« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Avis fort peu partagé par les premiers intéressés ; rien que pour cette saloperie, laissons Péguy croupir dans les poubelles de l’histoire, à sa place. La charité, c’est le contraire de la justice, parce que c’est le fait du prince, son bon plaisir, son bon vouloir… Il n’y a jamais eu de guerre « juste », uniquement des bénéfices sur la souffrance des hommes. « Heureux sont ceux qui sont morts », mais qu’en sait-il, le cul-béni ? Seule sa superstition grotesque d’un autre monde après la mort l’en convainc. « Heureux », ces jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge, dans la boue, le sang, la gangrène et la mort, loin de ceux qu’ils aiment ? « Heureux », ceux qui se mutilaient sans retour pour échapper à l’enfer ? Les seuls à être heureux, ce furent les spéculateurs bien planqués à l’arrière, et les marchands de canons.
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour la finance. »