passe de 3KWh/m2 à zéro.

Pour arriver à cela, il a fallu isoler toujours mieux : là, ce sont des panneaux isolants à base de fibre de bois.

Ici, les murs ont été passés à l’analyse spectrométrique afin de desceller les déperditions thermiques, les doubles vitrages argon sont à isolation thermique renforcée.

Des échangeurs thermiques permettent à l’air vicié expulsé du bâtiment de redonner ses calories à l’air frais qui rentre. lien

Il faut citer aussi l’immeuble « bonne énergie » inauguré ce mois-ci dans l’écoquartier de Bonne, à Grenoble.

D’ailleurs la ZAC de Bonne vient d’obtenir le premier prix national des écoquartiers de France 2009. lien

Bien sûr ces immeubles sont largement dotés en énergie photovoltaïque.

Pour comprendre l’importance de cette révolution, il faut savoir qu’aujourd’hui la consommation énergétique des bâtiments résidentiels et tertiaires, c’est 70 mtep. lien

(Pour mémoire, la France importe 83 millions de tonnes de pétrole chaque année. lien)

Si demain, les BEPOS se généralisent, c’est donc une économie de 70 mtep qui serait réalisée, faisant descendre la consommation française à 206 mtep, et c’est donc 35 réacteurs nucléaires de moins.

Mais il y a mieux.

Les nouveaux panneaux photovoltaïques Graetzel dont le brevet est exploité par l’entreprise Konarka (lien) vont multiplier les performances. lien

En effet, fabriqués sur des supports souples et transparents, ils peuvent être incorporés aux vitrages des bâtiments, et produire de l’énergie, tout en améliorant l’isolation du bâtiment.

La révolution positive va toujours plus loin : il existe déjà à Grenoble, et à Toulon des réverbères qui fabriquent leur propre énergie grâce aux cellules photovoltaïques, et à une petite éolienne intégrée redistribuant la lumière à la nuit tombée.

windela est le nom de ce réverbère totalement autonome et ce n’est pas un cas isolé :

A Albi, un nouveau système d’éclairage public a été installé à partir de technologie plasma. Elle permettra une baisse de 30% de la consommation actuelle. lien

L’éclairage public représente 37% des dépenses en électricité des villes françaises, et les 9 millions de réverbères qui éclairent nos rues sont l’équivalent d’un réacteur nucléaire. lien

La dépense générée par l’éclairage public est aujourd’hui de 400 à 500 millions d’euros annuels, (lien) et le prix d’un EPR avoisine les 6 milliards d’euros.

Les économies réalisables pour l’éclairage public sont donc considérables, d’autant qu’en 15 ans, on est passé pour l’éclairage public de 4,1TWh à 5,6. lien

En France en 2009 le montant des énergies renouvelables utilisées est encore très modeste : 20 MTEP. lien

Si l’on compare ce qui se passe dans le reste du monde, on découvre le considérable retard français.

En matière de photovoltaïque, alors que l’ensoleillement français est bien plus généreux qu’en Allemagne, ce pays produit 30 fois plus d’électricité solaire que chez nous. lien

En géothermie, L’Islande championne en la matière, utilise cette énergie pour 72% de ces besoins. Lien 

Pourtant la France est riche en eau chaude de grande profondeur. lien ce qui pourrait remplacer une dizaine de réacteurs nucléaires. lien

La Suède a réduit de près de moitié la consommation du pétrole, en le remplaçant par du méthane. lien

Or notre potentiel français est au moins aussi important. lien et lien

Les vaches françaises, au nombre de 7,6 milions produisent 76 millions de tonnes de fumier, lequel mis en méthanisation produirait chaleur et électricité pour le ¼ des 14 millions d’habitations française.

En traitant les déjections de nos 500 000 chevaux, on produirait annuellement 400 millions de mètre cube de biogaz. lien

La récupération de la graisse animale et des huiles de friture représente des centaines de milliers de tonnes généralement incinérées. lien

Le biodiésel norvégien est fabriqué en partie à partir de vielles huiles de cuisson.

Alan Bittner, chirurgien plastique de Beverley Hills, récupère la graisse de ses patients pour faire rouler sa voiture. lien

C’est ce qui a dû donner l’idée à un norvégien de récupérer les graisses issues de la liposuccion !

Il s’appelle Lauri Venoy, et il aura accès chaque semaine à 11 500 litres de graisses humaines, ce qui lui permettra de produire 10 000 litres de biodiesel par semaine. lien

Ce qui n’est pas une raison suffisante pour encourager l’obésité !

Question énergie éolienne la France, 2ème mieux placée en potentiel éolien européen, n’a installé que 1000 mégawatts alors que l’Allemagne en a installé vingt fois plus, et l’Espagne 10 fois plus ; lien

Et puis il y a l’énergie hydraulique et aussi l’énergie marémotrice.

L’usine marémotrice de la Rance produit 240 mw, et le potentiel français est d’après cette étude de 6000 mW.

On le voit bien, les possibilités de remplacement des énergies sales et dangereuses sont multiples.

Il faudrait pour cela une volonté politique.

Elle n’est pas à l’ordre du jour pour Nicolas Sarkozy qui préfère le nucléaire. lien

C’est bien dommage, car comme disait mon vieil ami africain : « si tu empruntes le chemin de « je m’en fous », tu te retrouveras au village de « si j’avais su ».


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