@jcm, Sur la question de qui dispose assez de ressource intellectuelle pour juger les travaux du GIEC, je vous renvoie à une liste (non exhaustive) de scientifiques sceptiques, ça devrait vous interroger sur le bien-fondé de votre argument.
D’ailleurs, votre argument est retournable : comment pouvez-vous être sûr que ceux qui prétendent citer le GIEC, comme les médias, les ONG, les lobbies financiers et industriels qui vont profiter du greenwashing, les politiciens... n’ont pas exagéré le vrai message scientifique (et très modéré) du GIEC pour tirer profit de l’alarmisme. Après tout, le président du GIEC est économiste et le résumé pour décideur du GIEC, le seul qui sera vraiment lu par les faiseurs d’opinion, a été rédigé sous le contrôle des politiciens (je vous rappelle que ce résumé a été publié en fév. 2007, six mois... avant le rapport scientifique complet du WG1 !), c’est dire le peu de scrupule du GIEC à faire passer un message politique avant la science. Preuve que les travaux scientifiques du GIEC sont systématiquement exagérés et dramatisés, Jean Jouzel, qui est pourtant vice-président du GIEC, a récemment déclaré sur France 2 que le niveau des mers « pourrait » monter de 1 m d’ici 2100 alors qu’il sait pertinemment que les estimations du GIEC dans le rapport 2007 parlent d’une éventuelle hausse de 40cm, au maximum 60cm. Il y a de quoi se poser de sérieuses questions, surtout sur ce que signifie précisément le consensus du GIEC, sur quoi et pour quoi.
Pour l’instant, il s’agit juste d’un « plan », selon les propres mots des promoteurs. Les signes d’alertes sont nombreux : - on cherche encore les acheteurs pour l’électricité produite (!) - la phase de validation environnementale, qui est la plus difficile à cause du NIMBY, n’est pas passée - ce genre de projet, pour être rentable, dépend étroitement de la politique de rachat d’électricité imposé par les lois, qui peuvent changer arbitrairement à tout moment et transformer un projet initialement séduisant en perte nette. On a l’exemple récent de l’effondrement du marché en Espagne. - et enfin, le signe le plus inquiétant selon moi : l’implantation se fait dans l’Etat de Washington alors que ça devrait être en Californie qui dispose de plus d’espace, qui a un ensoleillement bien plus favorable et qui a besoin directement de cette électricité puisqu’elle en importe déjà maintenant des états voisins (dont Washington).
Traduction, l’industrie du solaire se retrouve à (essayer de) implanter un de ses projets phares là où il peut, pas là où on en a besoin ni là où se trouve l’optimum économique et écologique. C’est tout sauf un signe encourageant pour l’industrie (en supposant qu’on n’est pas déjà au courant de la déconfiture en bourse de l’industrie du « Greentech »).
Justement, une taxe sur le tabac, les jeux, l’alcool, le carburant touche en premier les plus pauvres, sauf si, curieusement, vous considérez que ceux-ci n’ont pas pas droit à ces choses "superflues" mais qui font que la vie humaine est autre chose qu’un simple cycle biologique. Renchérir les produits qualifiés de "futile" (quel est celui qui peut prétendre qualifier cela pour des autres ?), c’est les éloigner de la portée des pauvres, c’est ça l’injustice.
Dans le cas de la taxe carbone, il ne s’agit même plus d’impact sur les produits futiles mais de produits indispensables comme la nourriture, le transport, le chauffage, l’électricité... Difficile d’arguer que c’est un impôt juste.
P.S. Je ne sais pas pour vous mais moi, je connais beaucoup de pauvres qui ont une voiture pour pouvoir trouver plus facilement un boulot et pou un loyer bon marché loin des villes. Si dans pas mal d’endroits, on a pu freiner la désertification de nos campagness (c’était considéré il y a pas si longtemps comme une grave menace, même si celle-ci est loin d’être écartée), c’est bien grâce à la baisse de coût du transport individuel. On ne va pas maintenant chercher à rendre artificiellement plus cher le transport pour inverser la tendance. Le but est d’améliorer la vie des gens, pas de changer une mode pour une autre pour prévenir un problème qui risque d’arriver dans 50 ans.
Monsieur Lombard,
Vous présentez un faux choix : il n’est pas question de plus payer les impôts ! Il est question de peser le pour et le contre d’un nouvel impôt.
Une taxe est un impôt injuste puisqu’il touche le premier les plus pauvres (contrairement à l’imposition par tranches). Une taxe carbone ferait exactement ça : creuser les inégalités puisque proportionnellement, elle affectera beaucoup plus les ménages pauvres que les ménages riches (un riche ne dépense pas 30% de son budget dans le transport, par définition directement touché par une taxe carbone. Un pauvre, si). Ce n’est pas pour rien qu’une taxe carbone est le serpent de mer de toutes les bureaucraties du monde. Aux dernières élections canadiennes, le parti de Dion, qui l’a proposée dans le cadre de son "virage vert" a été balayé parce que les électeurs n’en veulent pas.
Même avec la pire propagande, les gens, spécialement les plus modestes, n’accepteront pas de payer pour résoudre d’hypothétiques problèmes futurs alors qu’ils (ou l’Etat) ont déjà du mal à résoudre les problèmes présents.
Il faut voir la question sous l’angle du bien-être du plus grand nombre, pas sous celui d’une élite déconnectée "de la France d’en bas" ou d’activistes qui ont une cause à défendre (je ne parle pas de vous bien sûr).