Madame Walter, le mien a appelé il y a une heure depuis son usine, il n’y a pas d’électricité pour les particuliers mais son usine en a - comme pour les hopitaux les usines sont prioritaires. Il n’y a pas de net, pas de 3G, évidemment pas la télé dans une usine, donc à par le téléphone portable pas grand chose pour être relié au monde. Il ne savait même pas que la centrale a explosé ce matin, c’est moi qui lui ai appris. Je pense qu’il peut écouter la radio dans sa voiture, même s’il n’y a plus d’essence j’imagine qu’il en a encore assez pour écouter la radio. Ses collègues évidemments n’en savent pas plus. Je ne l’appelle pas, j’attends qu’il rappelle.
On se fait une image très fausse du Japon ici. En particulier sur l’écologie. Mais aussi sur la société. Pour faire simple on dira que la population est calme par rapport à l’agressivité qui prédomine ici, les libertés individuelles sont respectées, le pays est organisé quand les circonstances ne sont pas exceptionnelles les trains sont à l’heure, les distributeurs fonctionnent, les boutiques restent ouvertes le soir. Mais par exemple les écoles sont de vastes bazars, pas « carcérales » comme les écoles françaises, et la maitresse est au milieu des bambins, pas « au tableau et par coeur ». Quant aux rapports dans l’entreprise c’est simplement ahurissant, Amélie Nothomb n’a certes pas eu de chance mais globalement c’est quand même assez représentatif.
Tokyo c’est 90 km au sud-est, je pense que ça ne fait guère de différence. Je crois que nous partageons la même angoisse. Quoique à Tokyo peut-être est-on mieux organisé que dans les « trous » pour protéger la population ? Donner des comprimés d’iode ?