Certes, les votes blancs sont comptabilisés, mais avec les votes nuls. Or, ils sont fondamentalement différents. C’est d’ailleurs pour cela que depuis une loi de 1976 (si mes souvenirs sont bons) les votes blancs ne sont plus considérés comme des suffrages exprimés.
La raison est évidente. Si les votes blancs étaient des suffrages exprimés, ils diminueraient d’autant la proportion des votes portant sur des candidats. Ainsi, par exemple, si la moitié des abstentionnistes avait voté blanc dans un système où ils seraient considérés comme un suffrage exprimé, l’UMP ne serait qu’en seconde place et aurait moins de siège au Parlement Européen. La question qu’il faut poser est : que signifie le vote blanc ? Pour ma part, la réponse est assez simple : virez-moi tout ça et proposez-moi autre chose. La plupart des élus le sont par défaut. Il n’y a pas de vrai choix puisque ce sont les mêmes candidats pendant des décennies. Le vote blanc comme suffrage exprimé permettrait de faire comprendre qu’un renouvellement du personnel politique serait le bienvenu.
Mais ce ne sont que des rêveries. La discussion n’a finalement pas grand intérêt.
Ce que vous décrivez me désole. J’ai dépassé, depuis belle lurette, le stade de la révolte. Jouer le Don Quichotte est usant. Répéter continuellement les mêmes explications pour essayer de faire comprendre quelque chose à un esprit fermé est lassant. Et comme il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...
Certains ne voient pas l’intérêt de votre référence à un texte de l’Assemblée Législative de 1792. Que diront-ils de cette citation de Blaise Pascal : Mieux vaut savoir peu de beaucoup, que beaucoup de peu. Ce précepte a toujours guidé ma vie et je m’efforce de l’inculquer à mes enfants.
Ce qui fait un Homme, c’est son ouverture d’esprit pas sa spécialisation (plus ou moins utilitaire, d’ailleurs). Le savoir c’est le pouvoir. Je comprends que cela inquiète certains.
La comparaison n’est pas aussi mauvaise que vous le souhaiteriez. Puisque vous semblez bien connaître le sujet, narrez-nous l’établissement du Second Empire, ainsi que ce qu’il fut avant qu’il ne devienne un "Empire libéral" à la fin des années 1860. Mais que s’est-il donc passé de 1848 à 1869 voire de 1852 à 1869 ?
Je vais vous aider. Pour faire simple, dès son élection à la présidence de la seconde République (10 décembre 1848 me semble-t-il) Louis-Napoléon n’a eu de cesse de demander une révision de la constitution. Celle-ci lui interdisant de briguer un second mandat en 1852. Les parlementaire de l’époque avaient bien plus de courage que ceux d’aujourd’hui et rejetèrent toutes les demandes du Président.
Dès lors, pour garder le pouvoir, il ne restait plus beaucoup de solutions. Cela se fit en 2 étapes. Le 2 décembre 1851, premier coup d’état. Louis-Napoléon devient président pour 10 ans suite au plébiscite organisé (dans quelles conditions de liberté !) les jours suivants. Le 2 décembre 1852, second coup d’état (mais celui-ci n’était pas une réelle surprise) avec l’établissement de l’Empire.
Louis-Napoléon va trainer comme un boulet le souvenir du 2 décembre 1851 tant la répression fut féroce. Certes, son passage au pouvoir fut loin de n’être que négatif. mais il ne fut pleinement positif que pour les nantis qui soutenaient fermement le pouvoir.
Et n’oubliez pas de préciser quelques dates, comme, par exemple, le 25 mai 1864 pour le droit de grève. Oui, merci Louis-Napoléon. Merci d’avoir attendu 16 ans après votre élection pour faire voter une loi autorisant le droit de grève. Pour un socialiste, c’est indubitablement une performance !
Et pour ceux que cela intéresserait, je conseille le très bon ouvrage de Louis Girard chez Fayard. Vous découvrirez un Napoléon III pas aussi noir que Victor Hugo l’a présenté mais loin d’être aussi blanc que Monsieur Armand veut nous le faire croire.
En fin de compte, toutes mes remarques n’avaient pour but que d’attirer l’attention sur les manipulations "sarkozyesques" pour renforcer son pourvoir et, très probablement, pour s’y maintenir. Manipulations qui ne datent pas d’aujourd’hui. Restons vigilants.
Juste une petite question. De quel Bonaparte parlez-vous ? Je parierez sur Napoléon. Si tel est le cas, alors vous vous méprenez. Il s’agit bien d’un Bonaparte. Mais il s’agit de Louis Napoléon, plus connu sous le pseudonyme "Napoléon III".
Mettez en parallèle les propos et les actes des deux lilliputiens et vous trouverez d’étonnantes similitudes. La connaissance du passé permet une meilleure compréhension du présent. L’oubli du passé ne nous condamnerait-il pas à le revivre ?
Voici une tirade qui vous rappellera quelqu’un.
"Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eut changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé."
Il s’agit d’un extrait de "Napoléon, le petit" de Victor Hugo. On pourrait penser à quelqu’un d’autre, non ?
Monsieur Todd peut être admiré ou non, là n’est pas la question. Ce démographe est particulièrement clairvoyant. Je me souviens d’un numéro d’Apostrophe où Emmanuel Todd expliquait à Bernard Pivot pourquoi L’URSS devait s’effondrer dans les 10 à 15 années à venir. C’était limpide.
S’il y a autant de clairvoyance dans son dernier ouvrage, nous avons du soucis à nous faire. Et le traiter de raté ne changera rien à l’affaire. Ne serait-ce pas plutôt une preuve d’incompréhension ?