Le point de départ est constitué par les recherches de Carlo Revelli sur l’Intelligence Stratégique sur Internet : « En effet, au-delà des entreprises, ce qui va révolutionner les comportements individuels sur Internet, c’est justement cette « attitude de veilleur » qui consiste à garder les yeux ouverts pour se cultiver et s’enrichir à tout niveau : que ce soit pour dénicher une information inédite, vérifier une rumeur, enrichir ses connaissances, forger ses croyances, comparer les prix d’un livre, identifier le chirurgien qui a mis en place la dernière technique pour soigner une maladie rare, etc11. »
Carlo Revelli a annoncé la création de la Fondation AgoraVox12 sur le site même du journal. Cette Fondation, dont le siège se situe en Belgique, a été créée le 18juin2008 et reconnue d’utilité publique par le Ministre de la Justice belge, en devenant ainsi le premier média à obtenir cette reconnaissance13.
Évolutions et dérives du site
Alors qu’au milieu des années 2000, AgoraVox enregistre 40 000 visiteurs uniques par jour, que son fondateur Carlo Revelli affirme que le site « a été valorisé [en 2007] entre 10 et 15 millions d’euros » et que les médias parlent d’un « cinquième pouvoir émergent », les blogueurs les plus en vue (Jean-Michel Aphatie, Corinne Lepage, Nicolas Dupont-Aignan, Guy Birenbaum) abondent le site de leurs contenus.
Depuis, selon Robin D’Angelo, un collaborateur du site en ligne StreetPress, « AgoraVox est devenu le principal « concentrateur » hexagonal des théories conspirationnistes ». À titre d’exemples, en juin 2012, D’Angelo relève une tribune qui prend la défense du négationnisteRoger Garaudy, un article où le VIH est qualifié de « virus tout à fait hypothétique », un autre qui qualifie les ovnis de « phénomène mal traité » et où l’auteur assure que « des psychiatres de renommée internationale » cautionnent les témoignages sur « les apparitions d’êtres à l’allure non-humaine, la paralysie des témoins, la télépathie, […] la téléportation, l’apparition d’hommes en noir. ». Une dérive qui s’expliquerait, selon D’Angelo, par le manque d’argent et par la transposition dans le réel d’une philosophie utopique du Web 2.0 ; « la fondation AgoraVox n’a pas marché ; le modèle du semi-participatif s’est imposé ; un exode de blogueurs ; les « conspis » ont phagocyté le site »21.
Bien sûr que les auteurs sont responsables de leurs écrits, je pense que la charte d’agoravox est bien spécifique. Agoravox est avant tout une plateforme pour un suivi des réactions du web.
Avec tous les propos incroyables (appel au djihad etc) que l’on trouve ici, il y a bien longtemps que ce site aurait été fermée.
Mais laisser moi douter tout de même que les écrits appartiennent à leurs contributeurs. Il n’y a que leur engagement politique qui leur appartient. D’ailleurs si vous avez bien suivi le parcours d’agoravox du tout début, la bande à Léon a eu du mal à récupérer leurs articles.