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  • omar omar 19 mai 2008 08:14

     @ Méric de St-Cyr

    Vous avez tout à fait raison cher monsieur, d’ailleurs les commentaires que je soumet à Agoravox sur cet article concernant Jiddu Krishnamurti sont les seules fois ou j’aurais évoqué ce personnage depuis 10 ans.

    On ne peut pas à proprement parler dire qu’il s’agisse de divinisation ou de suivisme quand on sait les tonnes et les tonnes de papier, de pellicule et de mémoire numériques gavés par les déchets relatifs à l’Islam, au christianisme, au judaïsme, au marketing, au libéralisme, à la scientologie, à la politique politicienne, aux différentes stratégies de guerre et de conquêtes dont nous abreuvons les enfants dès le plus jeune age, sous couverts de ce que l’on désigne par "éducation".

    C’est là qu’il faut vous opposer et dire clairement qu’il faut tirer un trait sur le passé et les choses mortes. Cela procède juste de l’honnêteté intellectuelle, mais peut-être que le dogmatisme et le formalisme porté par des connaissances qui n’en sont pas moins fausses mais partagées par des millions de personnes avec le résultat que l’on connait, vous défend de vous opposer de front ou ne vous en donne même pas l’occasion.

    Souffrez cher monsieur que l’on évoque cette personne, qui bien que morte, a apporté dans l’esprit de quelque uns une façon de voir la vie radicalement différente, détachée de tout intérêt matériel à court terme et dénuée de toute violence ou prosélytisme.

    Bien sur Krishnamurti n’était qu’un homme, et il l’a dit mieux que personne à son niveau n’aurait su le dire lors de la dissolution de l’ordre de l’étoile, tandis que des chefs d’états, des chefs spirituels, des stars du show biz et des nouvelles technologies continuent de défiler en se parant de vertus qu’ils n’approchent même pas en rêve. Laisser moi rire doucement...

    Pour ce qui est de passer à autre chose, ça tombe bien, la aussi Krishnamurti était et reste le meilleur éducateur possible, comprendre ce qu’il avait vécu et que nous vivons tous permet très précisément de passer à autre chose, n’est-ce pas lui qui enseignait comment mourir à la peur, à la jalousie, à l’ambition et autres golems morbides de la stupidité humaine. C’est le premier à avoir clairement énoncé le concept de mort psychologique que des hordes de psychiatres et de psychologues revisitent à coup de Tranxen et Prozac. Excusez du peu...

    Bien à vous cher monsieur.



  • omar omar 18 mai 2008 19:30

    C’est extrêmement difficile de parler de l’enseignement de JK (puisque s’en est un assurément) car à la différence de nombre d’autres, on commence cet enseignement en abandonnant les principaux outils dont nous usons chaque jour, l’égo et la pensée. Ce n’est pas que l’un et l’autre ne soient nécessaires, bien au contraire, mais ils ont leur domaine de prédilection bien déterminé qui exclu la sphère psychologique pour laquelle ils ne sont d’aucune utilité.

    Lorsque j’ai découvert ses écrits j’était émerveillé puis j’ai rapidement déchanté au point d’en éprouver du ressentiment. En effet, JK avait été formé dans les meilleures écoles, avait cotoyé les maïtres de l’ésotérisme de l’époque et avait aussi eu la possibilité de vivre l’influence boudhiste jusque dans sa chair. Et voilà qu’il nous assénait des vérités intemporelles, de celles que l’on sait en son for intérieur qu’elles sont irréfutables, pour ensuite nous dire qu’il n’y avait pas de méthodes, ni de chemin pour parvenir à cette compréhension, à cette lumière.

    C’était un peu comme grimper à une falaise et retirer l’échelle en disant aux suivants qu’ils pouvaient y arriver par leur propre moyens. Bref, une frustration envahissante et le besoin de comprendre ce qu’il voulait signifier par "sans méthodes ni chemins", me donnèrent la ténacité de poursuivre l’exercice de lecture et d’observation. De plus, je me doutais un peu que JK devait avoir fait une découverte d’ampleur pour qu’il puisse affirmer qu’on pouvait laisser tomber les béquilles et voir avec nos propres yeux, écouter avec nos propres oreilles et se faire notre propre idée de la réalité, sans nous en remettre aux avatars et aux synchrétismes de la connaissance accumulée.

    J’ai fini par comprendre qu’il fallait faire la distinction entre deux sphères qui s’entremêlent et s’interpénètrent sans jamais se mélanger, le domaine du réel, du concret, de l’ici et maintenant et la nébuleuse psychologique, l’immense fourre-tout de la pensée que de tout temps on porta aux nues sans jamais oser la remettre en question, alors qu’elle n’est qu’un cadavre mort dès lors qu’elle ne contient que des choses du passé.

    Le concept d’observateur et d’observé qui ne font qu’un et que nous persistons à dissocier fut le premier éclairage, la première clarté jetée sur les ombres d’un égo que je croyais dominer mais dont je n’était à l’évidence que la pâle marionette.

    La prise de conscience de l’ampleur des conditionnements oeuvrant en moi depuis l’enfance, ainsi que la palette des sentiments induits que je pensait mien mais qui n’étaient en fait que des réflexes, une machinerie certes complexe mais rien qui n’est pu faire rougir de honte les chiens de Pavlov.

    Inutile ici d’être exhaustif puisque chaque relecture des écrits de JK, malgré l’extrême simplicité des mots qu’il employait, vous fait découvrir des aspects différents et pertinents que l’on avait à peine envisagé (la plupart des personnes auxquelles j’ai prêté un ouvrage de JK ne me l’on jamais rendu, j’ai fini par offrir des formats de poche bon marché en sachant que je les reverrais jamais).

    Ce que j’en retiens aujourd’hui c’est la notion d’éducation et l’importance de s’adresser aux enfants et aux étudiants ainsi qu’aux personnes qui n’ont pas encore un esprit sclérosé. Une nouvelle idée de la mort, de la fin qui permet de s’affranchir définitivement des pseudos religions. Une nouvelle façon d’agir sans même bouger un cil, en mettant à contribution un être qui s’est longtemps caché derrière de nombreux voiles, de nombreux masques, mais qui finit par se manifester lorsque on lui laisse le champs libre et que cesse les bavardages intérieur, moi-même tout simplement...



  • omar omar 17 mai 2008 11:59

    Jamais je n’aurais pu penser un seul instant trouver un article sur Jiddu Krishnamurti dans Agoravox.

    Quelle ne fut pas ma surprise et aussi ma joie de le lire.

    Ma découverte de cet éducateur universel débuta il y a 22 ans avec "se libérer du connu", puis le reste des ouvrages.

    Depuis la lecture (et la relecture incessante de ce petit ouvrage qui est un non-livre vivant) ma vie à changé radicalement, et malgré mes tentatives de retrouver une vie plus "normale", il m’est impossible depuis de penser ou même de vivre comme avant.

    C’est comme passer de la vue d’aigle à la myopie de la taupe, le changement de perspective est par trop radical. Impossible donc de revenir en arrière vers l’insouciance et la simplicité des bienheureux, et la volonté la plus trempée ne pourra rien pour vous.

    Pendant de nombreuses années, j’ai été confronté à l’ignorance et la misère intellectuelle de nombre de personnes qui s’envisagent comme une élite de la pensée et qui ne voyait dans l’enseignement de K. que les ressorts d’une secte.

    J’ai fini par éviter de parler de son enseignement pour préserver le peu d’amis qu’il me restait, quand aux plus aptes à appréhender les mots simples et ciselés de K. dans leur acception la plus large, ils m’ont toujours dit que s’il y avait un auteur dont la recommandation leur fut salutaire c’était celui là.

    Je suis extrèmement étonné et content en même temps de la diffusion de cette oeuvre intemporelle en chine.

    serait-ce le signe que l’intelligence véritable commence à gagner du terrain sur l’obscurité ?



  • omar omar 29 novembre 2007 19:46

    encore un qui dormait pendant les cours de géographie !!

    Saviez-vous que le terme Maghreb signifie occident. Ne vous laissez pas abuser par les catégories géo-politiques, l’Algérie est un pays Africain avant tout et sa population autochtone est d’origine berbère. La classification en pays arabe ou moyen-oriental n’engage que ceux qui s’en réclament, ce qui est loin d’être le cas de la majorité des Nords Africains.

    Pour ce qui est de l’anti-sémitisme de certains, il faut aussi savoir que les juifs présents en Afrique du Nord bien avant les arabes sont aussi légitimes que ces derniers. Un minimum d’intelligence et de culture générale vous aurait permis de comprendre que l’on ne peut faire endosser les opinions de quelques individus à un peuple entier.

    Mais il est aussi vrai que pour pratiquer la détestation, sport national dans de nombreuses contrées, il est bien plus commode de ranger les diverses populations dans des catégories grossières ou caricaturales, de même qu’il est plus facile d’atteindre une cible si elle est grosse.

    A bon entendeur...

    Confucius disait : « l’ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance mais plutôt la suffisance et l’impression de tout savoir »



  • omar omar 6 août 2007 18:46

    Voici un peu de lecture histoire de rétablir un peu la vérité sur la situation des touaregs qui n’ont attendu ni kadafi ni sarkosy pour se rebeller. Malgré la qualité de l’article de l’auteur, sa réduction de la dimension touarègue à un simple facteur de déstabilisation est un déni supplémentaire de leur existence, comme s’il suffisait de fermer les yeux et d’imaginer que ce peuple n’existe pas, alors qu’il vit sur sa terre ancestrale depuis toujours, malgré la préfabrication des frontières de façon tout à fait ignoble de la part de l’ancien colonisateur que vous savez. Mais comme tout le monde est pret à penser que la colonisation génère des bienfaits, cela facilite l’évacuation de ce genre de problème.

    Le conflit touareg au Niger et au Mali : les germes de la crise

    Menacé dans son existence, le Peuple touareg vit actuellement la période la plus dramatique de son histoire. Sa révolte, impitoyablement réprimée au Niger et au Mali, est la conséquence de décennies de mépris, de violences et d’injustices de la part des autorités de Niamey et Bamako.

    Avant la colonisation, le peuple touareg fondait son organisation politique sur un système de confédérations qui permettait une gestion rationnelle de son immense territoire.

    Sur le plan économique, le contrôle du commerce caravanier transsaharien, et les échanges avec les autres ethnies, se traduisaient par une complémentarité dans le respect de certains équilibres. Comme partout, ces équilibres étaient basés essentiellement sur les rapports de force du moment, non seulement entre les Touaregs et les autres ethnies de la région, mais aussi entre les différentes confédérations touarègues.

    Cette situation a duré jusqu’à l’arrivée de la colonisation. La pénétration coloniale s’est heurtée, en régions touarègues, à la résistance des hommes comme Kaoussen dans l’Aïr et Fihroun dans l’Azawagh, qui ont su organiser des véritables armées contre un envahisseur qui disposait pourtant d’un armement autrement performant. Il a fallu pratiquement trente ans à l’administration coloniale pour étendre son autorité sur l’ensemble du “pays touareg”.

    Le premier souci de cette nouvelle administration a été de “casser” les confédérations touarègues et de les transformer en une multitude de petites chefferies plus dociles.

    L’instauration d’un impôt sur les personnes et le bétail a été le symbole de domination le plus durement ressenti par l’ensemble des populations touarègues.

    A l’issue de cette période, la France décide de faire de ses territoires coloniaux, des pays indépendants auxquels elle intègre l’espace touareg qui est ainsi morcelé entre de nouvelles entités dont les dirigeants ne sont autres que les commis de l’administration coloniale. Les Touaregs, malgré plusieurs protestations contre ce fait accompli, deviennent maliens, Algériens, nigériens...

    La majorité du peuple touareg se retrouve ainsi au Mali et au Niger avec une mosaïque d’autres ethnies. C’est au sein de ces ethnies que la France choisira de nommer les dirigeants des nouveaux États. Ceux-ci ne pouvaient que continuer l’oeuvre de l’administration coloniale en pays touaregs, avec souvent plus de brutalité. Ce qui fera regretter à certains Touaregs... la période coloniale.

    Depuis les indépendances du Mali et du Niger, les Touaregs vivent une autre forme de colonisation qui se traduit par une discrimination systématique à tous les niveaux de la vie des deux pays.

    En 1963, une première révolte touarègue au Mali, avait été noyée dans le sang par le gouvernement de l’époque. Cette répression avait fait des milliers de morts parmi la population civile touarègue.

    Les sécheresses de 1973 et 1974 ayant décimé la presque totalité de leur cheptel, beaucoup de Touaregs se sont retrouvés ou dans des bidonvilles autour des centres urbains, ou sont partis en exil essentiellement vers l’Algérie, la Libye, et le Nigéria.

    Les années 1980 ont été marquées au Niger par la dictature de Seyni Kountché, dont la police politique s’était montrée particulièrement active dans les régions touarègues. “La décrispation” prônée par son successeur 1987 fut accueillie avec soulagement par la communauté touarègue. Malheureusement, cet espoir ne durera pas longtemps. Les massacres de Tchin-Tabaraden en mai et juin 1990 sont venus plonger le peuple touareg dans la crise la plus grave de son histoire récente.

    Le Mali des années 1970 et 1980 a choisi d’ignorer “sa” communauté touarègue. L’État et ses institutions ont fonctionné comme si la composante touarègue du pays n’existait pas. Les Touaregs, relégués au statut de citoyens de seconde zone, avaient le choix entre périr dans leur “désert inutile” ou clochardiser dans les grandes villes.

    L’exaspération née de cette situation, et surtout le désespoir de se voir enfin considérés comme des citoyens à part entière, amenèrent certains groupes de Touaregs à entrer en résistance armée contre les autorités centrales du Mali et du Niger. Cette résistance est née après le massacre de plus d’un millier de civils touaregs à Tchin-Tabaraden, au Niger, en mai et juin 1990.

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