Chère Eva, Si ce que vous dites du lynchage médiatique de Bayrou est exact , je crois que vous idéalisez un peu ses positions politiques : Par exemple, il a été le premier à faire campagne ( avec son compère de l’époque Douste-Blazy) pour le rallongement de la durée de cotisations des salariés pour les retraites, sans évoquer à aucun moment la possibilité de trouver d’autres sources de financement. Il y a peu, son cheval de bataille était la dette publique française, qu’il présentait comme catastrophique alors qu’elle est inférieure à celle de nombreux pays européens ( sans parler de celle des Etats-Unis) et proposait que l’interdiction du déficit budgétaire soit inscrite dans la constitution. Proposition qu’il a prestement oubliée depuis la crise et la necessité pour les Etats d’intervenir pour relancer l’économie. D’une manière générale son programme politique semble bien mince et vague, ce qui l’oblige à se situer essentiellement dans la critique du pouvoir et des médias où il excelle et touche juste. Ce qui a été positif, à mon avis, dans le débat mené par Chabot avec son grossier et répugnant parti-pris habituel, et sa volonté d’enfermer dans ses questions biaisées tous les participants sauf le mieleux Xavier Bertrand à qui elle servait la soupe, ça a été la remise en cause de la soumission habituelle des politiques et leur refus d’écouter religieusement l’oracle de l’institut de manipulation de l’opinion qui devait annoncer les intentions de vote trafiquées en concertation avec l’Elysée.
Bertrand Delanoë s’est suicidé politiquement lorsque il a décerné au Dalai Lama le titre de citoyen d’honneur de Paris. Il s’est enlevé toute chance d’être un candidat crédible à l’élection présidentielle. Va-t-il persister dans cette brillante voie ?
Il a cru dans sa vision parisiano-centrée et boboïsante être en phase avec la gôôche en soutenant le représentant d’une religion si exotique et rafraichissante, qui allie la si rassurante réincarnation, en phase avec le phénomène psychologique de « dèja vu » et nettement plus accessible à l’entendement que l’invraisemblable et si désincarnée vie éternelle, avec la notion de karma qui a le mérite de simplifier l’existence par une vision paranoïsante où tout ce qui arrive à un individu s’explique par sa propre existence et réduit la causalité à l’antériorité linéaire.Sans compter le charme du langage imagé et de la couleur orange.
S’il lui arrivait de franchir le périphérique, il aurait pu se demander si c’est bien le rôle d’un maire socialiste de soutenir le représentant d’un régime féodal où la quasi-totalité de la population était en état de servage et de participer en première ligne, avec le regretté Ménard, au grand jeu de l’empire étatsunien qui consite à attiser les conflits indépendantistes dans les quelques rares pays qui ne sont pas soumis à son impérium.
Le pire risque pour les justiciables et la démocratie est que les juges continuent à être complètement indépendants du pouvoir politique et accentuent, comme c’est le cas depuis quelques années, leur totale irresponsabilité à l’égard des représentants élus du peuple et des lois. On a vu encore très récemment un juge décider, en son âme et conscience, et en dehors de tout texte, que la place des morts était au cimetière et qu’une exposition de cadavres allait à l’encontre du respect dû aux morts. Le juge d’appel a fait remarquer, à juste titre, et toujours en dehors de toute référence à une loi, que l’exposition des momies égyptiennes était courante et n’entrainait pas un manque de respect pour les pharaons. Cette dérive des juges vers une justice personnelle et subjective est directement liée à leur statut d’irresponsables protégés de toute sanction sur le fond de leur activité. Un exemple frappant en a été donné il y a quelques années lorsqu’un juge de Versailles (!) avait jugé que les motifs d’une grève étaient « manifestement déraisonnables » et avait condamné les salariés à arrêter leur grève sous peine astreinte financière exorbitante.
L’avantage du pouvoir politique sur le pouvoir judiciaire c’est qu’il a des comptes à rendre à la population (trop peu fréquemment et trop globalement, il est vrai) mais qu’il risque plus qu’une simple réprimande des ses confrères pour avoir détruit la vie de quelques vulgaires « justciés ». La toute-puissance de la caste judiciaire qui a failli aboutir à la « république des juges » ( curieux nom pour un pouvoir qui n’est pas élu) était soutenue par la caste journalistique qui voyait là un moyen d’assoir son pouvoir face aux politiques jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle aussi pouvait être la victime de l’arbitraire judiciaire et subir des perquisitions et des mises en examen pour révéler ses sources sur une affaire quand la fuite ( illégale) ne venait pas d’un juge.
Cette dérive judiciariste s’est inscrite dans le contexte idéologique du triomphe de la révolution conservatrice et de la volonté (?) de singer tout ce qui venait des Etats-Unis et en particulier son système ( support du libéralisme) de la primauté du judiciaire sur le politique. Cette primauté récente dans l’histoire des Etats-Unis à été combattue par Roosevelt qui a du batailler contre la cour suprème pour imposer ses réformes sociales auxquelles les juges (qu’il appelait les corbeaux) s’opposaient sous des prétextes de contradiction avec la constitution. On assiste un peu au même phénomène en France où le Conseil Constitutionnel habille ses décisions politiques sur la validité des lois en faisant dire à la constitution ce qu’il veut, et son contraire, comme on l’a vu à plusieurs reprises et notamment sur la validité des nationalisations. Le risque de judiciarisation de la société française et de l’accentuation de sa dépolitisation n’est donc pas écarté.
Les Russes sont des gens émotifs et excessifs. Ils vont remonter leur taux de croissance aussi vite qu’il a descendu (la bourse a dégringolé de 70% depuis août), comme après le krach de 98.
Où avez-vous vu que « les Russes sont à genoux » ? Dans Le Monde où sur Arte ?
Votre analyse sur le péril jaune qui va envahir la Sibérie date des années 70 et des articles de l’Express directement inspirés des théories fumeuses de Kissinger.