Je suis en train de feuilleter l’excellente compil des articles de Jaurès dans La Dépêche du Midi. Avec les situations locales (lutte des vignerons du Midi, droits de douanes intérieurs, mineurs de Carmaux, etc...) pour lesquelles il a pris fait et cause, les racines occitanes du grand Jaurès auraient pu nourrir un régionalisme étriqué, exclusif. Au contraire, de cette réalité il en a produit ce que l’universalisme et l’humanisme a produit de meilleur... « La réalisation de l’unité humaine ne sera féconde et grande que si les peuples et les races, tout en associant leurs efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent, dans la vaste Internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et l’originalité de leur génie » (J. Jaurès 15 oct 1911)... Avec un tel slogan, le Jaurès il aurait trouvé sa place à Carhaix ou à Quimper ?
« D’un côté Jlm a raison de bien expliquer les enjeux mais il eût été plus sioux de profiter de la manif pour expliquer ça à ttble monde en tractant » Et encore plus sioux les merdias qui n’auraient pas manqué de filmer des drapeaux du PG dans la manif de Quimper (où il y avait le FN aussi ?) ; avec 2 manifs ces mêmes merdias sont mis face à leurs responsabilités de dés/information et in fine, au-delà de l’émotion, c’est l’éducation populaire qui y gagne... A Quimper c’est un enfumage supplémentaire sur les vrais raisons de la crise : l’« identité » régionale, avec tout l’affect et l’émotion qui vont avec et empêchent donc toute réflexion rationnelle...
Mélenchon, pas le chef, 100% d’accord... Mais l’Instituteur, celui qui par sa culture, sa connaissance approfondie des ressorts bassement et hautement humains, Institue l’Humanité dans le citoyen qui l’écoute et qui s’en inspire... Ou le « tuteur » qui aide à grandir droit vers le ciel, les pieds bien enracinés dans les meilleures valeurs et l’universalisme que notre histoire a pu produire (la Révolution)...
« François Hollande a été balotté par les évènements, faute d’avoir su les anticiper. » Pouvait-on attendre autre chose d’un capitaine de pédalo par très gros temps ?
Article intéressant qui a le mérite de poser un vrai débat.
Vu l’état des lieux du fonctionnement démocratique actuel de notre pays (lobbies, fonctionnement verrouillé des partis, professionalisation du politique, etc...), le passage à un tirage au sort intégral n’est pas la solution ; je me retrouve dans nombre de positions que Scual exprime dans ses commentaires. Mais j’irais plus loin que lui : oui les medias sont déterminants dans les choix et les évaluations des élus, et donc dans les manipulations ; mais le verrouillage du fonctionnement des partis est aussi problématique et entre pour beaucoup dans l’aspect sclérosé de la vie démocratique contemporaine, la vidant de tout contenu, la réduisant à des rites, les choix et décisions importantes étant faits ailleurs... Je n’étais pas, il y a quelque temps encore pour le tirage au sort ; mais ma réflexion évolue et j’en suis arrivé à la proposition suivante : pour toute assemblée existante (nationale, régionale, départementale, municipale) que l’on introduise un système de proportionnelle intégrale, dans lequel des sièges -dont le pourcentage correspondrait exactement à celui de l’abstention- seraient pourvus par des « tirés au sort » parmi les abstentionnistes ; dans un tel système les élus pourraient toujours appuyer leur légitimité sur le nombre de voix obtenues (nécessaire pour contrecarrer l’influence des lobbies), et les « tirés au sort » sur la légitimité des abstentionnistes (nombre de ceux qui ne se retrouvent dans aucune des offres des partis et qui ne doivent pas être « annulés » pour autant de la vie d’un pays) ; les « tirés au sort », de par leur indépendance absolue, joueraient ainsi les « mouches du coche » ou « électrons libres » obligeant de fait les partis à se recentrer sur leur véritable travail : laboratoire des projets nationaux, régionaux, départementaux ou municipaux ; travail pédagogique de débat, d’argumentation, et in fine recherche du consensus sur les propositions de lois ou de textes... Bien évidemment des mécanismes de contrôle de l’action, de révocation des élus, de mandat unique devraient accompagner ces dispositifs... Mais pour les organes délibératifs, le rôle actif des citoyens à travers l’acte de l’élection doit être fondamentalement conservé et pas laissé au hasard d’un tirage au sort généralisé (l’article fait abstraction totale des « projets », « programmes » qui sont autant d’instruments utiles à la formation et à la détermination du citoyen)...