Problème : Sylvie François n’existe pas. Pas besoin d’être policier aux Renseignements Généraux, pas besoin d’une longue enquête de terrain d’un journaliste chevronné. Juste quelques clics pour se rendre compte que Sylvie François est un fake. Un fake que les médias n’hésitent pas à interviewer, sans prendre de précaution, sans s’interroger sur qui se cache derrière.
Une petit précision : j’habite ce quartier depuis maintenant plusieurs années, cinq ou six pour être exact. Et il est facile de se renseigner à La Goutte d’Or. Pour avoir de nombreux contacts avec les élus locaux - plusieurs ont répondu à mes questions lors de la précédente campagne des municipales - de l’extrême gauche à l’extrême droite, pour fréquenter l’ensemble des lieux de vie du quartier qui a tout du village, il est intéressant de constater que personne ne connaît cette Sylvie François (ni même sa photo que l’on peut trouver sur son profil Facebook).
Pour la première fois de son histoire, le Mossad s’est doté d’une sorte de directeur de conscience. Meïr Dagan, le patron des célèbres services de renseignements israéliens, a recruté un rabbin. Si son nom est tenu secret, sa mission, elle, est clairement définie : il doit répondre aux questions religieuses auxquelles sont confrontés dans leur travail quotidien des agents secrets pratiquant leur foi.
Elles sont nombreuses. Par exemple, que doit faire un officier traitant lorsqu’il rencontre une de ses « sources » dans un restaurant non kasher ? A-t-il le droit de violer les règles alimentaires très strictes du judaïsme pour assurer sa couverture ?
Le quotidien israélien Yedot Ahronot a évoqué un autre dilemme de taille. En cas de mariage, les membres du Mossad sont tenus à un strict secret professionnel. Ils ne peuvent révéler à leur épouse la nature de leurs activités.
Or la loi religieuse stipule que la mariée, si elle découvre que son mari lui a caché qu’il menait une vie dangereuse et ne pouvait de ce fait pas faire face à toutes ses obligations conjugales, était en droit de demander le divorce et obtenir des compensations auprès d’un tribunal rabbinique.
Le rabbin du Mossad est censé désormais plancher sur les textes de la Torah pour trouver des solutions.
(source : Marc Henry (à Jérusalem) - Le Figaro du vendredi 11 juin 2010)