Français, 54 ans, médecin spécialiste, diplômé de Sciences politiques, vit en Alsace, milite en faveur de la souveraineté nationale, de même que les deux autres signataires de la "Lettre ouverte aux parlementaires".
Oui, bien sûr, très bien les exemples Norvège/Finlande/Suisse/Islande, et le rappel de « l’européanité » du monde slave, Russie en tête ! Et ça, ça ne plaira pas à tout le monde à Bruxelles, surtout pour la Russie, car c’est la négation même de « l’Europe » telle que la conçoivent les eurofédéralistes. La Russie y est insoluble !
A propos, voici la copie d’un article que j’avais écrit pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace en avril 2005. Ca reste d’actualité :
« Répondons logiquement à la question : faut-il cette Constitution à l’Europe ?
1) Supposons que l’Europe existe et que la Constitution soit bonne. Devons-nous l’adopter ? Une Constitution est la norme que se donne un peuple pour établir son État. S’il est des États sans Constitution (ainsi le Royaume-Uni), il n’est pas de Constitution sans État.
La Constitution donnerait la personnalité juridique à l’Union (art. 7) et créerait un super-État nouveau. Y a-t-il un peuple européen voulant un super-État fédéral, où les décisions se prendraient à la majorité, sans droit de veto des pauvres États-nations qui ne contrôleraient plus ni leurs lois (art. 6), ni leurs frontières, ni leur monnaie, ni leur commerce, ni leur diplomatie, ni leur défense ? Non.
Les peuples d’Europe avec leurs identités, leurs langues, ne font pas un peuple européen, en l’absence d’un sentiment d’unité qui n’existe pas de la France à la Lituanie et de la Suède à Chypre. Sans peuple uni, pas d’espace public de débat, donc pas de démocratie. Sans democratie, une Constitution n’est qu’un code de « gouvernance » pour gouvernement des juges et oligarchie.
Ainsi, Constitution veut dire État ; or les conditions ne sont pas réunies pour un État fédéral ; donc nous ne pouvons vouloir une Constitution.
2) Supposons pourtant que l’Europe existe et qu’elle se veuille État fédéral. Est-ce la bonne Constitution ? Non. La Constitution est mauvaise et dangereuse. Mauvaise car la séparation des pouvoirs n’y est pas assurée entre la toute-puissante Commission et les autres instances. Mauvaise encore, et la Gauche le souligne, car elle sacralise un ultra-libéralisme avec son cortège d’usines délocalisées et de chômage. Dangereuse aussi car le mot « minorité » (art. 2 et 81) y figure, concept étranger à la tradition française, qui ne connaît que des citoyens égaux.
De cette boîte de Pandore sortirait une suite infinie de revendications séparatistes et communautaristes ruinant les États-nations. Dangereuse enfin en soumettant notre défense à la volonté américaine à travers l’OTAN (art. 41).
3) Même si la Constitution était bonne et nécessaire, l’Europe existe-elle ? Non. L’Europe est un concept flou. Concept géographique ? Mais alors la Russie d’Europe en fait partie. Or la Russie s’étend jusqu’en Extrême-Orient... Concept politique ? Mais avec quelles limites ? Certains fédéralistes ne lui donnent aucune limite, voulant y faire entrer la Turquie. L’Europe est ainsi étendue à la dimension d’une Utopie, en devenant un ensemble affranchi de toute identité de civilisation, destiné à s’élargir sans fin.
Fédéralisme impossible, Constitution mauvaise, territoire indéfini : nous disons, logiquement, non.
A ceux qui disent que la France est incapable de se réformer seule, nous repondons que si la réforme est indispensable pour affronter les défis migratoires du XXIe siècle, le fédéralisme précipiterait le déclin. A ceux qui disent que la paix est au prix du fédéralisme, nous répondons que ce sont les empires qui font la guerre aux nations, et l’Union de Bruxelles serait un empire...
Pour que voie le jour une grande confédération des nations, et non la fédération artificielle de la Constitution, de tout mon coeur de Français, le 29 mai, je voterai non."
Cher Felix (« heureux » donc, heureux d’être suisse !),
Oui, cela fait du bien d’entendre une voix venue du pays de la liberté vraie, de la chère Suisse, qui ne se rend à personne, et moins qu’à tout autre, à Bruxelles. On peut vivre heureux sans se fédérer en Europe, et vivre prospère. Une TVA en-dessous de 10%, des impôts modérés par les citoyens : c’est beau, c’est exemplaire ! Oui, une vraie démocratie, vue de laquelle notre pauvre France fait pâle figure...
Je trouve intéressantes les positions de l’UDC, ferme sur l’indépendance et l’immigration sans être extrémiste. Qu’en est-il à votre avis ?
Je vous réponds sur Jean Monnet. C’était un agent d’influence anglo-américain, habillé en Charentais. Vous avez deux livres excellents à ce sujet :
- Philippe de Villiers : « La 51è étoile du drapeau américain » (Albin Michel, 2004) où le chapitre consacré à Jean Monnet ne laisse aucun doute sur le fait qu’il prenait ses instructions à Washington, et que le projet fédéraliste européen était celui de Wall Street.
- Jean-Pierre Chevènement : « La faute de M. Monnet » (?, 2007)
Oui, tout cela est juste. Sévère mais juste. Je crois que cette question des « minorités » que l’on veut susciter contre les Etats-nations est peut-être le seul argument trop peu connu qui peut en faire réfléchir plus d’un. Continuons à approfondir et à donner des faits.