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  • blurpy 14 mai 2010 07:11

    Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel Mourey.

    « Pourquoi pensez-vous que la montagne de Bussy ne puisse pas 
    correspondre à la description pourtant précise de César, description 
    que confirme la redécouverte du camp romain étudié par Michel Reddé ? 
    Votre argumentation est de dire qu’elle ne se trouve pas exactement au 
    nord. César dit « du côté des sept étoiles de la petite Ourse » 
    septentrionibus. Ce n’est pas dans ses habitudes d’indiquer des 
    orientations intermédiaires ».

    Là, vous me faites vraiment la partie trop facile !

    Le camp étudié par M. Reddé n’est pas celui de la montagne de Bussy, 
    mais celui du mont Réa. C’est Labiénus, qu’on installe à Bussy (à 
    cause de cette balle de fronde qui porte les lettres TLAR, lues TLAB, 
    et sur laquelle il y aurait beaucoup à dire), alors que l’attaque du 
    camp nord vise les légats Réginus et Rébillus. Si l’on installe ces 
    deux légats à Bussy, où installe-t-on Labiénus ?

    Toutes les armes et les monnaies exhumées l’ont été des fossés du Réa, 
    pas de Bussy. De toute façon, la montagne de Bussy n’est pas au nord, 
    puisque le nord est occupé par la plaine du Rabutin. Mais César n’est 
    pas gêné le moins du monde pour exprimer les orientations 
    intermédiaires, à preuve le 1er paragraphe du 1er chapitre du B.G., où 
    il parle de la Belgique « au nord-est », ou de l’Aquitaine « au sud-
    ouest » : spectant in septentrionem et orientem solem… et : spectat 
    inter occasum solis et septentriones.

    S’il n’a pas précisé, alors qu’il était en mesure de le faire, c’est 
    qu’il n’y avait pas lieu, la montagne étant plein nord.

    Pour le camp étudié par M. Reddé, il n’est pas en haut de cette 
    montagne, comme il devrait l’être (7, 83, 1 : superiorum castrorum ; 
    7, 85, 4 : ad superiores munitiones ; et les Gaulois « escaladent la 
    pente, ascensum dat Gallis, 7, 85, 6 ; ex ascensu temptant » 7, 86, 4) 
    mais en bas de la pente, derrière la gare des Laumes. Ni lui, 
    d’ailleurs, ni celui de Bussy n’ont la taille requise pour abriter 
    deux légions. Il faut 45 ha pour deux légions selon Polybe, le camp de 
    Bussy taille 9,50 ha ; celui de Flavigny, réservé à César, taille 3 
    ha. On a même décoré du nom de « camp » des enclos de 36 ares ! (le 
    camp n°15, selon J. Le Gall)

    Je précise que toutes les critiques que j’ai formulées contre Alise 
    Sainte-Reine sont tirées des écrits mêmes de ses défenseurs, notamment 
    Joël Le Gall, prédécesseur de Michel Reddé...



  • blurpy 14 mai 2010 07:10

    Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel Mourey.

    « Pourquoi refusez-vous de voir le contour ovale de l’ancienne 
    muraille oppidumique avec sa citadelle… » « Pourquoi ne voulez-vous 
    pas voir le fossé décrit par César dans le fossé mis au jour par les 
    archéologues de Napoléon III en avant et au pied de l’oppidum, d’une 
    rivière à l’autre ? »

    Si le rempart d’Alise avait réellement existé, il me semble que les 
    défenseurs d’Alise s’en réjouiraient, tandis qu’ils déplorent encore 
    de n’avoir à se mettre sous la dent que quelques mètres de murus 
    gallicus (à supposer même qu’il soit « gallicus » : F. Creuzenet, 
    Historia, 77, 2002, établit que les deux tronçons de murus « gallicus 
     » sont en fait gallo-romains, et que le troisième remonte à l’Âge du 
    Bronze).

    Ce murus gallicus est typique des villes du IIème av. J.-C., tandis 
    que les remparts d’Alésia « métropole religieuse de toute la Celtique 
     » selon Diodore de Sicile (4, 19, 1-2) doivent remonter à l’époque 
    d’Hercule, i.e. aux siècles de la guerre de Troie, et ressembler aux 
    murs des villes grecques archaïques, Tirynthe, Argos, Mycènes ; être, 
    donc, constitués de dalles cyclopéennes.

    Pour ce qui est du « grand fossé d’arrêt » de Napoléon III, il est 
    situé à une distance variable du reste des retranchements (partout à 
    plus de 600 m) alors que selon César il doit être à 120 m (400 pieds), 
    distance conforme à ce qu’implique la portée des machines de guerre 
    romaines. Pour minimiser l’écart entre la réalité d’Alise et les 
    chiffres de César, on a transformé les 400 pieds (400 fois 29,6 cm) en 
    400 pas (400 fois 148 cm). Mais c’est une correction moderne ad locum, 
    faite en désespoir de cause.



  • blurpy 14 mai 2010 07:09

    Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel Mourey.

    « Comment pouvez-vous dire que cette plaine s’étalait en largeur alors 
    qu’il est écrit in longitudinem ? Comment pouvez-vous inventer qu’elle 
    était à perte de vue alors qu’il est écrit qu’elle s’étalait en 
    longueur sur 3000 pas ? »

    Vous me semblez, ici, aveuglé par votre engagement en faveur d’Alise, 
    au point d’interpréter les critiques que je formule contre Alise comme 
    une déformation du texte de César. Je persiste à dire, et il 
    m’étonnerait qu’on puisse le contester, que la plaine d’Alise (les 
    Laumes) s’étale en largeur et à perte de vue, tandis que César la 
    présente en longueur, in longitudinem. Et la plaine des Laumes excède 
    les 4,5 km, sauf à être mesurée, cela a été fait, en diagonale.

     Au § 7, 70, 1, les cavaliers se battent dans la plaine de 3000 pas 
    in longitudinem, intermissam collibus « en longueur, enserrée entre 
    des collines ». Je ne vois pas que j’aie pu écrire que la plaine « de 
    César » était « en largeur » : je parlais, à l’évidence, de celle 
    d’Alise.



  • blurpy 14 mai 2010 07:08

    Réponse de Danielle Porte : Réponses aux questions posées par le colonel Mourey.

    « Où sont les vallées encaissées que vos partisans ont imaginées en 
    lisant ce texte ? Où sont les collines qui auraient mis en « gorges » 
    les deux rivières ? »

    Premier point à établir avant toute discussion : la fiabilité du de 
    Bello Gallico.

    César n’est pas seul à avoir décrit le site. L’historien consciencieux 
    se doit de faire état des autres textes. Contemporains comme 
    postérieurs, les autres écrivains se réfèrent à des témoignages que 
    nous ne possédons plus mais qu’ils ont pu consulter (p. ex. Servius 
    Honoratus, dit Servius le Grammairien, rapporte le combat préliminaire 
    de cavalerie d’après les Éphémérides de César lui-même, disponible 
    encore, par conséquent, aux IVe-Ve s. ap. J.-C.). Les récits ou les 
    descriptions que nous lisons sous d’autres plumes que celle de César 
    ont pu être empruntés à des contemporains ou quasi contemporains de 
    César, dont on sait qu’ils ont écrit sur la guerre des Gaules : son 
    secrétaire, interprète et garde des sceaux : Pompéius Trogus, 
    l’architecte Vitruve, Asinius Pollion, source d’Appien, de Plutarque 
    et de Dion Cassius, Titus Ampius, source de Suétone, Tanusius Géminus, 
    source de Plutarque, voire les livres de Furius Bibaculus sur la 
    guerre des Gaules, le Bellum Sequanicum de Varron d’Atax, et le livre 
    108 de Tite-Live… et la correspondance de Quintus Cicéron, son légat, 
    de Décimus Brutus, de Trébonius, de Marc-Antoine qui furent tous à 
    Alésia.

    Avant d’invoquer la formation rhétorique de César pour l’accuser de 
    mensonge, il faut méditer sur le témoignage de son ennemi, Marcus 
    Cicéron (Br., 262) parlant des Commentaires : « ils sont nus, exacts 
    et beaux, dépourvus de tout ornement oratoire, comme d’un vêtement 
    qu’on enlève… »

    Et l’on se demande bien en quoi avantageait sa gloire ou sa carrière 
    politique d’écrire que les tours étaient distantes de 24 m si elles 
    l’étaient de 58, ou que les fossés étaient larges de 4,35 m s’ils ne 
    le sont que de 2,9 m. Ne parlons pas des 80 cm de profondeur des 
    fossés alisiens, nettement insuffisants pour arrêter une charge 
    ennemie ! La description de travaux techniques demande l’exactitude, 
    surtout si une tricherie n’avance en rien les affaires du tricheur. 
    D’autant que les Sénateurs avaient tous été consuls ou proconsuls et 
    pouvaient parfaitement évaluer les chiffres donnés.

    Ensuite : les collines.

    La suite du texte de César que vous ne citez pas spécifie que « des 
    collines de même hauteur ceignaient l’oppidum, à une distance réduite, 
    mediocri interiecto spatio », ce qui permet d’imaginer que le lit des 
    deux rivières, serré entre ces collines et l’oppidum, formait ravin. 
    Florus l’exprime en propres termes, en parlant de rivières abruptis 
    ripis, « aux rives abruptes », ce qui conforte le terme subluebant, «  
    lavaient par-dessous », que César emploie pour les deux rivières par 
    rapport à l’oppidum, ce que confirme Strabon (Géogr., 4, 2, 3, 
    periéchiménèn d’oresi kai potamois dusin « encastrée entre des 
    collines et deux fleuves »)  : si les rivières « lèchent » cet 
    oppidum, c’est qu’il n’existe pas d’espace libre entre leur cours et 
    les pentes de la colline.

    C’est Michel Reddé lui-même qui estime l’espace entre les rivières et 
    le flanc du mont Auxois à 1,2 km (Alésia, l’archéologie face à 
    l’imaginaire, p. 133) On ne peut donc parler de « distance réduite ».

    Pour les collines, elles sont distantes de l’oppidum de 2,5 km. Là 
    aussi, parler de « distance réduite » est impossible. En revanche les 
    vallées encaissées de la Lemme et de la Saine sont parfaitement 
    conformes à ce qu’implique l’expression mediocri interiecto spatio : 
    seul (car la route n’existait pas), leur lit séparait l’oppidum de sa 
    ceinture de hauteurs.



  • blurpy 6 avril 2010 23:15

    Comme il doit etre confortable de hurler avec les loups.
    Samosatensis, désolé mais votre commentaire n’est pas constructif.
    En fait si : c’est un bon résumé de la position officielle. Au moins maintenant le lecteur d’Agoravox non averti du problème Alesia en connaîtra grâce à vous toute la mauvaise fois et la trivialité.

    Merci pour lui.
     

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