"Sur les rives du lac Léman, les langues commencent à
se délier. Les fanfaronnades anti-évasion fiscale d’Éric Woerth agitant, à la
fin de l’été 2009,la menace
d’exploiter une liste de 3 000 fraudeurs, volée à la
filiale HSBC de Genève, puis les propos accusateurs de Nicolas Sarkozy
vis-à-vis de la Suisse lors des deux dernières Réunions du G20 ont beaucoup agacé.
Et réveillé quelques souvenirs. Notamment celui de la visite du trésorier de
I’UMP (E Woerth) à Genève,le 23 mars 2007,en compagnie de Patrick Devedjian, alors
député des Hauts-de-Seine, tous deux étant venus à la rencontre intéressée du « Premier
cercle » des donateurs
suisses au candidat Nicolas Sarkozy. Début de soirée
au Crowne Plaza, puis réunion chic au caviar House rue du Rhône. L e voyage, paraît-il,
fut une réussite. Quelques jours auparavant, le futur ministre du Budget avait
écrit au ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, à propos d’une certaine
demande de Légion d’honneur...Au total, le « Premier cercle » piloté
par Eric Woerth a récolté plus de 9 millions d’euros auprès de personnes
privées, pour soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007* .
Mais, quelques années plus tard, des participants à cette
réunion caviar parlent**. Ils racontent, par exemple, que Florence Woerth logeait,
lors de ses nombreux séjours
à Genève en tant que directrice des investissements de
Clymène (2007-2010), dans un appartement des Bettencourt dans la résidence
luxueuse de Château-Banquet, que ce vaste logement était officiellement la
propriété de la société immobilière En Bergère Vevey SA, dont le siège est au
55 de I’avenue Nestlé, à Vevey, au cœur de l’empire du géant de
I’agroalimentaire***. Or un des administrateurs de cette société
immobilière serait particulièrement proche de maîue M.,
un avocat d’affaires genevois qui détenait la signature sur les comptes suisses
de Liliane Bettencourt et qui, de ce fait, était le pourvoyeur de Patrice de
Maistre en espèces, lorsque les besoins de celui-ci en la matière dépassaient ce
qu’il pouvait faire sortir du compte parisien BNP de la milliardaire. D’ailleurs
en juillet 2010, des émissaires de Patrice de Maistre ont entamé des démarches
pour convertir-autant dire « blanchir »- les avoirs d’un compte non
déclarédétenu à Vevey en propriété d’un
bien immobilier sur les rives du lac Léman, pour une valeur de plus de 40
millions d’€ à travers une société immobilière écran.
* La rivale du alors futur président
de la République, Ségolène Royal, n’aura récolté qu’un peu plus de 7 43000
euros auprès de donateurs privés, à la même époque.
** Tribune de Genève, 3 septembre 20I0.
*** Nestlé possède 29,7% du capital
de L’Oréal dont la famille Bettencourt détient toujours 30,9%. Depuis 20O4, ces
deux premiers actionnaires sont liés par un pacte qui donne un droit de
préemption
à chacune des parties si l’une des deux
décide de vendre ses parts."
Laissez moi vous citer un passage de l’excellent bouquin d’Antoine Peillon, « Ces 600 milliards qui manquent à la France » à propos de ce Woerth :
"Je n’ai pas besoin d’être devin pour savoir quelles autres
questions ont été posées ces deux jours-là à Éric Woerth. Une première série
d’interrogations l’ont sans
doute confronté aux liens particulièrement étroits
qui le liaient à Liliane Bettencourt et à ses plus proches conseillers. Comment
a-t-il pu aussi justifier I’embauche à
sa demande, de sa femme Florence par Patrice de
Maistre, fin 2007, en tant que directrice des investissements de Clymène, la
société de gestion des avoirs de Liliane Bettencourt ? En effet, le 29 octobre
2009 l’omniprésent Patrice de Maistre expliquait ainsi à Liliane Bettencourt qui
était Éric Woerth : « c’est le mari de Mme Woerth, que vous employez qui
est une de mes collaboratrices...
[...] Lui est très sympathique et c’est notre
ministre du Budget. t...] Il est très sympathique et en plus c’est lui qui
s’occupe de vos impôts, donc je trouve que ce n’était pas si idiot [d’embaucher
son épouse]. » Réciproquement le 23 avril 20l0,dans un contexte devenu
délicat, Patrice de Maistre expliquait à I ‘héritière L’Oréal, à propos de
Florence Woerth : « Je me suis trompé quand je I’ai engagée. t...] J’avoue
que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances [du Budget], il
m’a demandé de le faire. »
Comment a-t-il tenté, certainement de faire croire qu’il
ne savait rien, en 2008 notamment, des activités réelles de son épouse,
laquelle faisait alors virer, par
exemple, quelque 280 millions d’euros des comptes français
de Clymène sur des comptes d’UBS à Genève, ni de ses séjours presque permanents
à Genève, où
de nombreux témoins se souviennent qu’elle résidait (
presque à demeure u dans la luxueuse résidence de Château-Banquet Comment
a-t-il pu nier son excessive
proximité avec Patrice de Maistre, le gestionnaire de
toutes les affaires - même les moins claires - de Liliane Bettencourt et, par
ailleurs, I ‘employeur de son épouse
Florence au sein de Clymène, de fin 2007 à juin 2010,
alors qu’il écrit en mars 2007 au ministre de I’Intérieur de l’épogue, Nicolas
Sarkozy, pour appuyer la demande
de Légion d’honneur de ce grand argentier, obtient satisfaction
à ce sujet en juil1et2007 et procède lui-même à la remise de la décoration en
janvier 2008 ? Comment, surtout, a-t-il sans doute tenté de démentir que
l’argent en liquide qui lui était remis sous enveloppes par Patrice de Maistre,
au nom de Liliane Bettencourt, était en fait
P 176
destiné au candidat Sarkozy à ta présidentielle de
2007, alors que le photographe François-Marie Banier, intime de la
milliardaire, avait écrit dans un de ses carnets, en
date du 26 avril 2a07 :« De Maistre me dit que
Sarkozy demande encore de l’argent » ?"
Les commentaires et interviews (surtout ceux des Gérard Holtz, Thierry Adam, Nelson Monfort, les consultants sont bien meilleurs moins bavards et + précis), sont plus qu’insupportables surtout que la plupart se sentent obligés de meubler tout le temps (ils n’ont pas compris que la télé n’étaient pas la radio) . Surtout Adam et d’autres qui ne comprennent pas que les téléspectateurs regardent mieux l’écran qu’eux et voient et comprennent ce qui se passe souvent avant eux. C’est à cause de ce genre d’idioties crasses qu’ils passent (justement) pour des ringards. De plus on ne peut plus communiquer avec eux, si vous allez sur le site pour dire quelque chose, il n’y a qu’une seule possibilité, celle de questions standards pour blaireaux !
Voilà de quoi sont capables ces horreurs de puritains, hypocrites et malsains, qui passent leur temps à faire la morale au monde entier mais profitent de toute les occasions, même les plus sordides, pour se faire du fric.
J’en viens à souhaiter que l’enfer existe pour qu’ils y subissent les tourments les plus raffinés pour l’éternité, mais hélas comme on le sait ce n’est qu’une illusion fabriquée.
*J’avais entendu parler de cette lamentable affaire par Mermet...
C’est incroyable que si longtemps après il y en ai toujours pour essayer de falsifier des faits historiques. La rafles dite du « Vel’d’Hiv » a eu lieu le 14 juillet 1942 à la demande des nazis sous le patronage des SS Oberg et Danneker, mais les organisateurs principaux sont tous français :
René Bousquet secrétaire général de la police nationale Lois Darquié de Pellepoix commissaire général aux questions juives Jean Leguay adjoint de Bousquet André Tulard adjoint de Pellepoix Emile Hennequin directeur de la police municipale de Paris Pierre Gallien adjoint de Pellepoix Et d’autres serviteurs zélés de moindre importance.
Les arrestations ont eu lieu dans Paris et dans la banlieue, leur nombre était de 13 152 dont 4 115 enfants. Pierre Laval a insisté pour que les enfants soient arrêté avec leur parents ce que ne demandaient pas les Allemands.
Instructions de M. Hennequin, directeur de la police
municipale, aux agents de police lors de la Rafle du Vél’ d’Hiv’
Paris, 16-17 juillet 1942
« 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié
l’identité des Juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’ont pas à discuter les
différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...]
2. Ils n’ont pas à discuter non plus sur l’état de santé.
Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.
3. Les agents chargés de l’arrestation s’assurent lorsque
tous les occupants du logement sont à emmener, que les compteurs à gaz, de
l’électricité et de l’eau sont bien fermés. les animaux sont confiés au
concierge. [...]
7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximun
de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.
8. Les gardiens et inspecteurs chargés de l’arrestation
rempliront les mentions figurant au dos de chacune des fiches :
Indication de
l’arrondissement ou de la circonscription du lieu d’arrestation ;
« Arrêté par », en
indiquant les noms et services de chacun des gardiens et inspecteurs ayant
opéré l’arrestation ;
De parfaits petits bureaucrates bons fonctionnaires. Il y a eut une certaine déception chez les nazis et les
policiers français : le chiffre de 15.000 Juifs était « espéré ».
Il est vrai que certains policiers ont fermé les yeux ou prévenu des gens visés par cette arrestation mais ça été une toute petite minorité, mais néanmoins courageuse.