Mais non, voyons ! je ne suis pas jet-set ! mais simplement un peu informée sur le niveau des aéroports nationaux dans la zone... et attachée à ma carcasse. S’il est vrai que la maintenance des appareils est assurée par des compagnies occidentales, d’autres facteurs entrent en jeu. Vous vous souvenez de l’Antonov cargo qui s’est écrasé dans la banlieue d’Irkoutsk à la fin des années 90 ? Par la grâce de Dieu, le gaz était coupé depuis trois semaines... ( factures non payées ), sinon, vous imaginez le carnage ? Il s’est murmuré dans le milieu qu’il s’agissait d’un problème de carburant trafiqué qui a provoqué l’arrêt simultané des quatre moteurs en plein vol. Sympathique, non ? Sinon, à titre privé, j’utilise volontiers Eurolines, confortable, pas cher et très pratique pour l’Europe, centrale ou autre. Et c’est vrai, on voit mieux le pays et on se sent plus proche des gens. Et surtout, on voit mieux les caractéristiques imputables au milieu naturel et celles, culturelles relevant du « centre ». J’ai le souvenir d’un passage de frontière entre l’Allemagne et ce qui était à l’époque la Tchécoslovaquie. En l’espace de cent mètres après la frontière, on changeait de monde ! Côté allemand, les talus étaient impeccablement fauchés, tous les végétaux visibles dans les jardins sortaient d’une jardinerie... tout était korrekt ! Côté Bohème, les talus étaient « nature », les plantes, des plantes de grand-mère comme on en voyait en France dans les années soixante, boutures échangées, couleurs des fleurs non trafiquées, bref on avait l’impression de retrouver le monde délicieux de l’enfance. Certes, le rêve avait été un peu écorné par des représentants de la maréchaussée qui ayant interpellé des Tziganes les traitaient aussi brutalement que dans les films sur l’empire austro-hongrois. Mais c’est aussi une ( mauvaise ) tranche de vie... Et cette impression désagréable a vite été effacée par une profusion inouïe de délicieuses églises baroques, souvent en réfection. Sur le plan touristique, c’est vraiment la meilleure façon de voyager.
Oui, vous avez raison, faire une comparaison avec le paradis des travailleurs est tout à fait salutaire... C’est sûr que les banlieues ex-soviétiques n’incitent pas à faire des bonds joyeux... Je ne connais ni Minsk ni Smolensk ( j’ai toujours évité les coins où il n’y a pas de vol direct Air France ou autre compagnie civilisée ), mais je peux vous assurer que les banlieues chinoises sont du même style... 40 km de banlieues merdiques de part de d’autres de Pékin, avec barre de béton tous les cinquante mètres... voilà qui n’incite pas à se reproduire... et pourtant... Tout cela sans mentionner les bidonvilles du Tiers-Monde que Tahar ben Jelloun n’a sans doute jamais aperçus dans son pays natal... Son article est grotesque et malhonnête... Si les banlieues françaises sont si désagréables, pourquoi donc ses compatriotes quittent-ils leurs bidonvilles pour venir y habiter ? Et lui, pourquoi publie-t-il en France et non pas dans son pays d’origine qui aurait bien besoin d’ouvrir des livres de temps en temps ? Le racisme ? Peut-être n’a-t-il jamais rencontré d’intouchables indiens qui en sont victimes dans leur propre pays... ( ils sont plus noirs de peau que les hautes castes ) Je persiste ! Comparées aux deux-tiers de la planète, les banlieues françaises sont un paradis... et ces deux-tiers-là donneraient, comme disent les Anglais, un bras et un oeil pour venir y habiter... d’ailleurs certains perdent leur vie pour venir s’établir dans nos horribles banlieues... La difficulté de trouver un emploi ? Il faut bien reconnaître que beaucoup d’entre eux sont inemployables... Avez-vous déjà commandé une pizza par téléphone à un maghrébin ? Ça prend trois fois plus de temps et vous payez le téléphone, car saisir la commande leur pose problème... même chose pour la vente à distance... quand vous devez épeler « Bernard » dans rue Saint-Bernard, par exemple, à un adulte ayant été scolarisé pendant dix ans, il y a comme un problème... Livreurs, ils assurent à peu près... mais pas grand-chose au-delà...
Devant ce triste état de chose, on peine à imaginer des solutions...