Les propos d’Hannah Arendt datent des années 60 et non 40.
Lesquels ?
Hannah Arendt n’a pas attendu le procès Eichmann pour s’exprimer sur le sionisme. En 1944 (elle a 38 ans) elle publie l’essai « Zionism reconsidered » qui est une critique très lucide de l’orientation nationaliste prise par la section américaine de l’Organistion sioniste mondiale à son congrès d’Atlantic City.
C’est un tournant dans l’histoire sioniste, car cela signifie que le programme révisionniste, si longtemps amèrement répudié, s’est avéré enfin victorieux. La résolution de la ville d’Atlantic va encore plus loin que le programme Biltmore (1942), dans lequel la minorité juive avait accordé des droits minoritaires à la majorité arabe. Cette fois, les Arabes n’étaient tout simplement pas mentionnés dans la résolution, ce qui leur laisse évidemment le choix entre l’émigration volontaire ou la citoyenneté de seconde classe.
Bien sûr, tout l’essai mérite d’être lu attentivement.
Au passage, c’est intéressant cette minorité qui accorde des droits à la majorité...
Oui. je sais. Israël c’est aussi B’tselem et Haaretz, mais ils ne sont pas assez nombreux pour changer les orientations de la politique israélienne. cela dit, ils jouissent certainement d’une plus grande liberté d’expression que celle que nous avons en France, notamment pour parler de ce sujet.
Au passage, j’aimerais bien savoir pourquoi mon commentaire qui contenait les liens sur les analyses de Yeshayahu Leibovicz et d’Abby Martin a disparu. Si ce n’est pas de la censure et de l’obscurantisme...
À tout hasard je remets le lien sur les propos de Leibovicz, qu’on ne peut quand même pas accuser d’antisémitisme : https://youtu.be/hMLxjZ4ZUPI
L’extrait d’Abby Martin était peut-être plus virulent, mais il montrait certains aspects pas très reluisants de la société israélienne. Ceux qui veulent s’informer le trouveront facilement sur Youtube.
Si vous voulez mais je n’ai pas l’impression que la société israélienne soit réformable. Ce que les gens reprochent à Netanyahou n’a pas grand-chose à voir avec les droits des Palestiniens, qui ne sont le souci que d’une minorité qui n’a malheureusement pas le pouvoir de changer les mentalités en profondeur. Ainsi, même si des gens comme Smotrich ou Ben Gvir sortent du gouvernement, les violences contre les Arabes vont continuer, la colonisation va se poursuivre, tout comme le nettoyage ethnique en Cisjordanie, à Gaza, et maintenant au Liban, quel que soit le gouvernement qui succédera à celui de Netanyahou, et la plupart des Israéliens répondront « who gives a shit ? » comme la femme interrogée par Abby Martin.