C’est la conscience de classe, ou plus simplement le fait de choisir si l’on est du côté des patrons ou du côté des ouvriers, qui empêche chacun de se ranger du côté du plus fort. Si cette morale s’efface, retour à la case départ, l’armée est défaite, alors adaptons nous et collaborons, air, hélas, connu. D’ailleurs, il n’échappe à personne que de nombreuses firmes nomment « collaborateurs » leurs employés.
Collaboration qui va jusqu’à adopter la morale de l’adversaire : accepter la rémunération au mérite, engraisser des écoles de luxe pour faire de ses propres enfants de parfaits ingénieurs, placer ses petites économies dans de vieux studios minables loués meublés (pas de bail...) à des nécessiteux pour assurer sa retraite au cas où... Et venir pleurer au syndicat, auquel on ne cotise pas, le soir, après avoir tenté sa chance, le matin même dans le bureau du singe. Et, bien sûr, finir « apolitique-tous-pourris ». Racailles !!!
Et si, justement, l’intensité de la pratique sexuelle était liée au besoin de réaffirmer chaque jour la mâle domination ? Une pub restée célèbre disait « il a la voiture, il aura la femme », et vous remarquez qu’elle ne dit ni« il aura le plaisir », ni « il aura l’amour »...
Une époque de compétition forcenée, sorte d’état de guère permanent, fait du couple un lieu de paix et de sécurité, un côté « nid » ou « terrier », dans lequel justement on tente de tenir les rapports de force à distance, de prendre soin de l’autre et de soi en partageant la merde du mieux possible, pas par volonté d’un calcul équitable, d’une répartition équilibrée, mais par volonté de maintenir un espace d’actes gratuits.
Et l’amour ? Chaque fois que le désir (x2) a vaincu la vacherie du quotidien (x3), comme un rayon de soleil perce entre les nuages, au gré du vent....
Au niveau des morts, ou des blessés graves, il y a le nombre, mais il y a aussi des noms, au moins deux déjà : l’un s’appelle Peugeot et l’autre Renault....
S’il s’agit d’exprimer que le « nous » qui inclut a du même coup la nécessité d’exclure, rien de nouveau....
Mais justement, la question moderne n’est-elle pas de parvenir à dépasser cette limite ? La présenter comme une fatalité, une constante de l’histoire de la pensée, c’est vouloir imaginer le monde de demain comme étant un prolongement du monde passé. Dès 1935, Paul Valéry pose justement cette forme de raisonnement de continuité comme impossible.
Quant à inventer l’avenir sous la houlette d’un penseur qui a redécouvert sa religiosité.....