Vous avez tout-à-fait raison : le respect de soi-même, des parents, de son prochain, s’apprend d’abord dans la famille, ensuite en fréquentant des établissements où l’autorité, le goût d’apprendre, le bon esprit, l’amour du travail bien fait, sont partagés par tous comme des valeurs essentielles.
Et si ce n’est pas le cas, si ce n’est pas un élève isolé qui a ce défaut, mais presque tous les enfantss, vous ne pourrez jamais vous imposer, vous ne pourrez jamais faire votre métier. Même avec les livres de M. Villach ou les conseils. Cela vous demandera une énergie surhumaine, et vous finirez par vous faire dépasser. Pour ces enfants, il faudrait des instituteurs hyper-chevronnés, des petits effectifs, des équipes spécialisées avec assistante sociale, un appui éventuel des services spécialisés, etc.
Alors, fuyez cet établissement où vous serez broyée, et choisissez des établissement avec des enfants qui vous ressemblent.
Si la direction du personnel enseignant dont vous dépendez ne veut pas vous donner une affectation qui vous convienne à cause du sacro saint mouvement national des personnels (mis en place par les syndicats), allez dans le privé.
Allons Chanteclair, n’éliminez pas sans répondre un propos désagréable, comme ça d’un revers de main.
Tout le monde a été à l’école, au collège, au lycée, et puis en fac. Ensuite, tous ceux qui ont des enfants voient fonctionner une école primaire, puis un collège. En plus il y a beaucoup de gens qui ont fait de l’enseignament, ou qui ont eu l’occasion de travailler dans l’Éducation nationale, ou qui ont des frères et soeurs qui y travaillent à un titre ou à un autre. L’Éducation nationale n’est pas comme l’industrie chimique que très peu de personnes ont eu l’occasion d’approcher.
En puis surtout, c’est l’éducation NATIONALE, c’est-à-dire la nôtre, et manifestement les enseignants qui s’en croyaient propriétaires (ce dont témoigne votre argument) sont complètement dépassés par le golem qu’ils ont fapriqué.
Prenons un premier détail dans ce que je disais, le plus facile.
Est-ce que ce ne sont pas les syndicats qui contrôlent tout les système de notation, de promotion et de gestion du personnel. Et de quel droit s’immiscent-ils dans des évaluations qui devraient être neutres ? Cette cogestion est tellement un secret, que les ministres sont surpris quand ils le découvrent.
Est-ce que les poste dans les établissements les plus faciles ne sont pas donnés aux professeurs chevronnés, agrégés, et les postes les plus difficiles, dans des établissements tour de Babel, à des débutants, souvent simples contractuels ou stagiaires en premier poste ?
Il n’existe aucune autre organisation au monde qui fasse faire le travail le plus difficile aux apprentis et aux débutants, et qui garde le plus difficile et le plus pénible pour les cadres expérimentés.
De quel droit les syndicats ont-ils une influence et même leur mot à dire sur la gestion des ressources humaines ? Et aussi sur les programmes, les droits de l’homme, et tout un tas de sornettes politiques ? Est-ce que c’est aussi le rôle des syndicats dans le corps des Ponts et chaussées, dans l’armée, chez EdF, Renault, Thomson, Bouygues ?
Et pourquoi les syndicats acceptent-t-ils, années après années, qu’il y ait des surveillants ou des enseignants ou des surveillants maîtres auxiliaires, ou vacataires, c’est-à-dire privés à la fois de la protection du statut de la fonction publique ET de celui des employés du privé ?
Là, ce serait le boulot des syndicats, puisque c’est en contradiction avec le statut de la fonction publique. Mais comme ça arrange les enseignants titulaires syndiqués d’avoir des ilotes auxquels on puisse refiler tous les postes dans les établissements pourris. Ca permet de se débarrasser du problème, en attendant la retraite. Et il n’y a jamais eu de grêve pour exiger que tous les employés de l’Éducation nationale aient un statut avaec les mêmes conditions, parce que sans ces supplétifs, il faudrait charger des titulaires de faire des remplacements dans des lycées où les titulaires sont en arrêt maladie la moitié du temps.
Le foutoire de l’Éducation Nationale est entièrement dû aux syndicats d’enseignants qui d’un côté ne ne jouent pas leur rôle, et de l’autre s’immisce dans l’administration et s’occupent de ce qui ne les regarde pas. Comme par exemple de promouvoir l’immigration, comme de contrebattre le prétendu autoritarisme des parents, ou comme de faire des commentaires sur le fonctionnement de la police.
Et si on commençait par imposer la parité des sexes dans le corps enseignant. Est-ce que ça n’améliorerait pas un peu l’autorité du corps enseignant ? Mais, allez-vous dire, les hommes n’ont pas plus d’autorité que les femmes, et d’ailleurs il n’y a pas de différence entre les sexes, chacun a les sexe qu’il veut, c’est un choix culturel, c’est la théorie du gender de Mademoiselle Butler. D’ailleurs il n’y a pas non plus de différence entre l’enfant et l’adulte. Le professeur a autant à apprendre de l’élève. D’ailleurs, toute connaissance est relative. Ce qui compte n’est pas le contenu de l’enseignement, mais d’apprendre à apprendre, le regard sur le monde et le vivre ensemble........
Contrairement à ce que vous dites, Monsieur le Professeur, il n’y a pas de projet actuel ou nouveau de privatiser l’Éducation nationale, parce que c’est déjà fait depuis cinquante ans. La privatisation de l’Éducation nationale est déjà complètement réalisée, en faveur de certains syndicats d’enseignants qui se sont crus investis de la mission de tout révolutionner, de tout changer, de tout affranchir, et qui sont devenus propriétaires de la structure administrative qu’ils (co-)gèrent dans l’intérêt exclusif de leurs adhérents et clients.
On trouve ce genre d’abus de pouvoir, par exemple, dans le fait que leurs appareils contrôlent le déroulement des carrières individuelles, alors que la fonction d’un syndicat est uniquement de défendre - sur un plan général et anonyme - les statuts des personnels (nom qui est donné aux conventions collectives dans le secteur public). Par exemple, le principe à tout travail salaire égal, qui devrait suffire à faire disparaître les maîtres auxiliaires en les payant autant que les professeurs titulaires. Ce contrôle individuel des carrières leur donne un pouvoir abusif sur leur adhérents, et par voie de conséquence défavorise injustement les non adhérents. Il a en plus l’inconvénient de récompenser la soumission à l’appareil et la conformité idéologique, au dépend des critères de capacité profesionnels objectifs.
Être un service public, ce n’est pas être au service des corps d’enseignants et de la défense de leurs petits avantages catégoriels, ni encore moins d’une faction de ces corps, mais être au service du public, des choses publiques, de la République. C’est-à-dire des familles, des entreprises, des traditions, des métiers, de l’ordre et de la paix sociale, de l’agriculture, du progrès, de l’histoire, de la gentillesse, des paysages, de la culture, de la vérité, des arts, des sciences, de la civilisation, etc. D’assurer d’une génération à l’autre leur transmission, leur protection, leur conservation, et non leur destruction, au nom d’un idéal de libération, de modernisation, de révolution qui n’a aucune légitimité.
En ce qui concerne l’autorité et son rétablissement, je ne trouve pas étonnant que la Bureaucratie de l’EN en vienne à préconiser ce genre de méthodes miracles de gestion des problèmes, tout-à-fait typique du pragmatisme américain depuis Benjamin Franklin (Comment devenir riche, comment se faire des amis, comment être cultivé, comment ne plus avoir peur des chiens, comment redevenir jeune, comment asseoir son autorité devant une classe de racailles..). Pendant ce temps là, Réseau Éducation sans frontières se donne beaucoup de peine pour saboter l’autorité publique en dehors de l’école, celle de la police, et paralyser l’exécution des mesures de limitation de l’immigration clandestine, celle qui justement pourrit toute la vie scolaire (Comment peut-on faire la classe dans des communes où, comme à Villiers-le-Bel, il y a maintenant 52 nationalités différentes et 2/3 des parents illetrés).
La bureaucratie de l’EN est imbibée de l’idéologie des grands ténors de Mai 68, comme Alain Geismar. Elle est donc radicalement révolutionnaire, contre l’autorité qu’elle considère comme toujours illégitime, même la sienne qu’elle prétend ne pas exercer, contradiction qui suffit à faire émerger un monde de fous. En effet, cette idéologie considère que son rôle est aussi d’éradiquer toute autorité des fonctions enseignantes ou éducatives, non seulement dans les écoles et les lycées qui dépendent de son administration, mais aussi dans les familles et dans l’ensemble de la société. En ce qui la concerne, elle parvient à surmonter la contradiction entre son discours anti-autoritaire et sa fonction d’autorité, en agissant de façon officieuse, sournoise, par coups de forces et par mensonges, ce qu’on appelle la terreur grise (pour l’ambiance, lire le Château de Kafka).
À force d’éradiquer tout ce qui fondait réellement l’autorité, l’enseignement en arrive à devenir complètement impossible. Or, ce genre de livre de recettes pour rétablir l’autorité sur des bases fonctionnalistes ou utilitaristes, est comme les produits miracles que les camelots vendent devant les Grands magasins.
Les relations sociales, et tout particulièrement les relations d’éducations, ne peuvent se réduire à la Raison, au raisonnement, au raisonnable, et à la négociation. L’enfant, comme le collègue, le conjoint, le voisin, le client ou l’ami, ne sont pas sensibles qu’au rationnel et à l’utile : il y a aussi l’admiration, la séduction, la passion, la beauté, l’irrationnel. D’une façon plus générale, il n’existe pas de rapport pédagogique sans autorité, et pas d’autorité sans rétablissement général du sens du sacré (dont le respect n’est qu’une modalité superficielle).
Comme à la base du sacré, il y a les religions dans ce qu’elles ont de plus archaïque : le rite, le mythe et la loi morale, ce seraient donc toutes les valeurs que l’Éducation Nationale a éradiquées qu’il faudrait commencer par restaurer, non seulement en recommençant à y croire et à les célébrer à l’école, mais aussi dans les familles. Pour cela il y a les arts et les traditions populaires.
L’école laïque, ou plutôt laïciste, ou plutôt même scientiste ou rationaliste, c’est-à-dire celle qui voudrait uniquement fonctionner sans transcendance, a atteint le seuil d’abstraction qui la voue inexorablement à la dissolution et au chaos. Ce mouvement de perdition ne commencera à pouvoir être renversé qu’à partir du moment où les autorités recommenceront à accepter l’idée que la pédagogie est d’abord fondée sur l’autorité, que la base de l’autorité n’est pas la rationalité mais le sacré. Et c’est là qu’on va s’apercevoir que le trou noir laissé par la sécularisation des religions occidentales traditionnelles (catholicisme, judaïsme) attire inexorablement d’autres religions ou ou d’autres paganismes pour prendre leurs places.
Pour qu’une science puisse être considérée comme exacte, il n’y a aucun besoin de nombres et d’équations mathématique : il faut qu’elle énonce des lois et que ces lois permettent de faire des prédictions qui se réalisent. par exemple un événement, une tendance, ou un renversement de tendance.
Or, la science économique est complètement incapable de prédire quoique ce soit. Elle pérore interminablement sur l’inflation, la dette, le chômage, le rôle néfaste de l’État, la main invisible, et autres thèmes qu’elle affectionne. C’est typiquement un discours idéologique.
Même les plus grosses crises, comme celle de 2008, ne sont pas prévues par les économistes (Par exemple, Paul Jorion est à la base un anthropologue, pas un des nombreux profs qui enseignent l’économie dans le supérieur).
Vous faites une erreur sur l’objet de la science économique, on voit que vous êtes un individualiste : la science économique ne porte pas sur « le comportement humain », mais plutôt sur les sociétés et des comportement qui sont sociaux (ceux des consommateurs, des employeurs,..).
Ce n’est pas une science humaine, mais une science sociale.
"1- Vous avez l’air de connaître le fonctionnement de l’Inquisition
intimement liée aux pouvoirs politiques, l’un secondant l’autre.«
J’ai mal dû m’exprimer : ni l’église, ni le clergé n’ont rien à voir avec la condamnation du Chevalier de La Barre, ni comme plaignant, ni comme magistrats, ni comme partie civile : c’est un procès purement laïc devant les juridictions pénales ordinaires (le tribunal prévôtal du lieu) avec une incrimination faite par le parquet pour une incrimination qui est l’équivallent actuellement de »dégradation volontaire de monument public commise en réunion", faute pour laquelle il n’été prévu qu’une peine d’amende honorable, et pas de peine de mort.
"2- Rappelez-moi les griefs reprochés au jeune Chevalier de La Barre,
dont une statue se trouve sur les jardins en pente près du Sacré-Coeur
de Montmartre et que je ne manque pas d’aller saluer chaque fois que
vais à Paris.«
Tous ces mythes de la répression sanglante des délits d’opinion par l’Église sous l’Ancien Régime ont été inventés après 1870 par les Républicains pour justifier l’éviction du Clergé des fonctions d’enseignement. Ce monument placé en face du sacré Coeur en témoigne.
Le fait est qu’on ne peut pas citer un seul exemple en France de personne mise à mort par l’église pour délit d’opinion, par contre, à partir de 1789 on en trouve des centaines de milliers, si ce n’est pas des millions. Trouvez-moi en France un Fouquier-Tinville au XVIIIe siècle, au XVIIe siècle, au XVIe siècle, etc. Auparavant, ce sont d’autres époques, avec d’autres moeurs, comme pour l’Antiquité.
»3-« Le clergé n’avait ni police, ni juridictions répressives », écrivez-vous.
On rêve ! Comment s’appelait le « tribunal de la Sainte Inquisition » ?"
L’église de France ne disposait pas plus d’institutions répressives sous l’Ancien Régime qu’actuellement : ses seul tribunaux, appellés official, s’occupaient d’une part de régularité des sacrements (annulation de mariages, dispenses de consanguinité, sépultures, erreurs d’État civil,..) tant pour les catholiques que pour les deux autres religions officiellement autorisées, Réformée et israélite, d’autre part de la discipline ecclésiastique, par exemple un moine qui commet un vol dans le monastère, une religieuse qui a un différend avec son abbesse, un curé qui bat son vicaire, etc..Mais en cas de peine grave, les officialités devaient s’en remettre aux juridictions répressives laïques. Le tribunal qui a condamné Jeanne d’Arc était un tribunal spécial constitué par l’évêque Cauchon spécialement pour elle, qui aurait été considéré comme illégal en France. Mais le diocèse de Rouen était anglais depuis sa prise en 1419 par Jean, frère d’Henri V Plantagenet. Cauchon, qui était ancien recteur de l’Université de Paris, était un des principaux chefs politiques du parti anglais, ancien chef de la révolution cabochienne, cumulant sur sa personne les titres ecclésiastiques qu’il confisquait à ses adversaires, devenu extrêmement riche ; il avait déjà constitué ce genre de cour martiale à Reims, après la conquête de la ville, pour éliminer ses adversaires politiques.
L’inquisition n’existait plus en France depuis le XIIIe siècle, et le servage personnel depuis le XIIe siècle (et non en 1789).
Les autres pays ont des histoires différentes : la dictature
théocratique de Calvin connue sous le nom de République de Genève et l’exécution fumante de Michel Servet pour délit d’opinion, les massacres anabatistes et les
exécutions de sorcières en Allemagne, les persécution puritaines en
Angleterre sous Cromwell, sont plutôt le fait de Républicains enragés, ennemis de l’Église, et ne sont pas transposables en France.