Je n’étais pas à Sète ce week end mais en Zeeland. Et je me suis demandé pourquoi les flamands qu’ils soient belges ou hollandais se font chier à faire 1000 km pour gagner la cote d’azur, peuplé de vieux cons qui votent FN, alors qu’ils ont de belles plages, un temps sublime, de belles pistes cyclables, bref, tout pour passer de superbes vacances chez eux.
Avec ce réchauffement planétaire, je me demande si ce n’est pas nous qui allons faire des kms pour trouver de la fraîcheur, et du sable en montant au nord. Bon, la cuisine flamande n’est pas extraordinaire mais finalement, vue le niveau affligeant des brasseries en France dans lez zones touristiques, on en vient à se mettre à leur niveau.
J’ai grandi en Lorraine à Pompey, une ville sidérurgique, tout le monde se côtoyait, certains trouvaient ça surement malsain, le paternalisme patronal. Mais en gros, l’usine logeait ses ouvriers, certes, ce n’était pas très joli les cités ouvrières, et il payait des impôts locaux qui faisaient que mon équipe de handball avait la plus belle salle du coin, du matos, un mini bus pour se déplacer etc...
Le patron habitait la ville même, sa maison était plus belle, mais il n’avait pas un château, un hélicoptère, un yacht sur la Moselle.
Et quand les vents étaient contraires, même lui, respirait les saloperies que son usine dégageait.
Bref, les gens étaient OK avec ça, j’ai un boulot dur à l’usine, mais j’ai une petite maison, un petit jardin, et mes enfants peuvent faire du judo, du tir à l’arc, l’école était mixte, le fils de prolo croisait le fils de l’ingénieur de l’usine.
Maintenant, il n’y a plus d’usine, on va dire OK, c’est Schumpeter, la création destructrice. On fait de l’acier en Inde, on sera quitte de respirer toutes les saloperies des fumées de l’usine. Mais, les remplaçants n’embauchent plus que des intérimaires, plus de maison, le patron, c’est un type aux USA un jour, un fond Qatarien le lendemain, avant d’être repris par un conglomérat Luxo-Batave qui ne paie aucun impôt. Autant dire que le bon stade de handball, il n’est pas entretenu, et à l’école, il ne reste que les prolos. Les fils des ingénieurs, ils vont à Nancy dans le privé.
Personne ne sait qui est le patron de la boite pharmaceutique qui a remplacée l’usine, boite qui va prendre un paquet de subventions avant de se casser.
Pompey a eu un député de gauche pendant 42 ans... maintenant un FN... j’ai quantité de potes d’enfance dont les parents sont des braves types, et quand je les vois, c’est toujours le même refrain... Cette nostalgie de cette époque ouvrière, où la vie était dure... Mais elle était plus solidaire, plus fraternelle, plus égalitaire. Presque la devise de notre république. Devise 100 fois dévoyée maintenant.
Darmanin, comme Meloni et comme tous les autres du même genre, avant les élections, ça gonfle les muscles, ça promet tout et son contraire. Puis, quand au diner du Siècle, le patron de Bouygues lui dira que personne ne veut casser des cailloux sous 35 degrés comme maintenant, ou le patron de la FNSEA lui dira qu’il bloque tout le pays si on ne lui fournit pas des types pas chers et pas syndiqués qui font chier, pour ramasser des cerises, Darmanin dira que finalement, la France a besoin de 500 000 personnes pour faire les métiers « en tension ».
Il y avait un article dans le Canard de la semaine dernière assez rigolo sur les teufs parties. Là, la droite veut les interdire, passer de 500 à 200, le nombre de personnes à partir duquel il faut déclarer toute manifestation culturelle. Et le préfet doit dire non, à toute demande venant de Teufeur.
On apprend que c’est sous Sarko qu’il avait passé la jauge de 200 à 500 et qu’il avait ordonné aux préfet de trouver des champs, des aéroports désaffectés pour que les jeunes puissent s’amuser.
Bref, avant les élections, la droite a toujours voulu montrer les muscles, passer des lois pour rassurer les vieux. Un grand classique.
La dernière fois que je suis rentré chez ma mère, elle voulait consulter ses remboursements médicaux, elle était en larmes de ne rien comprendre à l’informatique. Il faut un mot de passe qu’elle a oublié pour ensuite recevoir un code pitch par sms pour avoir un code potch à saisir sur une url, elle n’y comprend rien. De plus, elle me crie qu’elle a vu qu’il y avait des cyberpirates partout donc il fallait se méfier des demandes de codes pitch pour obtenir un putch. Bref, pour un truc du quotidien comme consulter un état, ça devient une montagne de stress.
J’ai lu dans le Canard que Le Maire avait tenté de joindre une administration (j’ai oublié la raison) et il trouvait lui même que c’était devenu impossible de faire une démarche... Tu tombes sur un robot qui te demande de faire 3 puis 4 puis 5 pour finalement tomber sur un message te disant d’aller te faire paitre ailleurs.
Elle habite une ville de 6000 habitants dans l’agglomération de Nancy, on lui a construit un aquamachin, mais on lui supprime la poste. Or, à 82 ans, elle ne va pas à l’aquatrucmuche, mais doit de temps en temps aller chercher un recommandé. Donc là encore, elle râle que dans ce monde, la priorité est à la gaudriole mais pour les services publics, y a plus rien.
Et comme le dit Sylvain, pour voir un ophtalmo, il faut des lunettes mais aussi avoir une sacrée dose de patience, ou renoncer totalement.
Donc oui, on peut se rassurer en disant que finalement un ophtalmo, les cambodgiens n’en voient pas non plus, mais ça reste quand même un peu spécial comme manière de se rassurer et de trouver qu’on fait des caprices pour pas grand chose.