Je ne suis pas un scientifique, mais un ingénieur. Ce n’est pas vraiment la même chose. J’ai beaucoup travaillé avec des chercheurs, ils savent des choses que je ne sais pas, mais en revanche, je sait concevoir des systèmes fonctionnels dont ils ont besoin, conception qu’ils ne savent pas faire. Je sais assez de choses pour comprendre leurs problèmes et ils savent assez chose pour comprendre mes contraintes. . Pour en revenir au sujet, je demande des faits concrets, y-a-il quelque part au monde, un quelconque réacteur (hors réacteurs expérimentaux) qui a été totalement démantelé et sur le site duquel n’importe qui peut se promener ? . Maintenant, de toute façon, le problème essentiel, ce n’est pas le démantèlement, même s’il s’avère infiniment plus coûteux que prévu. . Avez-vous une solution pour les déchets à longue durée de vie ?
On nous parle de stockage dans des couches stables, par exemple dans d’anciennes mines de sel, mais s’il y a du sel, cela signifie qu’il y a eu la mer. alors, question stabilité ... . On nous parle aussi d’une transmutation hypothétique. Transmutation possible théoriquement, mais PRATIQUEMENT ? Et cette transmutation ne consommerait-elle pas (au conditionnel, pas au futur) plus d’énergie que toute l’énergie fournie lors de la « fabrication » de ces déchets ? Et cette transmutation, c’est, de nouveau, pratiquement pour quand ? Et pendant ce temps, on fait quoi des déchets ? On les met en tas, protégés par un enveloppe étanche, on met une garde tout autour pour éviter que des malintentionnés viennent y foutre le bordel ? Et bien entendu, on est sûr que les 100, 200, 1000 ... générations qui nous suivent continueront à prendre soin des déchets en attendant une possible transmutation ? . Personnellement, je pense que l’on trouvera bien plus vite la solution technologique pour la fusion que la solution de transmutation pour se débarrasser des déchets. Mais en attendant, il faut bien continuer à produire de l’énergie (ou, plutôt, à la concentrer dans le cas du solaire ou de l’éolien) tout en se débarrassant de l’immonde saloperie que représente la fission nucléaire.
Vous vous énervez, vous vous énervez, sans doute la preuve de votre mauvaise foi. Je fais une tartine, parce que j’ai quelque chose à dire, vous, à part les invectives ...
Contrairement à ce que vous dites, le démantèlement de Chooz A n’est absolument pas terminé, il est prévu que le démantèlement de la partie nucléaire ne sera pas fini avant 2025 et si cela se passe comme pour l’EPR ..... Et il n’y a absolument aucune solution pour les 10 300 tonnes de déchets durée de vie courte, pas plus que pour les 30 tonnes à vie longue.
Shippingport était un réacteur expérimental d’une puissance de 60 mWe, à comparer avec des réacteurs de 1000 mWe à 1400 mWe, c’est comme dire que si l’on sait démolir une villa, on sait démolir un immeuble de 20 étages. Comme mauvaise foi, on ne fait pas mieux. . Contrairement à vous sans doute, j’ai participé, comme jeune ingénieur, au démantèlement d’une centrale, certes expérimentale (6 mWe), celle de Lucens. À la suite d’un accident de niveau 4 survenu en janvier 1969, il y a eu fusion partielle du cœur. Aujourd’hui, 47 ans après, une partie du site est encore inaccessible. Heureusement cette partie est souterraine, comme l’était d’ailleurs la totalité de la centrale.
. À la suite de ce travail, le jeune ingénieur qui voulait faire carrière dans le nucléaire a commencé à réfléchir et a changé totalement d’orientation. Accessoirement, il s’en est tout à fait bien trouvé, l’informatique lui a ouvert un domaine intéressant et bien plus rémunérateur.
@Onecinikiou PAC + solaire thermique (ECS) + radiateurs + installation + forage : un peu plus de 45.000 € (après déduction de diverses aides). Il s’agit d’une installation complète de chauffage en rénovation, de toute façon, mon ancienne installation arrivait à bout de course (30 ans d’âge). Une installation neuve est sans doute un peu moins coûteuse. Durée de vie d’une PAC : j’ai une garantie pièces et MO de cinq ans, au delà contrat d’entretien de 200 € annuel (moins cher qu’une solution fuel ou gaz), la durée de vie est de 25 à 30 ans, certaines PAC de plus de 40 ans fonctionnent encore mais ne peuvent plus être entretenues, le gaz frigorigène utilisé n’est plus admis. Mon ancienne installation électrique m’avait coûté, autant que je m’en souvienne (ramené à l’€ actuel) à peine moins cher. Mais le confort est beaucoup plus grand. Plutôt que d’avoir des sources de chaleur à haute température (80°-120° pour les accumulateurs) j’ai maintenant des sources (plus grandes il est vrai) à 40° au maximum, je vous assure que c’est sans comparaison au niveau du confort.
Pour le photovoltaïque, environ 20.000 €. En admettant un prix moyen du kWh de 0,17 € (calculé sur mes factures de 2 ans, abonnement + consommation + diverses taxes), une production de 8.448 kWh, cela fait un revenu d’environ 1.440 € , soit un amortissement total en 14 ans, sans doute beaucoup moins avec les hausses de tarifs qui arrivent. Comme les panneaux sont garantis 25 ans, il y a au minimum 11 ans bénéfice pur. Et pour répondre à JMBerniolles, vous voyez, même en comptant le prix facturé de l’électricité, le photovoltaïque est absolument rentable. Mais, comme on le revend plus cher, le photovoltaïque est un très bon investissement. Cela dit, dès que je trouve une solution compatible avec mes moyens financiers et me permettant d’utiliser moi même ma production (et cela semble se rapprocher), je le ferai, même si je dois y laisser des plumes en abandonnant la revente, parce que je suis conscient de mes responsabilités et que je ne veux pas laisser une poubelle, fut-elle nucléaire, à mes descendants. .
@Onecinikiou, comme je ne veux pas multiplier les post, je réponds ici à une autre question. La solution de stockage Tesla me parait effectivement peu intéressante financièrement. Mais les choses avancent à grands pas (même si la France piétine), Leclanché et l’EPFL font une recherche tout à fait prometteuse sur le sujet (http://www.24heures.ch/economie/entreprises/Leclanche-et-l-EPFL-innovent-pour-stocker-lenergie-solaire/story/14309727). . La méthanisation est aussi une bonne approche, Audi par exemple a développé tout un concept à ce sujet, il reste à diminuer d’un facteur 10 l’échelle pour s’adresser à un particulier (au fait, pourquoi Audi ? simplement pour faire rouler des véhicules avec de l’énergie solaire en faisant abstraction du temps de recharge). . Et il y y a bien d’autres solutions (http://energycenter.epfl.ch/production_stockage_hydrogene) l’air comprimé (http://actu.epfl.ch/news/l-etat-de-vaud-soutient-le-stockage-d-energie-par-/). . Pendant que les autres avancent, la France, sous la pression des nucléocrates, stagne. Dans 10-15 ans, il ne faudra pas venir se plaindre que la France est à la traîne avec des technologies nucléaire du 20em siècle devenues invendables.
FAUX ! . Le démantèlement de Superphénix devait être terminé en 2007. Maintenant, c’est très loin d’être terminé. Il y a encore plus de 450 personnes qui travaillent sur le site. Il y a encore des tonnes de combustibles fissible et des dizaines de tonnes de matériaux contaminé. Et, Superphénix n’a jamais, absolument jamais, fonctionné à plus de 12 % de sa capacité nominale théorique, alors, il n’a pas vraiment produit, et heureusement, la totalité des déchets potentiels.
Répondez-donc à ces deux questions : Pouvez-vous aller vous promener sur le site sans autorisation spéciale ? Pouvez-vous allez n’importe où sur le site sans équipements de protection ? J’attends la réponse avec impatience, essayez d’être honnête pour une fois.
En 11 janvier 2016, le Tribunal de Grenoble a condamné, en appel, EDF pour « manquements graves à la sécurité sur le chantier de démantèlement de Superphénix, à Creys-Malville en Isère ».
EDF avait d’ailleurs déjà été condamnée, pour une autre raison, en novembre 2014 au motif de "violation d’une mise en demeure de l’Autorité de sûreté nucléaire
(ASN)".
Alors, des tribunaux condamne EDF à propos d’un chantier terminé ?
Je crois que l’arrogance et la malhonnêteté intellectuelle des nucléocrates n’a d’égal que leur incompétence.
Je vais vous parler de FAITS, pas d’études théoriques. . J’habite, dans un climat assez rude (Haute-Savoie), une maison de 150 m2 habitables sur 2 niveaux. Au départ bien isolée (agglo+laine de verre+brique de terre cuite+enduits intérieur/extérieur), chauffage initial électrique (accumulation). Il y a quelques années, j’ai fait appliquer un enduit isolant thermique supplémentaire à l’extérieur et poser des fenêtres à triple vitrage à l’argon. . J’ai aussi fait poser une PAC en géothermie (forage à 200 m). Puis 5 m2 de capteurs solaire pour l’eau chaude sanitaire (ECS), la PAC
assure le complément, s’il y a lieu, pour le chauffage de l’ECS. Pose
de 30 m2 de capteurs photovoltaïque de qualité, pas de la camelote made
in China, mais d’origine US. Le toit est orienté à 6° ouest du sud, avec une pente de
33°, c’est à dire, pente et orientation optimales sous nos latitudes. . J’ai maintenant un confort infiniment supérieur à celui que j’avais auparavant. Mais surtout, je suis devenu un producteur net d’électricité. De janvier 21012 à décembre 2015, j’ai consommé, en moyenne
annuelle,4.944 kWh d’électricité, cela inclut chauffage, ECS, cuisson
des aliments, frigos, congélateur, PC et appareils électroniques,
lumière, bref, l’ensemble de ma consommation électrique. À comparer avec
les 11.480 kWh consommés avant la transformation du système de
chauffage (mais après pose des fenêtres isolantes).
Durant la
même période, les panneaux photovoltaïques ont produit 8.448 kWh en
moyenne annuelle. Maintenant, ils ont produit toute l’énergie
nécessaire à leur fabrication et leur recyclage en fin de vie (environ
2,5 ans de production). Je suis donc producteur net de 3.495 kWh
d’électricité en moyenne annuelle. Les mois de novembre à février sont
déficitaires en production électrique, le moi de juin est le meilleur
mois, 973 kWh d’excédent. Je pense que l’on peut encore largement
écrémer ces différences en utilisant de nouveau accumulateurs/onduleurs
d’une capacité de 10 kVA chacun (Tesla en fait la promotion), à première vue, je pourrais arriver à une autonomie totale de 10 mois par année. Une autre solution, à laquelle travaillent des entreprises allemandes, consiste à utiliser les excédents électriques produits pour fabriquer, par électrolyse et utilisation du CO2 ambiant, du méthane. Cela permet non seulement d’être totalement autonome, mais, en plus de couvrir une partie des besoins d’énergie pour les déplacements. Tant les solutions Tesla que méthanisation sont à l’échelle individuelle. . Les énergies alternatives n’offrent pratiquement aucun gain d’échelle. Une centrale solaire de 1000 mW n’a pas de meilleur rendement qu’un 30 m2 de panneaux d’une puissance de 6 kW.. Au contraire si l’on incorpore dans le rendement les pertes dues au transport de l’énergie. . Mais évidemment, ceux qui de toute leur vie n’ont jamais raisonnés qu’en termes de centralisation ont de la peine à penser « small is beautiful ». Au surplus, la centralisation donne du pouvoir à ceux qui sont dans les sommets de la pyramide et ils ont de la peine à abandonner ce pouvoir. . À voir comment les autres pays évoluent dans ce genre de réalisation, je pense que la France va payer très cher dans le futur sa fixation dogmatique sur le nucléaire.