Kamel Daoud : « Certains religieux lancent des fatwas grotesques : il est interdit de faire l’amour nu, les femmes n’ont pas le droit de toucher aux bananes, un homme ne peut rester seul avec une femme collègue que si elle est sa mère de lait et qu’il l’a tétée !
Le sexe est partout.
Et surtout après la mort.
L’orgasme n’est accepté qu’après le mariage — mais soumis à des codes religieux qui le vident de désir — ou après la mort. Le paradis et ses vierges est un thème fétiche des prêcheurs, qui présentent ces délices d’outre-tombe comme une récompense aux habitants des terres de la misère sexuelle. Le kamikaze en rêve et se soumet à un raisonnement terrible et surréaliste : l’orgasme passe par la mort, pas par l’amour. »
La misère sexuelle du monde arabe -du mâle arabe- qui n’a comme achèvement de faire chier la femme...
Le Figaro : Avez-vous la nostalgie de la présence française ? Boualem Sansal : Comme 80% des Algériens. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes nostalgiques de la colonisation. Mais au temps de la présence française, l’Algérie était un beau pays, bien administré, plus sûr, même si de criantes inégalités existaient. Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des pieds-noirs. S’ils étaient restés, nous aurions peut-être évité cette tragédie.