Effectivement la population a peu d’appétence pour ce vaccin malgré la campagne médiatique colossale (journaux, spots radio, pub télé). C’est un échec sur ce plan et les raisons de la méfiance populaire sont nombreuses. Mais c’est un autre débat.
Heureusement que des hordes ne prennent pas d’assaut les centres vaccinateurs car le goulot d’étranglement est là. On ne pourrait y vacciner davantage de monde. Si devant moi il y avait eu 30 personnes au lieu d’une dizaine, il y aurait trois heures d’attente. C’est mathématique.
Je crois que tu surestimes la capacité du Service de Santé des Armées. As tu fait ton service militaire ? Moi oui il y a 20 ans. A la fin de mon année perdue, j’avais compris qu’un militaire n’est rien de plus qu’un bureaucrate avec une arme
C’est sur la base du rapport très officiel du Haut Conseil de la Santé Publique [1]
publié cet été, que la France a commandé ses 94 millions de doses, soit
10% de la production mondiale. On y trouve quelques vacheries type
Ponce Pilate, sur l’adjuvant : « Concernant les
adjuvants de type émulsion lipidique, il est impératif d’insister sur
l’absence de données de tolérance à long terme lors de l’utilisation de
cette classe d’adjuvant, notamment en cas de vaccination de masse. La
perspective d’utiliser dans ces conditions un vaccin contenant un
adjuvant stimulant fortement l’immunité chez des sujets dont le système
immunitaire est en pleine maturation ou modifié n’est pas sans soulever
de nombreuses questions et doit être étudiée ».
Mais ce qui est particulièrement intéressant c’est l’estimation de l’efficacité des scenarii vaccinaux (page 14) selon la vitesse d’exécution : « L’impact
de la vaccination, en termes de réduction du nombre total de malades,
est d’autant plus grand que la couverture vaccinale est large, que le
vaccin est efficace et que le schéma vaccinal est complet (deux doses
de vaccin prépandémique). » « Quelque
soit le scénario, le début tardif de la mise en œuvre de la vaccination
(à J30 au lieu de J0 la rend inefficience d’un point de vue
épidémiologique. »
« La vaccination des adultes de 15 à 45 jours réduit la baisse du taux d’attaque de près de 50 % (15 % vs 22 %). »
En résumé, contre le H1N1, la seule action efficace pour endiguer la vague virale c’est la blitzkrieg ou “guerre éclair” de la vaccination, mais pas la guerre de tranchées s’étalant sur plusieurs mois !
Pour répondre à votre question, mes deux autres enfants mineurs avaient reçu le fameux bon. Par contre tous les trois ont bénéficié du PANENZA, c’est à dire le vaccin sans le fameux adjuvant. J’ai hésité pour les faire vacciner, mais il y a encore 15 jours il était plus difficile qu’aujourd’hui de résister au matraquage gouvernemental et des experts. Mais quitte à se faire vacciner, sachant qu’il faut au moins 3 semaines pour avoir une immunité, il faut le faire dès que possible et pas plusieurs semaines après que l’épidémie soit passée. Pour ces différentes raisons le 10 décembre, alors que le pic épidémique n’était pas passé, le rapport bénéfices/risques du Panenza me semblait bien supérieur au Pandemrix.
Une précision. Aujourd’hui en France, la vaccination contre la grippe saisonnière n’est pas gratuite. L’assurance maladie ne prend en charge que le vaccin des seuls patients à risque. Cela fait quelques millions quand même de doses. Cette vaccination se fait en cabinet et non pas comme pour la grippa dans des centres de vaccination. Il n’y a pas de facturation particulière de cet acte. En général les médecins vaccinent leurs patients au cours d’une consultation classique de renouvellement de traitement chronique.