C’est justement ce qui est grandiose dans cette affaire, on reconnait que l’art peut avoir un pouvoir mystérieux. Ce que Twombly lui-même reconnait, car à Houston il raconte que chaque dimanche une femme se déshabillait toute nue et dansait devant ses toiles. Or, au nom de considérations qui ne sont pas artistiques mais marchands on en vient à nier le pouvoir de l’art, l’amour qu’il peut provoquer.C’est donc bien un combat , une lutte à mort des marchand de l’art contre l’amour.
Quant à la réaction de Lerma, vous êtes à côté de la plaque mon cher. Vous croyez parce qu’on est au RMI qu’on ne peut pas être jolie, et donner à voir autre chose que l’image sordide de la pauvreté. Vous devriez lire Nietszche, comment faire de sa vie une oeuvre d’art.
J’ai lu une réaction qui cite Bertrand Lavier, lequel compare le Baiser de Rindy Sam à la destruction des Bouddhas par les Talibans. Lavier se vante d’être un artiste qui ne travaille pas. Il se vante de rouler en Ferrari et de fumer des cigares. Il a déclaré : « Une Formule 1, c’est une des émanations les plus pointues de l’intelligence humaine » (Bertrand Lavier Editions de la Réunion des musées nationaux sept 1995, p. 23 et 48). Il expose des objets qu’il fait monter sur socle par un soclier professionnel, (donc il n’intervient pas), des bidons à lait, des cones en plastique de signalisation, des portes de frigo, des porte revues, une serrure achetée aux galeries Lafayette. Le Frac du Nord pas de Calais a acheté une toile de montgolfière, le Frac de Strasbourd une épave d’Alpha Roméo.
De plus ce monsieur prétend que ses oeuvres n’ont pas besoin de discours, ni de concepts, « qu’elles parlent d’elles mêmes » Avec Bertrand Lavier on est dans le règne de la croyance, le Taliban c’est lui. Pourquoi inculquer le goût de l’effort, de la rigueur à nos enfants, si un monsieur (artiste maison de la galerie Lambert) comme Lavier peut du haut de son arrogance se prévaloir du titre d’artiste sans avoir ni à construire une oeuvre, ni à construire un discours sur l’oeuvre. En plus, Lavier entretient une grave confusion sur les objets. Il brouille nos repères, il met sur le même plan des objets industriels et des objets artisanaux.
Je le dis tranquillement le travail de ce monsieur fait l’apologie de la société de consommation et de ses dérives. Alors quand en même temps ce monsieur se permet de condamner l’acte rempli d’amour de Rindy Sam... On croit franchement rêver...
D’autre part, il semble que le bristol à neuf millions d’euro en vente sur eBay ait été égaré, le vendeur proposant de vendre que le concept, je commence a avoir le vertige avec cette histoire
Bonjour, bonsoir, je suis éreintée, figurez-vous que je reviens du procès de Rindy Sam et j’ai appris des choses assez incroyables. D’abord la toile est blanche et non peinte. C’est un chassis qui a été acheté dans un magasin. Ensuite la restauratrice évoque un montant de 33000 euros pour la restauration, quand l’avocat de la défense a obtenu un montant auprès d’un autre expert de 1500 euros. Puis la collection Lambert demande 20000 euros pour les dommages et enfin M. Lambert réclame deux millions d’euros pour cette toile non peinte, qui pourrait très bien être interchangée.
L’un des avocats de la défense a expliqué que la collection Lambert cherchait à surévaluer cette histoire pour gagner de l’argent. Mais le plus intéressant est à venir, le deuxième avocat a expliqué qu’on ne pouvait pas condamner Rindy, parce que le statut juridique de la collection Lambert n’était pas conforme. En gros, la Collection se présente comme un établissement d’intérêt public, un statut qui l’oblige à certaines obligations, en échange de subventions. Or, de fait, en l’absence de convention avec la ville d’Avignon, pendant des années la collection a reçu des subventions, a bénéficié de l’usage de locaux sans contrepartie. En gros, la Collection Lambert est la vitrine commerciale financée par la collectivité de la collection privée de Lambert. L’avocat a exhibé un document qui avait été signé deux jour avant. Du coup, une toile dans un lieu qui n’est plus un musée mais une association privée, ne bénéficie plus du même statut. On ne peut pas par exemple plaider la détérioration d’un bien qui appartient au patrimoine national. et ce genre de chose.
Vous avez rédigé un article avc lequel je suis tout à fait d’accord. Vous savez qu’à Avignon, la collection Lambert a décidé d’organiser un exposition qui commence le 28 octobre : « J’embrasse pas ». De manière scandaleuse, la Collection envoie Riny Sam devant le tribunal et en même temps récupère l’évènement. Ce qui est intéressant c’est ce que dit Twombly. Car dans le dossier de presse de la Collection Lambert qui accompagne cette exposition, il y a le commentaire de Twombly sur l’affaire du Baiser rouge de Rindy rapporté par Eric Mézil directeur de la Collection Lambert : "Avec toujours une note de discrétion mêlée
d’humour caustique et mélancolique, il nous racontait qu’à Houston, Texas, dans le pavillon qui porte son nom à la célèbre Menil Collection, un gardien délogea chaque dimanche pendant un mois une femme qui payait son ticket, entrait dans la salle qu’elle préférait où des oeuvres de Twombly étaient exposées. Quand le gardien avait le dos tourné, rituellement, elle se déshabillait pour danser toute nue devant les toiles du maître... La semaine dernière, Twombly me demandait quel étrange pouvoir ses oeuvres peuvent-elles avoir sur les ladies de Houston et les demoiselles d’Avignon ?"
Donc ça veut dire que Twombly lui-même reconnaît qu’il existe un pouvoir mystérieux dans l’art...