Je dois dire que je ne
connaissais pas cette théorie autrement qu’intuitivement avant que la
société entre en transe autour de ce sujet.
Après quelques rapides recherches, j’indiquerai dans un premier
temps que cette théorie semble affirmer simplement le genre sexuel et
l’orientation sexuelle comme non exclusivement construits sur le sexe
biologique.
L’article dans Wikipédia sur la « théorie du genre » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%...)
indique qu’elle « critique principalement l’idée que le genre sexuel et
l’orientation sexuelle seraient déterminée génétiquement en arguant que
la sexualité mais aussi le genre social (masculin ou féminin) d’un
individu n’est pas déterminé exclusivement par son sexe biologique (mâle ou femelle) mais également par tout un environnement socio-culturel et une histoire de vie. »
Je retiendrai ici la mise en avant dans cette théorie d’une
non-exclusivité des influences du biologique sur les influences
individuelles et sociales. Cela me semble déjà une vision plus
holistique qu’une approche exclusivement biologique et/ou génétique.
« Cette théorie différencie donc sexe (mâle/femelle) et genre
(masculin/féminin), par rapport à une société qui tend à considérer
comme ’anormaux’ les individus qui ne se situent pas dans la ’normalité’ d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance.
Elle a ainsi pour conséquence (ou pour visée selon certains) de déculpabiliser les queers, en apportant des bases théoriques à leur personnalité au lieu de les poser en ’anomalies de la nature’. »
Il est certain que le modèle hétérosexuel est le modèle dominant.
Les hommes et les femmes ont ensemble des relations sexuelles. Ceci est
dans l’ordre de la nature pour la perpétuation de l’espèce. Néanmoins,
on constate la présence du modèle homosexuel quelles que soient les
époques et les sociétés. Les hommes ont des relations sexuelles entre
eux et les femmes ont des relations sexuelles entre elles.
Ceci ne s’inscrirait-il pas donc pas dans l’ordre naturel des choses lui-même ?
« Au XXe siècle, les études sur la sexualité des primates, en
éthologie, ainsi que chez l’être humain en ethnologie, en histoire et
plus récemment en neurosciences, ont accumulé des données peu
compatibles avec l’existence d’un instinct de la reproduction chez les
hominidés.
Les dauphins ont aussi des activités sexuelles très diversifiées.
En synthèse, si chez les primates, le « comportement de reproduction » est unique, alors comment peut-on expliquer :
D’une part, toutes les activités sexuelles qui ne permettent pas la
reproduction, observées tant chez les hominidés que chez l’être humain :
Les activités homosexuelles (avec quelques cas d’homosexualité presque exclusive chez les chimpanzés, les gorilles, les langurs, les macaques ou les dauphins)
La masturbation (bonobos, orang outans, gibbons, siamangs, langurs et dauphins)
La masturbation réciproque (bonobos, chimpanzés et dauphins)
Le baiser (qui n’a aucun rapport avec les organes génitaux, observé chez les bonobos)
La fellation (bonobos, chimpanzés ou macaques
le cunnilingus (chimpanzés, gibbons)
la sodomie (orang outan)
Les activités sexuelles prépubères (alors que l’appareil
reproducteur est immature, observées chez les bonobos, les chimpanzés,
les gorilles, les gibbons, les siamangs, les macaques et les dauphins)
L’utilisation d’objets (bonobos)
Les caresses sensuelles
Des activités telles que le frottement de la vulve
contre une autre vulve, fréquent chez des femelles bonobos et les
diverses activités non reproductives des dauphins)
Et les activités sexuelles entre espèces différentes
(occasionnellement observées chez : bonobos, chimpanzés ou macaques,
mais plus fréquentes en captivité ou chez les animaux domestiques)
D’autre part, toutes les activités sexuelles pouvant aboutir à une fécondation, mais particulières :
Les préférences pour certains partenaires (car cela réduit le nombre de partenaires fécondables) ;
Les activités bisexuelles, fréquentes chez les hominidés :
bonobos, activités hétérosexuelles 50 à 60 %, donc homosexuelles 50 à 40 % ;
chimpanzés, activités hétérosexuelles à 70 % ;
gorilles, hétérosexuelles à 80 % ;
orang outan, hétérosexuelles à 80 %, mais 80 % homo quand jeune ;
gibbons, hétérosexuelles de 50 à 80 % ;
langurs, hétérosexuelles à 70 % ;
macaques, hétérosexuelles à 70 % ;
dauphins, hétérosexuelles de 50 à 70 % ;
orques
La sexualité de groupe (bonobos, chimpanzés)
Et les orgies (où le sexe se combine aux aliments, chants, danses et
à l’ivresse), habituelles dans l’Antiquité grecque et romaine »
Que de richesse dans la sexualité ! On ne peut que s’en réjouir me
semble-t-il ! Que des adultes consentants aient des relations sexuelles
entre eux ne m’apparaît donc pas comme un problème et même plutôt comme
une règle naturelle dans la sexualité.
Enfin, je citerai le Vocabulaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis dans l’article sur la « paranoïa » : « […] Indiquons seulement que la paranoïa se définit, dans ses différentes modalités délirantes, par son caractère de défense contre l’homosexualité. » (IN J. Laplanche & J-B Pontalis, « Vocabulaire de la psychanalyse », 1967, p. 300)
Le versant homosexuel de la pulsion sexuelle est partie intégrante
de notre fonctionnement psychique. S’en défendre de manière trop forte
expose à la pathologie mentale jusqu’à la psychose.
On retrouve donc ici cet aspect naturel repoussé mais qui « revient au galop » malheurement sous forme de maladie.
Finalement, l’humanité n’aurait-elle pas à gagner à s’accepter telle
qu’elle est sans se sentir « menacée » par sa nature propre ? Beaucoup
des réactions constatées dans cette polémique m’ont semblé montrer de
manière flagrante les aspects fortement défensifs que mobilise ce sujet…
Face au délitement massif de notre société, proposer des éléments de
compréhension aux adultes en devenir de ce qu’il peuvent pafois
ressentir et des possibles de la vie n’apparait-il pas constructif ?
Parler de cela ne transformera pas tout le monde en homos mais ne pas
vouloir enfermer tout le monde dans un « modèle » dominant, sachant que
dans tous les cas celui-ci le restera, ne pourrait-il pas éviter bien
des drames ? Le suicide d’adolescents ou de jeunes adultes homos à cause
du rejet qu’ils ressentent ou qu’ils subissent ? Les mêmes ou d’autres,
jetés à la rue par leur famille et qui se retrouvent sinon complètement
brisés et perdus, au mieux dans des centres d’accueil comme "Le
Refuge" ? Etc.
Présenter une approche ouverte de la sexualité et des éléments d’élaboration de leur propre sexualité aux adolescents de cet âge
me semble plutôt constructif. Cela leur donnerait les moyens de mieux
se comprendre et s’accepter dans leur propre richesse et de mieux
comprendre et accepter les autres dans la richesse de leurs différences.
N’est-ce pas un des moyens de favoriser un épanouissement plus
harmonieux des individus dans cette société et de construire un meilleur
vivre ensemble ?