Le meilleur exemple de l’absurdité de ce programme d’armement est
l’annonce de la construction d’un super porte-avions français, « Le
France libre », alors que les drones et les missiles hypersoniques
règnent en maître sur le terrain de la guerre.
Depuis Azincourt c’est une vieille habitude française d’être toujours en retard d’une guerre...
Vous parlez dans votre article de « banalisation du mal ». Il s’agirait plutôt de fonctionnarisation du mal : pas de responsables ; « c’étaient les ordres ».
Oui. À la même époque que le procès Eichmann on voit apparaître la notion de « criminel de bureau » (anglais : « desk murderer », allemand : « schreibtischtäter »). C’est aussi à cette époque que Stanley Milgram fait sa fameuse expérience de psychologie qui étudie la soumission des individus à l’autorité et leur capacité à infliger des souffrances à autrui si l’ordre leur en est donné. L’’expérience montre qu’à la demande de l’instructeur environ deux tiers des participants sont prêts à envoyer des chocs électriques toujours plus forts jusqu’à être potentiellement mortels à un cobaye humain (heureusement complice) et que seule une minorité manifeste des scrupules de conscience et s’oppose à la continuation du test.
Le film I comme Icare réalisé par Henri Verneuil avec Yves Montand dans le rôle principal contient une séquence assez longue qui illustre cette expérience.