On dit « musulman » pour ne pas dire : Arabe. Mais je me demande, non sans inquiétude, ce que peut bien être la vie d’un Arabe athée, ou simplement laïc, dans une théocratie musulmane. Sans doute, il ne doit pas y en avoir beaucoup, mais là n’est pas la question. Leur vie ne doit pas valoir beaucoup plus cher qu’une peau de saucisson. Français, blanc, je suis considéré comme « catholique » parce que j’ai été baptisé à un âge où j’aurais été bien en peine d’exprimer un quelconque choix. On a la religion de ses parents, tout bêtement. Naturellement, je ne me sens nullement engagé par mon baptême : il s’est forcément fait sans mon consentement. Tout comme un Arabe est musulman sans l’avoir choisi et voulu. Vous pouvez appliquer le raisonnement à toutes les religions, que, comme moi, vous avez raison de détester.
…ce qu’il a fait, pardon, voilà que je m’y mets aussi. Décidément, l’air de la ville ne me vaut rien. Enfin, l’air, c’est une façon de parler, je me comprends !
Excuses acceptées, ce sont des choses qui arrivent à tout le monde dans le feu de l’argumentation. Il n’y a plus de quartiers populaires, à Paris. C’est une ville sale, horriblement chère, où le moindre placard à balai se loue une petite fortune. Si vous voyiez l’état de crasse du Louvre, un de « nos » joyaux, paraît-il, vous seriez édifié. Il n’est pas rare d’y rencontrer des rats. Il y a de tout partout, mais je vais vous raconter une petite anecdote : à Agon-Coutainville, en Normandie, (j’étais invité), j’ai dû repartir plus tôt que prévu pour rentrer à Paris. Je rentre dans un bistrot, où j’avais dû prendre une ou deux fois un café afin de m’enquérir d’un éventuel car pour la gare de Coutances. Un ouvrier qui bossait sur un chantier voisin, que je n’avais jamais vu, me dit alors sans façon : « J’y vais dans dix minutes. Bouge pas, je passe te prendre ». Ce qu’il à fait. Vous avez une chance sur dix millions pour que cela vous arrive à Paris.