Je tiens à préciser qu’il n’est absolument pas question de véracité scientifique dans ce texte, je ne sais pas du tout ce qu’est une onde gravitationnelle et j’ai juste cherché à rêver un peu à partir de ce que je crois avoir confusément compris. L’inspiration est plus du côté d’Edgar Allan Poe, que j’ai lu ado et dont je me souviens sans m’en souvenir, que de Bachelard, que j’ai cité dans un mémoire de fac mais dont j’ai moins de traces (et cela se sent dans le propos souterrainement catastrophiste de mon texte). Cela n’empêche pas que cette phrase que vous donnez soit belle et juste.
Ça n’explique pas tout, mais ça doit avoir quelque incidence. Le combat américain est d’avant-garde, en détruisant les infrastructures pétrolières, on simplifie les règles du jeu techno-économique et on réduit la liste des participants.
Trop de passé, c’est aussi un défi à l’imagination, qui se recroqueville, peureuse de ne pas être à la hauteur de ce qui fut autrefois glorieux et maintient sa légitimité dans le présent par la force du récit. C’est aussi le meilleur moyen de reproduire le narcissisme qui consiste à se penser comme l’héritier fier de tant de traditions oubliées ou pas.
Et pour en revenir à l’imagination, c’est bien joli de la porter au pinacle comme ça, mais le métadiscours ne suffira jamais. Seule une expression viscérale, sanguine, surgissant du fond des entrailles du dégoût du monde actuel, permettra de fonder les ressources nécessaires pour faire émerger dans le réel les « images » qui nous fascinent à l’intérieur. Mais comme vous le notez, le monde actuel offre toutes les voies à ces expressions : rage sur les réseaux, harcèlement sur les réseaux, elfes et licornes sur les réseaux. La seule discipline qui puisse nous sauver du monde actuel, c’est l’architecture. Et il ne faut pas qu’elle s’appuie sur le passé, trop archivé et muséifié aujourd’hui, trop connu, sans quoi notre auto-émerveillement pour nos propres capacités de transformer le réel ne produira pas l’effet psychologique positif majeur attendu : la satisfaction du renouvellement créatif collectif.