Pour préciser l’ article sur la servitude africaine, je signale que Pierre Daye qui fut en effet, comme je l’ai indiqué , forcé à l’exil en Argentine pour collaboration -qui fut très importante en Belgique- est remarquable comme africaniste.Il a témoigné de l’état du Congo et des Grands Lacs, dans des ouvrages à succès et a lui-même parcouru les lieux.
J’apprécie la remarque d’un critique qui fait le rapprochement entre les mains coupés de la photographie et les pratiques cruelles locales .L’intérêt historique de cette photographie est de montrer un spectacle si affreux que durant la première guerre mondiale, c’est d’après l’exhibition de pareilles mains qu’est née la légende des mains coupées des enfants par les Allemands en Belgique.Pareille accusation donna lieu à des excuses publiques après la guerre. Mais l’origine de cette affreuse légende, dont André Gide parle dans son journal, est le Congo belge. Je puis citer même l’auteur anglais qui en a abondamment parlé, ou je laisse ce soin à des spécialistes...."
Je citerai enfin, en apprenti historien, ce passage de l’historien Robertson, Histoire d’Amérique, tome IV, livre VIII, page 142, traduction française 1780, cité par Charles Périn, « De la richesse dans les sociétés chrétiennes », Lecoffre, Paris-Lyon 1868), tome I, page 337, note 3 - toutes références dues à mon ami Pierre Moreau cité dans l’article :
« Du moment qu’on envoya en Amérique des ecclésiastiques pour convertir les naturels, ils supposèrent que la rigueur avec laquelle on traite ce peuple rendait leur ministère presque inutile. Les missionnaires, se conformant à l’esprit de douceur de la religion qu’ils venaient annoncer, s’élevaient aussitôt contre les maximes de leurs compatriotes à l’égard des Indiens, et condamnèrent les repartimientos, ou ces distributions par lesquelles on les livrait en esclaves à leurs conquérants, comme des actes aussi contraires à l’équité naturelle et aux préceptes du christianisme qu’à une saine politique. »
Les dominicains, à qui l’instruction des Américains fut d’abord confiée, furent les plus ardents à attaquer ces distributions. En 1511, Montesino, un des plus célèbres prédicateurs, déclama contre cet usage dans la grande église de Saint-Domingue, avec toute l’impétuosité d’une éloquence populaire. Don Diego Colomb, les principaux officiers de la colonie, et tous les laïques qui avaient entendu ce sermon, se plaignirent du moine à ses supérieurs ; mais ceux-ci, loin de le condamner, approuvèrent sa doctrine comme également pieuse et convenable aux circonstances.
« Les dominicains, sans égard pour ces considérations de politique et d’intérêt personnel, ne voulurent se relâcher en rien de leur doctrine, et refusèrent même d’absoudre et d’admettre à la communion ceux de leurs compatriotes, qui tenaient les Indiens en servitude ».
Le fait mentionné que seule l’Espagne n’a pas participé à la traite négrière, se trouve chez le même auteur PH.Curtin. Il est cité par l’africaniste Bernard Lugan, dans « Afrique : l’histoire à l’endroit » (Perrin, Paris, 1989,p.134, note 1.) Lugan est souvent trop partial, mais il est informé.
Je reconnais avoir passé un certificat de morale et de sociologie à l’université, où je fus reçu du reste (en seconde session) premier, et c’est de là que me vient ce ton de morale qui est encouragé par la littérature philosophique, car comme dit Rousseau ceux qui traitent séparément morale et politique (ici politique de la colonisation et de l’esclavage), n’entendront rien ni à l’une ni à l’autre.
Je vois que l’expression de demi-science est mal comprise, parce que je n’y ai pas insisté. Elle n’est pas péjorative ; l’Histoire est une science humaine, non pas exacte au sens de la physique, car il y a une part de reconstruction subjective. C’est pourquoi Voltaire qui est notre premier historien moderne, dit que l’historien est un disciple des sceptiques grecs. J’ai voulu montrer que l"enfer est pavé de bonnes intentions, et qu’en l’occurrence Lépold II a eu le sentiment qu’il agissait pour le bien, comme aujourd’hui ceux qui bombardent tel ou tel peuple pensent aussi de même ! Je fais appel au forum pour qu’il réagisse.
Je profite de l’occasion de cette réponse pour remercier mes lecteurs, et puisqu’ils ont réclamé des sources, je les communique : la première citation de Voltaire, en exergue, est une lettre à Madame du Deffant de 1766. L’idée de chimie mentale est bien de Valéry, dans son regard sur l’Histoire et c’est son que je reprends ici à mon compte. Evidemment, je suis de tempérament et de discipline philosophique et je répondrai que chaque jour mes mains remercient l’eau chaude de couler, et donc l’inventent en quelque sorte, c’est-à-dire la « trouvent ». Je maintiens l’intérêt des découvertes de Fomenko, qui a entamé ses études historiques en 1973, en même temps que ses propres travaux de mathématiques qui en font un génie en son genre, mais surtout j’attire l’attention sur son équipe d’une trentaine de personnes ! Il a en Allemagne, Gabowitz et d’autres qui n’ont rien, à les examiner, de rigolos.
Je livre encore mes sources, que j’ai données pour ce qui est du Cardinal Lavigerie, et en ce qui touche le biographe et africaniste belge, Pierre Daye, dont j’ai sous les yeux le livre sur S.M. Leopold I, que je cite avec précision. Mais je ne veux pas, selon la règle de l’honnête homme, trop écraser le lecteur par l’érudition. Les textes d’Agora sont des échanges d’idées et aussi une certaine confiance entre gens qui pour cette raison réclament le titre de citoyens, citoyens aussi de la République des Lettres. C’est un auteur anglo-américain qui est la source des chiffres cités : Ph. Curtin,The Atlantic Slave Trade, A census,1968. Les documents de Lavigerie se trouvent sur internet, d’où je les ai tirés
Correctif :Hans-Ulrich & Christian Blôss :Der Selbstbetrug von C14-Methode und Dendrochronologie, Zeitensprünge, (Les sauts temporels)1996,n°03, pp.361-390, Mantis Verlag.Idem, C14-Crash. Das Ende der Illusion, mit Radiokarbonatmethode und Dendrochronologie datieren zu können -Editions Mantis,1997