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Olorin

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  • Olorin 4 février 2010 15:43

    Ce message réponds à celui de Céphale (Cf. ci-avant : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-sous-hommes-69384#forum2423090)



  • Olorin 4 février 2010 15:41

    D’accord avec vous, mais combien sont les postes qui permettent de travailler à quelque chose de bien (tout en mangeant à sa faim, cela va de soi) ? Assez peu finalement (vous allez me dire ça dépend du point de vue, et vous aurez raison...). En tout cas la proposition de la citation que vous retenez n’est pas contradictoire avec votre affirmation,
    Cordialement.



  • Olorin 4 février 2010 15:00

    Un extrait, en complément de L’insurection qui vient (p. 27-29), du Comité invisible (transformé en cellule invisible par le gouvernement et les médias dominants, attention en France des gens ont finis en prison pour possession de ce livre !!!) :
    [le live estconsultable en ligne sur le site de son éditeur : http://www.lafabrique.fr/spip/IMG/pdf_Insurrection.pdf
    ou ici (avec d’autres publications, dont celles de Tiqqun) :
    http://www.bloom0101.org
    « « La vie, la santé, l’amour sont précaires,
    pourquoi le travail échapperait-il
    à cette loi ? »

    Il n’y a pas de question plus embrouillée, en
    France, que celle du travail. Il n’y a pas de rapport
    plus tordu que celui des Français au travail. Allez
    en Andalousie, en Algérie, à Naples. On y méprise
    le travail, au fond. Allez en Allemagne, aux États-
    Unis, au Japon. On y révère le travail. Les choses
    changent, c’est vrai. Il y a bien des otaku au Japon,
    des frohe Arbeitslose en Allemagne et des workaholics
    en Andalousie. Mais ce ne sont pour l’heure
    que des curiosités. En France, on fait des pieds
    et des mains pour grimper dans la hiérarchie, mais
    on se flatte en privé de n’en ficher pas une. On
    reste jusqu’à dix heures du soir au boulot quand
    on est débordé, mais on n’a jamais eu de scrupule
    à voler de-ci de-là du matériel de bureau,
    ou à ponctionner dans les stocks de la boîte des
    pièces détachées qu’à l’occasion on revend. On
    déteste les patrons, mais on veut à tout prix être
    employé. Avoir un travail est un honneur, et travailler
    une marque de servilité. Bref : le parfait
    tableau clinique de l’hystérie. On aime en détestant,
    on déteste en aimant. Et chacun sait quelle
    stupeur et quel désarroi frappe l’hystérique lors-
    qu’il perd sa victime, son maître. Le plus souvent,
    il ne s’en remet pas.
    Dans ce pays foncièrement politique qu’est la
    France, le pouvoir industriel a toujours été soumis
    au pouvoir étatique. L’activité économique n’a
    jamais cessé d’être soupçonneusement encadrée
    par une administration tatillonne. Les grands
    patrons qui ne sont pas issus de la noblesse d’État
    façon Polytechnique-ENA sont les parias du monde
    des affaires où l’on admet, en coulisse, qu’ils font
    un peu pitié. Bernard Tapie est leur héros tragique :
    adulé un jour, en taule le lendemain, intouchable toujours.
    Qu’il évolue maintenant sur scène n’a rien
    d’étonnant. En le contemplant comme on
    contemple un monstre, le public français le tient
    à bonne distance et, par le spectacle d’une si fascinante
    infamie, se préserve de son contact. Malgré
    le grand bluff des années 1980, le culte de l’entreprise
    n’a jamais pris en France. Quiconque écrit un livre
    pour la vilipender s’assure un best-seller. Les managers,
    leurs moeurs et leur littérature ont beau parader
    en public, il reste autour d’eux un cordon
    sanitaire de ricanement, un océan de mépris, une
    mer de sarcasmes. L’entrepreneur ne fait pas partie
    de la famille. À tout prendre, dans la hiérarchie
    de la détestation, on lui préfère le flic. Être
    fonctionnaire reste, contre vents et marées, contre
    golden boys et privatisations, la définition entendue
    du bon travail. On peut envier la richesse de
    ceux qui ne le sont pas, on n’envie pas leur poste.
    C’est sur le fond de cette névrose que les gouvernements
    successifs peuvent encore déclarer la
    guerre au chômage, et prétendre livrer la « bataille
    de l’emploi » tandis que d’ex-cadres campent avec
    leurs portables dans les tentes de Médecins du
    monde sur les bords de la Seine. Quand les radiations
    massives de l’ANPE peinent à faire descendre
    le nombre des chômeurs au-dessous de deux millions
    malgré tous les trucages statistiques. Quand
    le RMI et le biz garantissent seuls, de l’avis même
    des renseignements généraux, contre une explosion
    sociale à tout moment possible. C’est l’économie
    psychique des Français autant que la stabilité
    politique du pays qui se joue dans le maintien de
    la fiction travailliste. »



  • Olorin 3 février 2010 13:49

    Surtout que si l’Etat ne traite pas bien ses employés, comment imaginer que ce soit le privé qui tire les choses vers le haut !...



  • Olorin 3 février 2010 13:35

    Tout à fait d’accord : « il reste la rue pour se faire entendre ». Et espérer que la mobilisation soit au moins aussi forte que pour le CPE !

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