Je trouve au contraire que c’est le lieu idéal pour débattre, vos critiques argumentées seraient bien plus intéressantes que les invectives habituelles dont la seule visée est de conserver soigneusement les esprits à l’abris de toute réflexion dissidente dans le doux confort de l’ignorance. L’auto-censure est le graal des partisans de la pensée unique, ne leur rendez pas ce service.
Ce qui nous différencie je pense, c’est que vous considérez les inégalités comme étant fondamentalement néfastes, tandis que je pense qu’elles résultent de l’exercice des libertés. Ma priorité en tant que libéral n’est pas de réduire les inégalités (des résultats) mais de lutter contre la pauvreté que je concois, au delà de la détresse humaine, comme une privation de liberté.
De mon point de vue, l’action "positive" qui vise à améliorer une situation donnée s’avère sur le long terme inefficace car elle fausse l’équilibre entre les acteurs. La PAC, dont des intervenants discutent plus haut, ainsi que les barrières à l’entrée pratiquées contre les pays émergents par l’occident, sont davantage à l’origine de l’inflation actuelle et des crises multiples à travers le monde que la spéculation boursière qui n’est qu’un facteur aggravant.
Effectivement, les libéraux ne peuvent apporter un remède miracle car pour nous la meilleure solution est de laisser les gens décider eux-mêmes. Ca ne veut pas dire que l’Etat n’a pas de raison d’être, mais qu’au contraire sa raison d’être consiste à fournir les conditions juridiques et sociales de cette liberté.
Pour éclaircir un peu les esprits, je pense qu’il faut clairement discerner deux formes distinctes que peut prendre l’action politique.
Il y a d’une part l’action ’correctrice’ qui vise a corriger les défaillances et qui s’inscrit dans la tradition libérale (impôt négatif, égalité des chances, droit de la concurrence, etc...).
Il y a d’autre part l’action ’positive’ qui vise à améliorer la société et qui s’inscrit dans une tradition dirigiste commune aux socialistes et aux conservateurs (impôt progressif, égalité des résultats, protectionnisme, subventions, planisme, etc...).
Le tort des libéraux est, à trop vouloir montrer en quoi l’interventionnisme (positif) est source de problèmes, d’oublier de dire en quoi l’intervention (correctrice) de l’Etat est souhaitable. Il s’agit sans doute d’une réaction épidermique au culte francais de l’Etat-providence mais celle-ci est très dommageable.
Les derniers commentaires apportent je pense une parfaite illustration des conséquences désastreuses d’une perception bicéphale du libéralisme.
Ca ne fait aucun doute que la ’droite’ préfère les aspects économiques, tandis que la ’gauche’ préfère les aspects politiques. Mais cette distinction opportuniste n’existe que pour les non libéraux. Que les uns et les autres piochent ce qui les intéressent ne doit aucunement mener les libéraux à devoir choisir un camp, restons libre.