Un autre sur l’Europe datant de 1977 , discours prononcé par un certain Jean Paul Sartre
C’est criant de vérité et d’actualité
Les militants socialistes et la construction de l’Europe "
Le 10 février 1977, le
philosophe français Jean-Paul Sartre fustige dans le quotidien Le Monde la
construction d’une Europe du capital et appelle les militants socialistes à ne
pas ratifier le projet de loi en vue de l’élection du Parlement européen au
suffrage universel direct. Voici le texte d’une surprenante actualité ... les
possibles désaccords étant à la marge.
Nous vivons à l’époque des
mystifications. A lire la presse, à écouter la radio, à voir s’agiter M. Giscard
devant la télévision, on pourrait croire que nous sommes simplement dans une
période un peu difficile, certes, mais qui ne tardera pas à s’améliorer…avec
quelques sacrifices de la part des ouvriers et des paysans, bien entendu.
Tout cela n’est pas sérieux. Depuis quelques
semaines, au contraire, la situation internationale et nationale se dégrade et
se déstabilise sous nos yeux.
Issus de la crise de 1973 et de la guerre
économique ouverte par les États-Unis contre l’Europe et le Japon, de nouveaux
rapports de force, une nouvelle division internationale du travail, entraînent
la dégradation de l’économie, l’accroissement du chômage, la décomposition des
structures politiques de l’Angleterre et de l’ensemble des pays de l’Europe
méridionale.
Le temps nous est désormais mesuré à tous. En
France, la montée vers le pouvoir du national-travaillisme de M. Chirac montre
qu’effectivement « le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête
immonde ».
Dans un tel contexte, une réflexion nouvelle
s’impose à l’ensemble des forces de gauche et d’extrême gauche.
Aujourd’hui, si je m’adresse à vous publiquement,
militants du parti socialiste, c’est parce qu’aucun des projets essentiels de
l’adversaire de classe au pouvoir ne pourra se réaliser sans l’accord, au moins
tacite, de votre parti.
M. Giscard le sait et le dit ouvertement. Sans
votre consentement, ses projets européens et sa politique d’austérité sont à
terme voués à la faillite. Les avances qu’il multiplie à la direction du P.S.
suffisent à le prouver.
Je comprends, même si je ne les partage pas, les
espoirs qui ont poussé tous ceux qui, écœurés ou lassés par la droite qui
gouverne le pays sans interruption depuis bientôt vingt-cinq ans, ont rejoint le
parti qui leur paraissait le plus efficace, le mieux apte à les accueillir et à
modifier l’équilibre des forces.
À ces nouveaux militants socialistes, je n’ai pas
à cacher, au cas où ils l’ignoreraient, que j’ai naguère combattu de mon mieux
la politique algérienne et pro-américaine de la S.F.I.O. de M. Mollet et que je
demeure aujourd’hui irréductiblement hostile aux thèses « atlantiques » des
principaux dirigeants du parti socialiste actuel.
Toutefois, par-delà ces divergences, la montée
des périls me paraît si dangereuse pour l’avenir de la liberté que je veux
m’adresser à vous dans l’espérance que votre parti réfléchisse encore
collectivement avant de s’engager dans le « chemin européen » où il est poussé
aujourd’hui.
L’Europe que nous présentent MM. Carter,
Schmidt, Giscard et Andreotti est sans rapport aucun avec l’internationalisme
prolétarien, sans rapport avec l’Europe des travailleurs dont rêve depuis un
siècle le mouvement ouvrier occidental. Dans l’esprit de ses promoteurs, il
s’agit, au contraire, dans la dynamique actuelle des forces de classe de
construire une Europe du capital, qui sera nécessairement dominée par les
sociétés multinationales germano-américaines. Un examen des forces en présence
montre, au contraire, que l’Assemblée européenne élue dans un tel contexte
servira seulement d’instrument institutionnel à cette domination. Comme par
hasard, l’affaire européenne surgit en un temps où la gauche française n’est pas
le cas.
Au contraire, le programme commun de
gouvernement, dont on peut penser ce que l’on veut, mais dont quelques
dispositions, si elles étaient vraiment appliquées, suffiraient à provoquer la
fureur de la droite et à la précipiter vers une sorte de coup d’État légal.
L’importance du parti socialiste au sein des forces de gauche devrait donc
normalement conduire ses militants à une réflexion approfondie sur cette
question vitale. Or ce n’est pas cela.
Au contraire, le problème de l’Europe est
pudiquement éludé, sans doute sous le prétexte qu’il oppose trop gravement les
deux principaux partis de l’union de la gauche.
Un appel a récemment été lancé « pour la
constitution d’un comité d’action contre l’Europe germano-américaine et
l’élection d’un Parlement à son service ». Que dit cet appel ? Il dit que
l’inflation, le chômage, la dégradation des monnaies, la récession, ne seront
pas résolus par les plans d’austérité lancés par les gouvernements capitalistes
de l’Europe du Sud, car ils résultent nécessairement du nouvel ordre
international imposé à l’Europe par les États-Unis et ses alliés de la
République fédérale allemande.
Cette politique d’austérité s’abattra
nécessairement sur les masses, non sur les privilégiés. Elle ne s’appliquera ni
dans la facilité, ni dans la joie. Les salariés auront évidemment tendance à les
refuser. Il faudra alors la leur imposer en utilisant contre eux les pouvoirs de
l’État. C’est ainsi que les dirigeants de la droite comptant se sortir de la
crise en modifiant la légalité. C’est pourquoi des États fort d’un type nouveau
se profilent aujourd’hui à l’horizon de la crise.
L’Europe devient une nouvelle Amérique
latine.
Tandis que l’Allemagne de l’Ouest est devenue la
première puissance économique militaire et politique de l’Europe, les
bourgeoisies de l’Europe du Sud se débattent, ou sombrent, dans des difficultés
inextricables. Il est probable qu’elles préféreront se soumettre sans conditions
au « leadership » germano-américain plutôt que de passer la main à ce qu’elles
appellent les coalitions socialo-marxistes.
Ceux qui pensent sincèrement que, dans un pareil
contexte, ils bâtiront une Europe indépendante feraient bien de se méfier et de
réfléchir. Le temps est loin où le général de Gaulle s’opposait à l’hégémonie
américaine.
L’élection d’un Parlement européen au
suffrage universel, préparée en commun en France par MM. Giscard et Chirac,
n’est qu’une abdication de fait devant la stratégie et la pression américaines :
abdication qui conduit directement à un proconsulat allemand sur
l’Europe.
Militants socialistes, allez-vous ratifier un tel
projet en votant avec Giscard et avec le R.P.R. ? Les événements politiques qui
surviennent en France en ce moment même s’éclairent singulièrement à la lumière
de l’analyse précédente. La société libérale avancée touche à son terme.
Elle peut déboucher à tout moment sur l’avènement
d’hommes et de forces qui ne feraient pas grand cas des libertés ni même de la
légalité. Un beau matin, comme en R.F.A., la chasse aux « collectivistes »
pourrait bien s’ouvrir.
Il est parfaitement illusoire de compter sur la
dynamique des luttes en Europe pour infléchir le cours des choses.
Les appuis manquent sur le plan européen, même au
niveau des partis socialistes. Il est évident, en particulier, que la
social-démocratie allemande est depuis sa reconstitution en 1945 un des
instruments privilégiés de l’impérialisme américain en Europe. Elle a, d’abord,
puissamment contribué à la reconstitution du capitalisme en Allemagne de l’Ouest
en orientant la classe ouvrière vers la collaboration avec les anciens maîtres
nazis du grand capital et de la banque allemands. Elle a ouvert ensuite
elle-même la chasse aux « sorcières de gauche » qui s’amplifie aujourd’hui en
R.F.A. Plus de cinq cent mille enquêtes y sont aujourd’hui ouvertes dans le
cadre des lois scélérates sur les « Berufsverbote » et la police de la
République fédérale y pratique l’assassinat et la torture légale de certains
adversaires de l’ordre capitaliste. Le chancelier « socialiste » Schmidt a enfin
lancé le réarmement de son pays. En violation directe des traités, il s’engage
même aujourd’hui dans la fabrication de bombes atomiques au Brésil et en Afrique
du Sud. Il rejette brutalement tout projet sérieux d’aide au tiers monde.
Il pousse l’arrogance jusqu’à intervenir
publiquement dans les affaires intérieures du Portugal et de l’Italie, car il
dispose de la force et des appuis nécessaires. La ligne de son gouvernement
prolonge et précède en effet naturellement la nouvelle stratégie définie par la
Commission trilatérale aux États-Unis.
Certes, la décision de votre parti sur
l’Europe est tout entière entre vos mains. Mais je veux conclure cette lettre
sur l’idée que la façon même dont les partisans de l’Europe capitaliste
s’efforcent d’obtenir la ratification d’un projet qui engage tout un peuple dans
une voie irréversible est suspecte et devrait provoquer son rejet par tout
partisan de la démocratie dans ce pays.
M. Giscard, en effet, manœuvre et s’efforce
d’escamoter le débat. Il intrigue dans les coulisses. Il multiplie les pressions
et les concessions de pure forme. Il se vante même publiquement de disposer par
avance de l’accord de votre parti pour ratifier son projet. L’honnêteté, le
courage, l’honneur, auraient voulu qu’il ouvre un large débat devant le pays et
que celui-ci soit directement consulté. Ce n’est pas le cas.
Mes amis du Comité d’action et moi-même avons
fait depuis quelques semaines l’expérience de la volonté d’étouffer et
d’escamoter le débat sur l’Europe, pratiquée par l’immense majorité de la
presse, par la radio et par la télévision.
En m’adressant à vous directement, j’ai encore
l’espoir que vous l’engagerez avec nous, à la fois dans votre parti et devant
l’opinion publique tout entière.
Si la gauche doit diriger un jour ce pays, elle
se doit, à l’inverse de la droite, de regarder la vérité en face.
On ne peut espérer séparer aujourd’hui la
politique intérieure des problèmes internationaux ni transformer la société en
France sans combattre l’hégémonie germano-américaine sur l’Europe
occidentale."
Un discours de Philippe Séguin à l’assemblée nationale le 5 Mai 1992
Je vous laisse apprécier la mise en garde et la justesse de l’analyse pour ce politicien hors norme et hors système qui savait dire les vérités.
Le texte est long
voici quelques extraits
"On voit bien l’avantage politique à transférer sur Bruxelles ou sur les
collectivités locales la responsabilité de ce que l’État n’a plus le courage
d’assumer. A commencer par l’impôt, dont on veut bien désormais qu’il soit local
ou même européen, pourvu qu’il ne soit pas national et qu’il n’en soit pas tenu
compte dans les statistiques de la politique fiscale. «
» Et la France n’est pas la France quand elle n’est plus capable, comme
aujourd’hui, de partager équitablement les profits entre le travail, le capital
et la rente, quand elle conserve une fiscalité à la fois injuste et
inefficace, quand elle se résigne à voir régresser la solidarité et la promotion
sociale, quand elle laisse se déliter ce qu’autrefois on appelait fièrement le
creuset français et qui était au cœur du projet républicain.«
»Il est temps de comprendre aussi que la compétitivité d’une nation doit
s’apprécier globalement et que la traditionnelle distinction entre
l’économique, le social et le culturel est désormais caduque. Mais rien ne se
fera sans rétablir l’équilibre entre une nécessaire décentralisation et le rôle
absolument irremplaçable de l’État. Il faut en finir avec le développement
inégal, rendre leur sens aux principes d’unité, de continuité, d’indivisibilité
de la République et les inscrire dans la géographie. «
Le meilleur passage , je vous laisse apprécier la justesse de cette partie
»Non, foin d’arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d’autres, au nom de
beaucoup d’autres, qu’il est bien temps de saisir notre peuple de la question
européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été
signé et que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de
directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les
peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la
pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice."
Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d’experts, de juges, de
fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu
mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les
enjeux et minimise lei conséquences. Que l’on m’entende bien : je ne viens ici
donner de leçon à personne ; mais que l’on veuille bien, en retour, respecter ma
propre démarche ! Je me serais d’ailleurs bien passé d’être là. Il eût mieux
valu, à l’évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat."
« Dans la foulée de ces sombres prévisions, M. Rehn s’est bien gardé de menacerParis de sanctions, ou d’exiger un nouveau tour de vis budgétaire dès cette année, qui risquerait de tuer dans l’œuf toute perspective de reprise. Mais pour lui, le gouvernement français doit étaler dans le temps, et amplifier les efforts engagés pour assainir les comptes publics et redresser la compétitivité »
« Le commissaire aux affaires économiques et monétaires se propose de trancherd’ici au mois de mai sur la base des projets du gouvernement Ayrault en matière d’économies budgétaires, et de réformes, attendus pour le 30 avril à Bruxelles. »Etant donné les risques liés à une dette publique qui a déjà grimpé au-dessus de 90 % et le défi de compétitivité très important auquel fait face l’économie française, il faut que la France poursuive en parallèle les efforts budgétaires et les réformes structurelles pour la croissance et l’emploi« , a-t-il souligné. En insistant en particulier sur une nouvelle réforme des retraites.
Pour Olli Rehn, les décisions budgétaires déjà prises par le gouvernement Ayrault, le Pacte de compétitivité concocté en novembre dernier sur la base du rapport Gallois, et l’accord récent entre partenaires sociaux sur la réforme du marché de travail, »montrent que les défis sont relevés par la France« . Mais le chantier risque d’être de longue haleine. D’ailleurs, selon les services de M. Rehn, la courbe du chômage ne sera sans doute pas inversée cette année, contrairement aux promesses en ce sens faites à l’automne dernier par le chef de l’Etat : le taux de chômage devrait même atteindre 11 % en 2014, contre 10,7 % prévu en 2013. »
Mais qui a voté un truc aussi que con que de dire si mon déficit augmentent alors je dois payer une amende, il n’y a que les banques pour inventer des trucs pareils et bien oui voila nous sommes gouverner par des banques qui imposent ce qui les arrangent.
Nos sommes gouvernés à Bruxelles et dans plusieurs pays européens par des
anciens de Golman sach , la banque des pourritures de capitalistes.
Nous sommes gouvernés depuis 1973 par ces banques , nous avons été mis sous traitement afin de nous faire mourir à petit feu ( comme la grenouille )
Maintenant on s’aperçoit que nous avons un déficit de budget mais quel particulier vivrait à ce point à crédit , qu’il emprunterait pour rembourser ces crédits , le seul qui ferait cela est celui qui n’a pas le choix et bien aujourd’hui la France n’a pas le choix ( comme d’autres pays et il faut arrêter de vanter l’Allemagne comme modèle car ses finances ne sont pas brillantes ..)
Devoir payer au banques une rente de l’équivalent de l’impôt sur les revenus annuels que nous payons me semblent être une très bonne opération pour ces banksters.
Oui mais comment vos réseaux e survie peuvent fonctionner dans une société actuelle ou nous sommes dépendant de la carte bleue , des supermarchés, du pétrole , de l’eau , du gaz , de l’électricité.
Nous n’avons aucune capacité à pouvoir rentrer en auto subsistance , nous sommes très dépend des nouvelles technologies.
Une grève et une révolte se prépare , le financement doit être prévu mais d’où tirer l’argent ?
Ce n’est pas du fatalisme , c’est une réflexion sur la sensation d’un système qui nous verrouille.
Cela dépend ensuite de l’ampleur de la contestation car les leviers stratégiques de notre société sont maintenus par des personnes qui sont concernés par cette austérité qui ne porte pas son nom ( ceux d’EDF par exemple )