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easy

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59 ans
Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 31 juillet 2010 16:34

    @ Frank,

    On aurait à inventer un système de retraite aujourd’hui, compte tenu de la courbe démographique, on n’aurait j’amais osé proposer la répartion comme solution (sauf à l’étendre directement à toute la planète puisque globalement, elle semble toujours en croissance démographique).


    On aurait à l’inventer aujourd’hui, on dirait aux gens qu’il n’y a qu’une soluce, thésauriser pour soi.
    Sur cette base, on se demandera alors ce que feront des billets dans les matelas à part attendre. Et on en viendra vite à dire que c’est trop bête de laisser l’argent dormir alors que -dans l’optique de croissance avec laquelle on met les quelques enfants au Monde- il faut poursuivre le rythme des investissements. On en viendrait très vite à proposer aux gens d’épargner tout en plaçant leur argent dans le système en faisant miroiter qu’a priori, si chacun en faisait autant, ces investissements seraient productifs d’intérêts.

    Est-il besoin de dire que bien des gens bourrés de bon sens, comme les immigrés européens des années 50-80, tout en ayant cotisé à la retraite par répartition pour les vieux du moment ont constitué en plus une thésaurisation en investissant directement en temps, en argent et en sueur dans l’immobilier locatif ?

    C’est à peine croyable comme ces gens ont été économes et travailleurs pour avoir réussi à payer à fois la retraite des autres et la leur voire de leurs enfants.
    C’est vraiment au cas par cas, bien entendu, mais il existe ici, des gens, qui n’ont bossé qu’avec des chassures de sécurité aux pieds et qui ont assuré pour 3 générations. Et rien, dans les variations du contexte, n’empêcherait quiconque d’en faire autant puisqu’il y a encore et toujours ce genre de remueurs de béton à l’oeuvre.

    Il faut reconnaître qu’il n’y a quasiment que dans le béton qu’une telle performance a pu être réalisée sur une assez grande échelle et dans une population disons discrète. Je pense que les immigrés Chinois qui ont également beaucoup bossé, qui ont eux aussi cherché à assurer pour 3 ou 4 générations, surtout dans la restauration, ne sont pas arrivés aux performances des maçons.

    En dehors donc des courageux maçons, les autres braves travailleurs ne pourraient pas investir à la fois temps, argent et sueur le WE. Un cuisiner, un ingénieur en aéronautique, une employée de banque, ne peuvent qu’investir de l’argent, ils ne peuvent donc que confier des économies à des entreprises et le résultat sera médiocre, il n’assurera que pour leur seul compte.

    A condition que cette épargne ne soit injectée qu’en France, via la création d’entreprises, ce seront leurs rares enfants qui, en faisant bien tourner ces boîtes, en profiteront en termes de salaires tout en offrant quelques dividendes à leurs parents.



  • easy easy 31 juillet 2010 15:15

    J’apprécie beaucoup cet article tant sur le fond que sur sa forme. Merci Jjwadal



  • easy easy 31 juillet 2010 15:00

    Quand un enfant ressent (et il peut parfois se tromper) que ses parents sont globalement et à peu près heureux du système (qu’ils soient riches ou pauvres), il aime ce système. Et inversement.

    Concernant donc l’acceptation du système par l’enfant, c’est moins l’amour que ses prents expriment envers lui que leurs espérance ou confiance en ce système qui influe sur son regard.

    J’ai déjà eu l’occasion de le dire, dès qu’un enfant voit ses parents participer à une manif anti système, ils doutent de lui. Et même si ces parents le gavent d’abondances mais qu’il ressent que c’est manière de le protéger contre le méchant système, il redoute ce dernier.

    Quelle que soit la classe sociale à laquelle ses parents relèvent, quand un jeune entend dire que des adultes se suicident en raison du stress au travail ou que travailler c’est engraisser des salauds, il ne peut que chercher désespérément une autre solution, n’importe laquelle.

    Les parents ne peuvent pas casser du sucre sur le système à longueur de journée et devant leurs enfants (parfois indirectement et par retour de médiatisation) sans les en dégoûter.

    Comment faire alors ?
    Comment faire pour manifester notre colère et notre révolte contre certains aspects du système voire tous, sans que nos enfants qui voient désormais tout, n’en soient pas écoeurés ? 
    Peut-être en étant plus pondérés dans nos critiques, en évitant les condamnations trop définitives et les injures, en accordant toujours une chance à l’espoir et de la confiance en autrui... 



  • easy easy 31 juillet 2010 14:33


    Les raisons profondes de ces départs sont probablement un peu différentes pour chacune de ces entreprises mais il est un fait qu’il est aussi facile de boursicoter sur Francfort que sur Wall Street.
    Cette équivalence technique libère les choix stratégiques de fond.



    Parmi les critères stratégiques de fond et outre ce que l’auteur nous a signalé, il se pourrait que certaines entreprises constatent déjà ou pressentent une décorrélation entre les indices US et les indices de Francfort.

    La corrélation, quand elle dessert le cours de notre entreprise, nous agace. J’imagine que les entreprises cotées à WS et qui ont vu leurs cours s’effondrer après les attaques du 11 septembre, ont dû trouver ça injuste ou absurde.

    Si une méga marée noire paralyse les EU, l’Europe en sera réellement affectée aussi au niveau des échanges et dans un premier temps mais tout de même pas dans la même mesure, ni dans un second temps, au contraire même.
    Or quand l’indice de NY, composé en très grande partie d’entreprises US, s’effondre, les entreprises européennes qui y sont cotées, plongent avec en grande partie, par effet d’entraînement. tout bête.

    Oui, les indices du monde entier sont globalement correlés les uns aux autres lors d’évènements chocs, sous l’effet d’une émotion planétaire. Mais ils peuvent décorreller et parfois même diverger notablement.

    Alors, a priori, les PDG de ces entreprises qui se francfortisent sont ceux qui redoutent une chute des cours plus forte aux EU qu’en Allemagne. Ils tablent peut-être sur une décorrélation significative.

    Il pourrait y avoir aussi une autre raison. Il se pourrait que les européens (petits comptes et institutionnels) soient de plus en plus nombreux à placer en bourse en même temps qu’ils disposeraient de plus de liquidités. Et comme ici on brasse des euros alors qu’ailleurs on joue en petits dollars... 

    Si on monte un casino vaut mieux le monter en zone euro, non ?

    C’est à dire que si le problème des retraites par répartition se meurt et que la retraite par capitalisation prend le relais en Europe, ce sont bien les bourses européennes qui vont en profiter.


    A ce sujet, je trouve qu’il y a des cocasseries ou paradoxes que les fonds de pension vont peut-être éviter. Est-ce qu’un fonds de pension européen osera dire à ses investisseurs de retraite qu’il a misé sur la Chine, sur notre délocalisation, disons notre décadence ? Est-ce que devant le risque d’un gros scandale éthique ou moral en cas de patatras, ces fonds de pension au service des retraités européens choisissent de n’investir qu’en Europe ? Je n’en sais évidemment rien mais j’ai l’impression que oui.

    Que les Américains aient mal vécu le patatras des paris fous qui avaient été pris sur leurs propres capacités à rembourser leurs crédit maison, c’est une chose. Mais que nous, européens, nous constations que nous sommes entraînés à la ruine à cause d’un foutoir US, ça nous scandalise autrement et là nous demandons la tête de ceux d’ici qui ont misé sur les junk bonds US.


    En somme, on veut bien de la mondialisation quand elle nous fait gagner, pas quand elle nous fait perdre.



  • easy easy 31 juillet 2010 12:18

    Ce qui caractérise l’humanité (le sentiment humaniste) c’est la solidarité d’abord (mais ça beaucoup d’animaux la pratiquent) et l’entraide au sens où on l’accomplit malgré tout, malgré les différences, malgré le fossé, malgré le désaccord. C’est quand on prouve que le sang, que la vie des autres est toujours sacrée. 

    L’entraide entre soldats de la même armée, n’a rien du sentiment humaniste, au contraire. C’est l’entraide entre ennemis (Cf. Joyeux Noël) qui relève du sentiment humaniste. C’est la Croix-Rouge qui aide les blessés des deux camps qui est humaniste.


    Le sentiment humaniste est rare. Si nous ne nous entretuons pas plus souvent, c’est parce que nous n’avons pas le droit de le faire, pas par humanisme. Dès qu’un droit nous est donné de tuer ou de lyncher, la plupart d’entre nous en profitent (en tous cas suffisamment d’entre nous en profitent pour que le sang coule).

    Des mères tuent leur enfant.
    Quelques fois en meutre unique qui les traumatise (comme un avortement traumatise) et quelques fois en série, et avec le même géniteur et là, il est clair que leur premier infanticide ne les a pas traumatisé. Elles sont dans une bulle dans laquelle le concept d’amour universel, étendu à tous, à n’importe qui, semble ne pas avoir de place.
    Lyncher une personne parce qu’elle n’a pas de sentiment humaniste, c’est valable pour ceux qui, comme une telle criminelle, n’ont pas trop ce sentiment en eux ou s’asseoient facilement dessus dès qu’ils se trouvent quelque bon droit, voire un devoir de le faire.

    Un humaniste va toujours chercher à partager, à reconnaître une responsabilité commune. Dès qu’on a cette obsession ou névrose, on peut effectivement trouver toutes sortes de preuves qu’on est co-responsable du déraillement d’un train à l’autre bout du monde. 

    J’ai passé mon enfance dans deux très sales guerres et j’ai cette névrose ou obsession de toujours réunir, jamais séparer. Comment je juge les cas d’infanticide en série, ou les cas Kerviel ou Polanski ?
    Essentiellement dans leur attitude après. Leur attitude APRES dépend essentiellement de l’attitude des sages face au constat de leur crime. Ca dépent de la manière dont on les stigmatise, les isole et les pousse vers l’abîme. Car quand on chope une personne pour la traîner vers une branche, même une personne qui n’a pas grand chose à voir avec ce dont on l’accuse, elle va sortir un couteau de sa cuisine et mouliner tout ce qu’elle pourra. Bec, griffes, dents, insultes, elle utilisera tous les moyens contre la meute hystérique qui veut la tuer. Elle joue sa vie d’urgence, elle ne peut pas réfléchir, méditer, soupeser, partager puisqu’elle est aux abois (et elle a une sale tête du coup). Trop menacée, trop effrayée une telle personne ne peut qu’apparaître repoussante, bestiale comme ses pourchassant se plaisent à dire. 

    Si en aucun endroit on ne reconnaît le moindre partage de responsabilités avec elle, la personne accusée se sent isolée et joue l’isolement (ce que Jeanne d’Arc aurait fait lors de son procès. Infiniment isolée elle s’écartait des hommes, se rapprochait de Dieu et pouvait apparaître folle aux yeux de qui en avait envie)

    Quand des criminels, même en série, sont chopés et traités avec humanisme, ils sortent souvent de leur embullement (self-endoctrinement ou encartement) et faire preuve non pas de repentance puisque c’est un concept flou, fourre-tout, non objectif, inquisitorial (on prétend lire la pensée d’autrui) et infiniment exigeant pour les procureurs, mais d’une sortie de la vision originelle. Ils peuvent se dire « C’est fini, je ne recommencerai plus jamais un truc pareil ». Et ils ne recommencent plus. Le nombre de gens qui ont commis une faute, même non officiellement condamnable comme par exemple abandonner son chien, son enfant ou son conjoint ou accuser à tort quelqu’un, et qui ne recommencent plus jamais, est inconnu mais forcément énorme. Nous sommes très, très nombreux à ne jamais récidiver nos erreurs (y compris en matière de drogue, d’alcoolisme, de conduite dangereuse, etc.)

    Nous apprécions quand, après avoir forcé sur la vitesse, les gendarmes nous arrêtent et nous offrent un désembullage avec humanisme au lieu de nous coller direct un PV. Nous ressentons cet esprit « d’entraide malgré tout » et nous ne pensons pas « Connard ». Et c’est très souvent qu’ensuite, dans un esprit plus fraternel et responsable, nous levons le pied. 

    Il faut traiter les mères infanticides, même en série, avec le plus d’humanité pour les faire sortir de leur bulle. Et dans ce mouvement d’entraide malgré tout, il est totalement illogique d’écarter du principe du partage des responsabilités, leur conjoint. 

    Ecarter le conjoint du Partage, c’est poser clairement l’idée qu’untel, qu’un autre, que tout le monde, même quelqu’un d’extrêmement proches d’elle, peut être exclu de responsabilités dans ce drame. Exclure les proches de toute responsabilité c’est super exclure les moins proches de toute responsabilité. C’est le propre des juges d’Etat de s’exclure de toute responsabilité dans les fautes de ceux qu’on soumet à leur jugement. Le roi peut juger parce qu’il est innocent.

    Juger en parangon de vertu, c’est donc isoler infiniment celle qui a tué et c’est augmenter son embullement (qui vaut un embullement de Brigade Rouge, d’ETA ou de Talibans). La condamner par un super isolement, c’est la punir, la faire souffrir en prétextant que c’est pour qu’elle blanchisse, pour qu’elle se purifie ou pour qu’elle paye. Alors qu’il ne s’agit que de vengeance, de défoulement et de sacrifice d’autrui au dieu volcan.


    Dans la mise en examen -qui veut essentiellement dire qu’on examine tout ce qu’il y a à examiner- il serait humaniste d’examiner sinon les 6 milliards de personnes qui font ce Monde, du moins les 15-30 personnes qui font le contexte de cettepersonne. Chaque fois qu’on est dans un cas où il n’y a pas de risque évident que le criminel recommence immédiatement un autre crime, il faut le traiter comme tous les examinés de son affaire et tous les examinés doivent alors être traités avec humanisme, ce qui renvoie à redéfinir la mise en examen et aussi la GAV.

    Que ce soit Treiber, Jeanne d’Arc ou Kerviel ou Salem, il fallait examiner tout un groupe et leurs père et leur mère, non une seule personne.

    Rien n’est plus absurde que d’isoler une personne alors qu’on lui reproche une attitude isolée.


    On doit examiner le groupe dans lequel a évolué celui qui a découvert le virus du Sida et on doit examiner le groupe dans lequel a évolué celui qui a commis un crime. Il reste possible de remettre le prix Nobel à une seule personne mais on doit citer son équipe et même ses rivaux qui l’ont aiguilonné. Il reste possible de condamner plus spécifiquement une personne unique mais on doit dire les moindres co responsabilités de son groupe.

    On se doute bien que les parents d’un criminel se disent in petto qu’ils ont une part de responsabilité. On se doute bien que le mari d’une femme qui tue ses enfants, qui avorte, qui les abandonne, se dit in petto, qu’il y est pour quelque chose. Alors pourquoi ne pas traduire officiellement ce fait du partage des responsabilités ? Parce qu’on a tous le méta souci d’être innocent. C’est parce que nous tous, nous tenons à notre innocence, parce que nous préférons nous poser en victimes plus qu’en responsables, que nous acceptons depuis des millénaires qu’une personne se retrouve absolument isolée.
     « Lui là, dans le volcan, et on sera tous blanchis, épargnés ! »


    Rien que ma manière de recourir au NOUS en irrite déjà des milliards qui préfèreraient ne pas être impliqués dans ce que je dis. « Arrête Easy, je n’ai rien à voir avec ça, je suis innocent, lâche-moi ». C’est le cercle vicieux de l’innocence et non celui du crime qui est le problème de fond.

    Qu’à chaque début de guerre, chacun déclare qu’il est co-responsable de la tension et la guerre n’aura pas lieu. Que chacun se prétende innocent et elle a forcément lieu.

    Ce qui se passe au premier plan est qui est contrôlé est TOUJOURS un masque. Accuser autrui (comme nous le faisons à longueur de topics ici) masque la réalité de notre besoin de nous innocenter. Dieu seul sait de quoi, lui qui a séparé les hommes en coupables d’un côté et innocents de l’autre.

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