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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 6 octobre 2010 21:35

    Quand l’homme veut croire, il croit.

    Croire en quoi ?
    En quelque chose de plus réduit, plus simple, plus banal ? Pfff, que non, ça ne sert à rien. Croire, c’est croire en quelque chose qui le dépasse, quelque chose de merveilleux.

    A 18 ans, j’étais vulnérable aux croyances, fantômes, OVNI et autres bidules de Robert Charroux. Et puis j’ai été dénaïvé en découvrant les incroyables (pour moi) arnaques en tous genres et surtout cette volonté de certains de croire, même après 18 ans, au Père Noël.


    J’ai vu que rien, absolument rien de toutes ces choses présentées comme surhumaines, dépassaient un tant soit peu les capacités de l’homme. Non pas de tous les hommes mais de certains d’entre nous et cela domaine par domaine.

    Tenir l’apnée plus longtemps que moi, je croyais que c’était surhumain mais j’ai vu des hommes tenir trois fois plus longtemps. Trois fois, pas trente fois.
    Sauter à la perche plus haut que moi, je croyais que c’était impossible et puis j’ai vu que certains sautaient 3 fois plus haut. Trois fois, pas 5 fois.

    Soulever une énorme pierre, je croyais que j’étais le seul à y parvenir et puis j’ai vu des hommes soulever 3 fois plus lourd. 3 fois, pas 10 fois.

    Tout à l’avenant, sur le plan des performances physiquement mesurables.

    Restait l’imagination, la vision poétique, impossible à objectiver. Comment dire qu’untel est 4 fois plus imaginatif que tel autre ? Extrapolant, j’ai conçu que les plus imaginatifs des hommes l’étaient 3 fois plus que moi. Trois fois, pas cent fois.
    Très peu d’hommes sont capables de résoudre le Rubik’s cube en moins d’une minute. Qu’un seul y parvienne et il nous médusera.
    Mille, un million de performances réalisées par un million de spécialistes nous médusent et nous donnent l’impression, si l’on n’est pas champion quelque part, d’être assez...médiocre, d’être en toute chose et irrémédiablement dépassés (ce qui ne nous empêche pas de vivre notre petite vie, en toute médiocritude)

    Ah mais que c’est excitant de méduser les autres. De les planter par un artifice, comme celui du bonneteau !

    Tiens, je vais vous raconter un truc peu connu ici.
    Dans ce pays lointain, il y a des marchands ambulants de bricoles à manger. Parmi eux, certains essayent d’exciter la chalandise en proposant un principe « Si tu arrives à faire ça, tu bouffes à l’oeil ». Et le marchand de placer un brin, mettons un cheveu, en une boucle autour d’un petit piquet vertical. Dans sa main G, entre ses doigts, il pince les deux bouts du brin et le tend donc autour du piquet. Dans sa main D, il tient son couteau-qui-sert-à-tout. Il lève la main D et abat vite la lame sur le brin (devenu double) entre le piquet et ses doigts. Puis il montre qu’entre ses doigts, il ne reste plus que deux moignons du brin, ces deux moignons étant de longueur égale. Ce qui sous-entend que la lame aura coupé très exactement les deux côtés du brin en même temps.
    OK,
    Tenté, on pose une pièce et on essaye. Bouuuuuhh. Il reste toujours, au bout de nos doigts, un moignon de brin plus long que l’autre. Quand notre lame coupe un des deux côté du brin, l’autre côté se détend, il n’est plus possible de le couper et reste donc plus long que le premier.

    Agrrrrr !! mais comment fait-il donc ce marchand pour couper les deux côtés du brin en même temps ? 

     
    Dès que je n’ai plus eu envie de croire, j’ai pigé sa ruse et j’ai pu méduser autrui à mon tour, c’est le cas de le dire.






    Concernant les crop circles, plutôt que s’obstiner à chercher une soluce toute humaine [et elle nous tend les bras d’une part parce que comme par hasard ces bidules se produisent sur les végétaux les plus faciles à écraser, toujours situés en un endroit éloigné des habitations, et produisant un bel effet scopique. Ils ne se produisent jamais sur des forêts de chênes (bien trop difficiles à abattre pour des farceurs), ni sur les dunes du désert, ni sur les étendues de neige vierge (où les traces des farceurs seraient bien trop difficiles à effacer). D’autre part parce que tout simplement parce que depuis le temps, la farce a été eventée et expliquée maintes fois] quelques uns, se posant comme chercheurs opiniâtres et très cultivés, vont directement aux Martiens et autres engins magnétiques microondesques.


    Un archi n’a pas forcément fait d’études de physique (même si ça vaut mieux quand même) Il peut avoir étudié la mécanique mais peut tout ignorer de la physique des ondes. J’ai quatre amis architectes qui sont dans ce cas de figure (je manie Autocad mieux qu’eux)
    Umberto Mollinaro n’est d’aucune compétence connue pour parler de quoi que ce soit d’autre que de la mécanique. Il sait la force qu’il faut pour plier un tube. Il sait aussi quelle doit être la structure interne d’un tube pour qu’il résiste le mieux au pliage mais il ne sait à priori rien des ondes magnétiques, électromagnétiques ou micro ondes. Pas plus que ce paysan qui est interrogé sur son champ et qui part direct en micro ondes.

    Les ondes ont ceci de chiant ou de bien, qu’elles se propagent dans toutes les directions et qu’il faut s’en donner du mal pour les rendre cohérentes et pointues, pour empêcher qu’elles ne partent dans toutes les directions. Si l’on pouvait concentrer les micro ondes sur une cible, on n’aurait pas besoin de porte à nos fours à micro ondes, et encore moins de grille protectrice sur cette dernière. On cherche, bien entendu, à fabriquer des armes capables de tirer des ondes longues ou micro dans une direction donnée pour anéantir une cible à distance ou niquer ses appareillages mais pour l’instant, on en bave.
     
    Le laser est cohérent lui. Avec un laser puissant, il serait très possible de crâmer des blés en une figure précise. Mais justement, ça ressortirait crâmé et si on peut envoyer un laser brûlant sur un endroit précis, rien n’empêchera les flammes de se propager ensuite n’importe où. Ce que les farceurs ont forcément compris. Et de toutes manières, on n’a pas de laser puissant sous le coude ou transportable. Il est impossible d’en installer un sur un échafaudage au dessus d’un champ, sans énorme générateur de courant électrique qui plus est.

    Quand au magnétisme, c’est pareil, il est très difficile de le rendre cohérent ou pointu. C’est quelque chose qui s’exerce dans tous les sens, en tous endroits, même s’il a un sens précis du point de vue polarité. Et le magnétisme pour faire plier une couillère (oui avec un O en l’occurrence) éventuellement, à condition d’avoir d’abord un point d’appui ou un étau et aussi de disposer d’une puissance énorme (puissance qui diminue ultra vite avec la distance d’éloignement). Mais pour faire plier un brin de blé, umpppffffff, c’estrop marrant. Prenez le plus puissant des aimants du monde et essayez de plier une feuille de papier ou un brin de blé avec et on en reparlera. Le pain ne fait pas partie des matériaux sensibles au magnétisme alors que la terre l’est nettement plus. Si donc on pouvait, par miracle rendre cohérent le magnétisme et pointer depuis un nuage sur un champ de blé, un tir magnétique hyper puissant, c’est d’abord le sol qui réagirait en décollant de la roche. On retrouverait alors un champ hyper déménagé.


    Bien qu’il diminue très vite en fonction de la distance mais étant à considérer que le tir magnétique miraculeusement cohérent ait été fait depuis une soucoupe volante située à 30 000 m d’altitude (puisque personne n’en a vue en action) son rayonnement magnétique aurait des effets collatéraux tout de même très sensibles sur tous les électrons que nous asservissons depuis un siècle, en particulier sur nos télés CRT ; Or il n’a jamais été constaté nulle part au monde de cas où soudain et pendant 2 minutes, toutes les télés étaient perturbées (placez seulement un ventilateur de séchoir à cheveux près du flanc de votre vieil écran de télé ou d’ordinateur et vous verrez ce que ça donne une perturbation magnétique (le tube cathodique étant pourtant protégé au mieux des rayonnements magnétiques domestiques)

    C’est hallucinant de connerie. Un paysan qui n’a strictement jamais utilisé en personne les propriétés du magnétisme balance que son blé est couché à cause d’un bidule magnétique. Et comme les journalistes n’ont pas de vocation particulière à adorer la physique, je ne vois pas pourquoi ils contesteraient. Vaut mieux vendre du rêve et de la mousse. Alors quand c’est servi sur un plateau par un cultivateur, faut pas faire la fine bouche. On enregistre ses conneries, on ne ne décourage surtout pas dans son délire et on envoie ça sur les ondes (qui diffusent dans toutes les directions, je le rappelle)

    Et ce paysan, qui tient à ses OVNI, qui refuse d’avoir été roulé dans la farine par des farceurs ayant échappé à sa vigilance, d’affirmer qu’une femme qu’on ne voit pas à l’antenne, avait eu envie de vomir en entrant dans le crop circle. Que n’a-t-elle vomi qu’on puisse filmer et prélever son vomi ! Non hélas, on doit se contenter de le croire.
    quand bien même une personne se sentirait mal, je n’y verrai rien d’extraordinaire tant certains d’entre nous sont sensibles, hystériquement, psychosomatiquement sensibles. Puisque la vue du sang, je parle du sang rouge pas du vert, fait tomber certaines personnes dans les pommes, je comprends très bien que devant un phénomène que par hystérie collective on pousse à considérer martien, certains se sentent mal.

    On en appelle alors aux zanimaux dont on considère qu’ils ne sont pas sujets à l’hystérisation (Ah bon ?). A -t-on vu ce chien refiuser d’entrer dans le crop circle ? Non. A -t-on, vu ce cheval ruer et refuser aussi d’y entrer ? Non. Mais ce paysan le raconte, on n’a que ses délires à se mettrre sous la dent et ça nous impressionne. On en a la chair de poule. 
     Tout comme du temps de la bête de Gévaudan ou des sorcières de Salem. 



    Si l’on pouvait, en jetant un caillou dans une mare, ne produire des ondes que dans une seule direction, on serait en train de marcher sur l’eau.


    Tous ces phénomènes rapportés avec forces mousses par de doux mythomanes étant parfaitement réalisable par les diables d’hommes, il faut avoir envie de croire en autre chose que l’homme pour écarter d’emblée une farce, une mystification toute humaine (et il se pourrait bien que Leonard de Vinci ait été un grand farceur)


    Les figures, les symboles, tout le monde les connaît. Un farceur organisé, dopé par les premières farces, va forcément se caler dessus et les reproduire. Et tant qu’à faire, dans toute la mesure du possible, le farceur choisira un endroit réputé mystique. Dessine un canard sur un champ, ça ne produira aucun effet. Dessine deux triangles équilatéraux enchevêtrés et ça va provoquer de la mousse.


    Il est aussi question de l’incroyable précision des figures (ça me rappelle trop les farces de Robert Charroux au suejt des pyramides)
    D’abord avec quel dispositif les spécialistes des crops circles font-ils leurs mesures sinon avec un décamètre à ruban ? Je dis ça mais je n’ai vu aucune preuve qu’ils avaient réellement mesuré. 
    Pour faire ces figures, il faut bien sûr les avoir préparées chez soi, sur des papiers ou sur un écran avec logiciel de dessin tout con (je peux en dessiner dix par jour farcis de mystères mais je comprends que ceux qui ne sont pas portés par la géométrie trrouvent ça miraculeux) Puis il faut les réaliser en appliquant une méthode en sachant qu’avec une ficelle, avec un décamètre à ruban, on fait des merveilles (Ah quel mot !). 
    C’est donc avec un décamètre qu’on les réalise et c’est avec un décamètre que les mythos les mesurent. Et que disent-ils ? que c’est précis au 1000ème. Whahhhhhhh ! ça impressionne ! 

    Un dessin de 100 m de diamètre (décamètre de 50 m) c’est 10 000 m² d’énoncé et c’est précis à un faux pas près soit 10 cm. 10 cm c’est le millième de 100 m. Whahhhhhahahha
    Tu parles d’une précision ! 
    Sans déconner quelle connerie ! Les brins de blé poussent en étant écartés en moyenne de quoi 5 à 10 cm n’est-ce pas ? Comment peut-on oser parler de putain de précision alors que même en s’y mettant avec un laser de martien, on aurait des lignes floues car définies à 5 ou 10 cm près ? C’est clairement des non scientifiques qui parlent de précision incroyable, ce sont visiblement des mythos. 

    La précision d’une mesure, on nous l’enseigne en métrologie. C’est plus complexe que ça en a l’air. Ca dépend de la précision de l’instrument qui dépend à son tour de tas de facteurs, ça dépend de la régularité, de la finesse de la surface de l’objet qu’on mesure et ça dépend de l’opérateur (deux opérateurs différents ne relèvent jamais exactement les mêmes cotes). Dans les liens que notre ami Cabanel nous a offert, il y a de la poésie, de la poésie encore, il y a dieu, il y a la beauté, mais je n’y trouve aucun PV de procédure de mesure

    (Un Airbus, ça fait les dimensions d’un crop circle et ses dimensions, à une température donnée, à une pression atmosphérique donnée et à l’ombre, sont précises et régulières d’un modèle à un autre, au millimètre près mais personne ne s’extasie, surtout pas les vendeurs de livres sur les ET) 

    Autre chose concernant la précision.
    Quand on a été dans la menuiserie, comme moi, on a appris un principe : moins on mesure, plus on est précis. Que veut dire cette assertion ?
    J’explique.
    Si on me dit au téléphone « Easy, j’ai besoin que tu me coupes une autre étagère, comme la première qui mesure .. attends je la mesure.... euh ...voilà, elle fait 184, 3 cm ».
    Je répondrais « Stop, laisse-tomber, ça ne va pas le faire. Amène-moi plutôt ta première étagère »

    Je saisirais cette première étagère. Sans jamais la mesurer, je la poserais contre la lame de ma scie à formats, je pousserais la cale contre l’autre bout. Je retirerais ce modèle et je placerais une nouvelle pièce visiblement plus longue que la lame. Elle sera alors coupée exactement à la dimension de son modèle. J’espère que vous m’avez compris. Sans jamais avoir mesuré la pièce à fabriquer, je l’ai coupée très exactement à la cote.
    Quand un tailleur ajuste l’oulet de votre pantalon, il ne mesure pas non plus.

    Dans ce jeu d’écrasement de blé, il est parfois nécessaire de mesurer mais la plupart du temps, même pas. On bosse avec une ficelle sur laquelle on a placé des marques ou noeuds et les yeux fermés, avec méthode, en pleine nuit noire, on fait des merveilles.



    Il est également fait mention (dans ces liens proposés) de cas d’apparition en pleine journée et en l’espace de 2 minutes (Monsieur durant est passé par là sans avoir rien vu et 3 minutes après, madame Dupont a vu le crop.
    Ouais. Vous avez tous regardé des centaines de fois les horloges à cadrans écrits en chiffres romains. Vous êtes combien à avoir remarqué comment était écrit le chiffe 4 ?

    Voir, ne pas voir.




    Qu’un matin on retrouve toutes les pierres de Keops posées au sol, même en vrac, sans qu’il y ait la moindre trace d’engins, ça oui, ça m’épatera. Mais 10 000 m² de blé couché en des figures archi connues et archi faciles à reproduire (inspirées de figures fractales amusantes) pour moi qui adore la géométrie, ça me laisse totalement coit.


    Montrez-moi un trou, un simple trou, un minuscule trou dans la mer. Montrez-moi une bosse, une simple et toute petite bosse sur un lac, et vous me verrez me liquéfier. En attendant, ces farces me laisseront de marbre ou me feront rire.



  • easy easy 6 octobre 2010 17:59

    Merci Rocla



  • easy easy 6 octobre 2010 15:57

    Ah, le futur d’Ikea.

    Detroit, oui, ça fait froid dans le dos.

    Perso, je n’ai fait que me tromper tout au long de ma vie, je ne suis donc d’aucune autorité.

    Je crois qu’une entreprise qui dure plus de 10 ans commence à être une réussite. Une entreprise qui dure 40 ans est une très belle réussite.
    Il n’est pas concevable qu’une entreprise, même souple et réactive, soit éternellement dans le coup. J’aurai peut-être tort une fois de plus mais je crois que Coca Cola, SNCF, Air France et Levis Strauss disparaîtront avant un siècle.

    Que IK réussisse à tenir 50 ans avec son IKEA et ce sera déjà une superbe réussite (sur le plan égocentriquement commercial)


    Comment, pourquoi IKEA pourrait tomber et par quoi serait-il remplacé ?


    Contrairement à moi, d’autres avaient pigé que IK avait eu raison et l’ont progressivement imité, en grande partie. Déjà selon ce principe du suivisme, Ikea ne peut que se retrouver talonné voire dépassé un jour ou l’autre.


    Le principe selon lequel celui qui tient les points de vente dotés de grands parkings, tient le marché, après s’être appliqué aux grands épiciers, s’est appliqué au secteur du mobilier .
    Il fallait donc créer des points de vente, un réseau de vente pour tenir les usines de production dans ses mains (on pourrait dire entre ses griffes si on la jouait plus extrême gauche)
    Une fois ce principe de base considéré et acquis, il y avait à élargir le marché pour passer du seul mobilier à tout le bazar qui équipe et décore un habitat, voire un bureau.

    Dans ce mouvement de ratissage, il fallait introduire du nouveau et Ikea l’a très bien fait. Alors que les boutiques du Faubourg Saint Antoine semblaient de plus en plus décalées. (Elles ont mis un temps fou pour proposer des mobiliers intégrant la Hi Fi, la télé, le frigo et quand elles l’ont fait, c’était style Louis XXL)

    En 1983, j’étais directeur technique de la SPAS, quai d’Austerlitz. Nous y avions 6 000 m² de surface d’exposition. Mon boulot consistait à préparer techniquement chaque salon. Nous y accueillions (tiens, comment ça se prononce ?) par exemple Marjolaine, le salon des médecines douces et surtout le la Maison des Importateurs et Créateurs. MIC était alors le premier salon où se retrouvaient les arpenteurs de la Planète qui ramenaient en France soit des objets exotiques glanés tels quels, soit, plus rarement, des objets qu’ils avaient fait fabriquer par des artisans exotiques.

    Or MIC était réservée aux professionnels. Le public ignorait donc tout de ce qui se tramait au niveau de la décoration et croyait que Marie-Claire inventait tout. Je n’en savais évidement rien à l’époque mais je comprends aujourd’hui que des gens d’Ikea avaient arpenté MIC et flairé les tendances en considérant ce que Marie-Claire acclamait.
    Quand un éditeur comme Flamant, De Bejarry ou Asiatides ramenait d’Asie un container de pique-cierges en métal genre zinc et que Marie-Claire les reprenait en photo, les renifleurs d’Ikea comprenaient qu’ils pouvaient bosser sur cette matière et leurs designers s’y sont mis en l’introduisant partout, mais en toute platitude et kititude ça va de soi.

    Au bout de quelques années, on avait d’un côté des friqués qui avaient acheté dans une boutique rive gauche un bougeoir en zinc avec grosse verrine et un cierge couleur ivoire pour 800F et de l’autre, des malins qui ramenaient de chez Ikea (ou Habitat) quasiment le même produit en apparence mais fast foodé et pour seulement 200F.
    Le tout sur fond de compil techno Bouddha bar, ça va sans dire.

    MIC a été vendue et incorporée à d’autres groupes pour former l’énorme salon Maison & Objet (toujours réservé aux professionnels)


    Les véritables créateurs asiatiques, les artisans des vallées Indiennes ont été pillés sans jamais percevoir les moindres royalties, puis ils se sont mis à fabriquer sur commande des produits restylés, mixés, eurasiens, sans comprendre à quoi ça servait. Et Ikea produisait dans des usines, parfois européennes, tous les ersatzs de ces palimpsestes.
    Puisque Marie-Claire avait mis en couverture un canapé du sieur Pierre Bergé couvert de tissu rayé coloré, Ikea pondait un clic-clac tissu bayadère.

    Mais sous la finition ou le look mode, il y avait toujours une technique inédite. 


    Ce pillage du patrimoine exotique n’a donc pas été trop exploité par Ikea, d’autant qu’il a préféré dégager une odeur de résine de pin et une couleur blonde plutôt que verser dans le patchouli et l’acajou (à la manière de Pier Import). IK a semblé plus séduit par la réussite du TamTam d’Henry Massonnet (avec le renfort de la blonde BB), de la chaise bistro de Thonet, la chaise Tulipe du Finlandais Eero Saarinen, celle de Charlotte Periand... Chez Ikea on a préféré innover sur le plan technologique et il était indispensable de le faire pour parvenir à la platitude. Même le matelas devait trouver une soluce technologique pour être minuscule dans les rayons. (Decathlon s’est beaucoup inspiré de l’innovisme d’Ikea). La technologie d’Ikea sert toutefois moins le consommateur que l’ikéisme qui fait du consommateur l’ouvrier monteur transporteur de l’entreprise. Exemple : quand Ikea propose un miroir composé de petits miroirs accolés tenus entre eux par des punaises coins, il sert exactement le kitisme mais l’utilisateur qui va passer des années à se mirer dans un machin segmenté.


    Au sudisme tropical bronzé et voluptueux largement en vogue, Ikea était le seul à répondre par un nordisme blond et génial. Pas de hamacs, pas de bambou chez Ikea.

    Un véritable boulot de design et de réduction des poids était entrepris (les entreprises usines étant tenues de participer amplement aux recherches et essais techniques. Ce sont elles qui avaient à présenter des protos à l’oeil).
    Résoudre le volume par la platitude.
    Résoudre le poids par l’air.
    Dès que les premières portes isoplanes alvéolaires sont apparu, Ikea a voulu en introduire le principe dans le mobilier. Certes, la Suède est le pays des résineux, qui sont plus légers que le chêne de France mais IK savait les Français de l’époque archi séduits par l’énorme et très pesante table en chêne massif ainsi que par les salons dits rustiques (style bavarois en fait). Il lui a donc fallu une grande conviction et du courage pour oser proposer des meubles alvéolaires, légers, pleins d’air. Des meubles que des filles pouvaient transporter, monter, remuer.
    Un meuble qui ne pèse plus rien est-il bien un meuble aux yeux d’un Bavarois ou d’un Breton de 1980 ?
    Expedit, par exemple, je ne l’ai pas vue de près mais en principe, elle est pleine de vide.

    D’autre part, tout a été optimisé pour que tous les composants du produit meurent en même temps. Les épaisseurs des tôles des charnières sont optimisées pour que tout lâche dans 10 ans, le temps que les gens soient lassés et aient envie de renouveau (Les Japonais de 1960 avaient appliqué ce principe aux voitures car trop de Ford partaient à la casse avec trop de roulements à billes encore trop valables).
     

    Les boutiques qui revendaient du Flamant ou même de l’Interior’s ont souffert de la force de frappe d’Ikea. Et beaucoup ont capitulé.

    Soudain, il y a eu Internet, l’évidence Internet (en 1980, beaucoup de boutiques de mode n’avaient ni ordinateur, ni fax ni minitel. Aujourd’hui elles ont le max de technologie)

    Et on a assisté à une révolution : fini le secret des prix, les 4 listes de prix, finie l’exclusivité accordée aux revendeurs agréés, au réseau commercial. Lacoste, qui vend d’abord à son distributeur La Chemise Lacoste, qui distribue ensuite aux seules boutiques agrées, c’est dépassé. Même Hermès vend désormais en ligne. Les marques ont joué de finesse pour ne pas froisser leurs boutiques exclusives tout en s’ouvrant aux possibilités de la vente en ligne (étant considéré que bien des princesses arabes achètent abondamment en ligne depuis leur prison dorée). Et une fois le cap critique passé, elles ont abandonné leurs boutiques agrées.

    Et c’est là que Ikea peut commencer à souffrir car si tout se vend en ligne, quid des énormes avantages du réseau de magasins.
    Comment peut-on convaincre du marketing Family si le client ne met plus les pieds dans le magasin, même pas à Noël ?

    Internet nivelle les puissances ; le plus petit peut avoir les mêmes débouchés que le plus gros (à l’achat de mots clefs sur recherche Google près. Mais Google ne sera pas non plus éternel)

    Et ces mêmes usines qui se sont retrouvées pieds et poings liés par la puissance de leur client Ikea, recherchent des débouchés plus segmentés, plus petits. Elles rejoignent les aspirations des petites entreprises qui vendent sur le Net. Et in fine, on a même des usines (désormais aguerries au design absolu) qui vendent directement aux utilisateurs finaux, grâce au Net. Souvent, pour ne pas froisser leurs gros commanditaires, ces usines se montrent sous une autre étiquette. Et Ikea de se demander d’où sortent ces outsiders qui pullulent.

    On va donc avoir à termes deux soluces, toutes deux passant par le Net. La première consistera à acheter directement à une usine (susceptible de vous tirer une série spéciale pour 10 unités commandées) la seconde à acheter aussi directement à un artisan, situé n’importe où dans le Monde.

    Maintenant qu’ Ikea a démontré qu’il était possible de tout mettre à plat et de tout rendre alvéolaire, il ne reste plus à résoudre que le problème du transport, du groupement, de la logistique d’expédition-réception. Et c’est ce à quoi des outsiders s’attellent. Etant donné le prix de l’énergie, le transport sera le noeud du prochain système. Ca vaut pour le vin, les légumes, les voitures, les fringues, les meubles, tout.
    .

    Ca n’existe pas encore. Mais à terme, le WE, ce n’est pas chez Carouf que les gens se précipiteront mais sur une plateforme logistique robotisée, toute en picking. On y va en drive-in, on s’identifie et plouf, le colis fabriqué spécialement pour nous à 20 ou 20 000 km de là, déboule directement dans notre coffre. Oeufs plats, poisson plat, steak plat, ballon plat, écran plat, plat plat....


    Et je crois que chaque consommateur deviendra un revendeur ou un regroupeur de commandes.
    Ce qui ne peut très bien fonctionner que vers les âges de 18-30 ans. Dans cette tranche d’âge là, on est en bande et on démarre en même temps dans la vie avec les mêmes besoins. On peut plus aisément se regrouper pour commander 20 téléphones à diodes bleues, 10 vélos couleur langouste, 10 caissons d’habitation mauves ou 10 paniers d’huîtres de Marennes.
    Je crois qu’on vivra plus en bandes, on votera même en bande.
    Le créateur sera la bande et elle se reconnaîtra à ses créations. 

    La garantie, les problèmes, la casse, toussa, on fera comment ? Bin comme aujourd’hui quand on achète un écran plat ou un maillot de bain en ligne.

    IK, si tu me lis...



  • easy easy 6 octobre 2010 11:58



    «  »«  »«  »«  »« J’aime bien quand un article reprend un sujet et donne de nombreux liens qui permettent d’y voir clair. Il y a là un réel travail.
     »«  »«  »«  »«  »"

    La valeur travail !

    Je ne crache pas sur le travail à la Morice. Comme je ne crache pas sur les maisons Sam-Suffit, comme je ne crache pas sur un tas de patates. Tout ça c’est du travail, de la peine, des sacrifices, de la sueur, des risques, des investissements, des espoirs, de l’usure, de la fatigue, des soucis et des pertes.
    Je ne crache pas sur le travail mais je foule aux pieds des tapis qui ont demandé des milliers d’heures de travail sans dégainer mon compte fil, sans observer chaque détail d’aussi près que l’avait fait son tapissier. 


    Et quand je pars visiter quelque chose en moto, ce n’est jamais un lotissement. Quand je lis un article sur AV ce n’est plus de Morice, de Villach ou de Dugué. Ca l’a été une fois, deux fois, à grand peine trois fois, puis ça a été fini.



    Le travail est une valeur, certes, mais le monstrueux, la Galatée (de Pygmalion), le Minotaure, George Sand, Laurence d’Arabie, c’est cela que j’espère rencontrer. C’est donc l’esthétique, soit classique mais parfaite, soit nouvelle et convainquante, qui me fascine.

    Le travail produit-il une esthétique ? 
    Pas forcément.

    L’esthétique résulte-t-elle d’un travail ?
    Pas forcément.

    Eric Zemmour et Eric Naulleau, travailleurs, laborieux, quand ils sont face à Malika Ménard ou Erika Moulet, ils sont bouche bée, fascinés. Et moi pareil. Ces beautés n’ont pourtant accompli aucun travail particulier. C’est la nature qui a bien travaillé qui a produit une esthétique très convainquante.

    N’en déplaise aux philosophes, aux prophètes et aux barbus, une esthétique scopique me foudroie bien plus directement, rapidement et durablement qu’une esthétique morale ou laborieuse. Alors bien entendu, pour ne pas finir médusé par la seule beauté corporelle, gestuelle ou posturale d’une femme, je m’efforce de m’intéresser à autre chose, à des bidules, à des pensées, à des textes.
    Et je dois en lire des discours et des textes pour en trouver un capable de me faire oublier un instant l’esthétique d’une belle femme.

    C’est par dépit, pour éteindre un peu ma frustration que j’arpente et fouille désespérément les forums, feignant de croire qu’il est possible d’y trouver remède à cette ineffable douleur qui résulte de mon manque de voir un très beau visage assorti d’une belle voix et d’une belle attitude envers moi, Quasimodo.

    Rien n’est plus injuste que la beauté.

    C’est l’injustice qui fait le poivre et le sel de la vie. 

    La vie est injuste, heureusement.



  • easy easy 5 octobre 2010 21:05

    Koaaaaaa ???

    « Quel intérêt ? J’imagine qq’un qui se lève le matin »Tiens ! je vais faire un artcile sur Ikéa qui ne sera que du copié-collé !« 
     »


    M’enfin chère Ariane, il y a 85% des articles d’AV qui naissent de cette manière automatique. Et quand je parle de C/C, je ne parle pas de mot à mot, évidemment. Je parle de C/C d’idées. Je dis que 85 % des articles parus ici ont déjà été écrits mille fois ailleurs.

    Des articles vraiment insolents, frais originaux, des pensées originales, venues des tréfonds de l’auteur, il n’y en a que très rarement.
     
    Je parle de pensées originales car, à mon sens, comme aucun de nous n’est journaliste d’investigation, le mieux que nous pourrions faire ici n’est pas d’être une résurgence ou un relais d’info de plus mais d’être un endroit d’où jailissent des pensées personnelles originales.

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