« Les
laboratoires vétérinaires ont l’expertise des coronaviroses
La
France va désormais pouvoir compter sur les automates, appareils livrant des
résultats d’analyses en un temps record. Les laboratoires français ne disposent
que d’un nombre limité de ces machines sophistiquées. Alors les laboratoires
vétérinaires, qui possèdent l’expertise des coronaviroses sur les animaux, ont
proposé, le 28 mars, de mettre à disposition leurs automates et leurs unités de
production de réactifs, pour pratiquer des centaines de milliers de tests.
Leurs homologues américaines, italiens, belges et allemands ont déjà fait de
même. Mais la France a encore une fois
marqué sa différence : refus pour motifs juridiques. « Il est très dommage
que dans cette crise, les autorités sanitaires françaises n’utilisent pas les
compétences du monde vétérinaire sur les pandémies, sur l’approche
« populationnelle » et sur sa connaissance des coronavirus qui sont
responsables de nombreuses maladies des animaux domestiques et d’élevage », a
déploré Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire de France. Encore une décision bien difficile à
comprendre, alors que le pays disposait de bien des atouts pour pratiquer les
dépistages plus en amont et probablement épargner de nombreuses vies. »
En
l’occurrence, tout comme en Allemagne, plusieurs chercheurs français du secteur
public se sont rapidement mis à pied d’œuvre pour le dépistage de ce virus.
Alors pourquoi les virologues, chercheurs ou spécialistes en diagnostic,
n’ont-ils pas, comme Outre-Rhin, fabriqué leurs tests maisons ?
Selon
Maya Cesari, enseignante chercheuse en biologie moléculaire, à l’Université de
La Réunion, cette impossibilité tient au fait que les scientifiques travaillent
sur ce sujet sans le soutien des autorités de santé. Dans l’île, ses collègues
d’un laboratoire de virologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) ont
élaboré un nouveau dépistage par RT-PCR, testé sur 300 patients, validé ces
derniers jours. Techniquement, il ne requiert qu’une heure pour délivrer son
résultat.
Or
il est en attente d’autorisation par l’Agence régionale de santé (ARS) depuis
le 24 mars, au grand dam des chercheurs et médecins. Si l’ARS donnait son
autorisation et acceptait le financement, le dispositif des chercheurs de La
Réunion permettrait de tester dix fois plus de patients.
La chercheuse ne comprend pas que les prises de décision soient aussi
longues alors que l’épidémie poursuit sa course tragique dans l’île. « Le
dépistage massif et précoce des entrants aurait permis de ne pas basculer dans
l’arrêt économique total de l’île, et de protéger la population réunionnaise.
Le seul kit autorisé aujourd’hui à La Réunion est un kit étranger limité en
nombre qui ne permet pas de tester assez de patients. Si on autorisait les
biologistes moléculaires du CNRS ou de l’Inserm à travailler avec les CHU sur
ce sujet, ils pourraient développer des tests à grande échelle dans toutes les
régions de France », explique Maya Cesari. https://francais.rt.com/france/73448-vers-tests-massifs-contre-coronavirus-en-france-pourquoi-tant-de-retard
Mais Samuel Peterschmitt, pasteur de la Porte
Ouverte Chrétienne, lui-même atteint par le COVID-19, rappelle que l’église est
plutôt « le seuil d’alerte ».
« C’est nous qui avons donné l’alerte et
fait les premiers dépistages. Ce sont les membres de la Porte Ouverte qui ont
été les premiers dépistés. Mais il est clair qu’ils n’étaient pas les premiers
malades. Seulement les premiers détectés. D’où le fait que nous avons la
conviction que nous ne sommes pas le point de départ, mais le seuil
d’alerte. »
Il précise que « des patients très
suspects du COVID-19 étaient déjà infectés à la fin du mois de janvier et au
début du mois de février ».
« C’est établi aujourd’hui de plus en
plus clairement, que des patients très suspects du COVID-19 étaient déjà
infectés à la fin du mois de janvier et au début du mois de février. À l’appui,
il y a l’observation d’une recrudescence de syndromes grippaux. Et à cette
période, ces symptômes n’étaient pas perçus comme le COVID-19, mais
aujourd’hui, il y a des signes évocateurs, qui étaient déjà signalés, comme la
perte de l’odorat et du goût notamment. Et ces malades victimes de la
contagion, étaient sans lien, ni entre eux, et sans lien avec l’église de la
Porte Ouverte. »
Liliane Held-Khawam est économiste. Elle
vient de publier sur son blog le témoignage d’un habitant de Colmar. Elle
précise qu’il a été « testé positif au COVID-19 en décembre 2019 ».
Ce malade, le « médecin qui a géré le dossier » et « le
virologue qui a fait faire le test » restent anonymes pour le moment.
Vous avez oublié de voir les
décisions politiques en opposition ouverte à l’objectif officiel d’enrayement
de l’épidémie :
Voici ce que dit Valérie
Bugault :
« En outre, je ne fais
qu’effleurer rapidement, car l’énumération en serait vraiment trop longue,
toutes les décisions politiques actuelles prises en opposition ouverte à
l’objectif officiel d’enrayement de l’épidémie, qui passent par la
classification début 2020 d’un médicament en vente libre depuis des décennies
en substance vénéneuse, par le refus d’octroyer des autorisations administratives
à des chercheurs proposant des tests pour détecter l’infection au coronavirus,
par le refus de l’aide proposée par des industriels pour la fabrication de
respirateurs… Ajoutons à cela, pour compléter le tableau, la déconstruction
méthodique du service de santé publique, allant de la liquidation des stocks de
matériels aux restrictions de lits et de personnels hospitaliers, aggravée
depuis la présidence Sarkozy. » (Valérie Bugault)