Prise à la lettre, aucune religion n’est compatible quoiqu’en pensent les français dans ce sondage volontairement idiot. Cependant personne ne peut vraiment respecter une religion à la lettre, il se crée une marge de tolérance plus ou moins grande suivant les valeurs dans lesquelles l’individu baigne. Il se crée avec le temps un consensus tacite et invisible (les cathos divorcent, les athées ne travaillent pas le dimanche...)
Au premier problème sévère qui survient (une crise par exemple), dans l’urgence de la recherche d’un coupable, on en finit toujours à mettre en lumière les ambivalences, les contradictions de ce consensus.
Notre laïcité, c’était celle qui préservait les organes de l’état de toute influence sectaire. Le nouveau courant laïciste espère résoudre des problèmes avec un raisonnement binaire : les religions posent des problèmes donc la solution c’est de réduire l’impact religieux tous azimuthes. Et les nouveaux laïcs en sont venus à lutter sur le terrain des religions bien en dehors des organes de l’état.
Le petit problème c’est que les nouveaux laïcs ne comprennent pas un petit détail : plus vous tapez sur une religion, plus elle devient forte. Et surtout : - Le rêve consumériste devient un mensonge du fait de la crise, les gens se tournent de plus en plus vers des valeurs qui vont les accomplir en tant qu’individu. - La presse contrôlée par les oligarques y trouve un nouveau facteur pour vendre, diviser et distraire le peuple des vrais problèmes.
Le laïcisme à tout prix ? L’anti-religion qui se comporte comme un religion avec ses dogmes, ses règles et qui au final va alimenter ses propres ennemis pour que ses leaders pleins d’importance, investis d’une mission anti-divine puissent survivre et prospérer.
Tout le monde s’en foutait de la crèche, du voile, de la kippa... c’était tacite. Maintenant la simple évocation de ces éléments fait bondir, hurler, courir vers la police dans les gares.
Grands bravo aux supposés gardiens de la sainte Logique !
J’ai vécu en Grèce et j’ai jamais trop collé à SYRIZA non plus, cependant plus les heures passent plus je change d’avis :
- S’allier avec des souverainistes ? Brillantissime, il montre à l’Europe qu’il ne rigole pas qu’il vient pour négocier avec ses couilles, ratisse et rassemble les électeurs qui se sont enfermés dans le nationalisme ces 5 dernières années. - Ne pas oser prêter serment sous la bénédiction de l’église orthodoxe, très couillu aussi dans un pays ou la mention de la religion est obligatoire sur la carte d’identité. Message envoyé aux vaches sacrées en finesse, sans brutalité. - Choisir le gars du Minotaure Planétaire comme ministre de l’économie ? C’est prendre un gars qui connait le système et à une très bonne vue d’ensemble de l’arnaque mondialisée, et qui se fera pas bassiner par les banquier et les oligarques à coup de statistiques choisies.
J’y croyais sincèrement pas non plus... bin j’ai changé d’avis et je commence à y croire ! Il reste un tas d’embuches et beaucoup de chemin à faire, mais ca commence vraiment fort
C’est pourtant évident. Par quel miracle notre système pseudo-capitaliste peut-il nous rapporter à nous français la prospérité perdue aujourd’hui ?
Fait historique : l’économie s’est mondialisée, presque tous les pays de la planète se sont basés sur notre modèle de production et de consommation. On leur a fait produire, ils se sont mis à travailler dans l’espoir d’une « vie meilleure » architecturée autour de babioles, calquée sur nos modèles de société de consommation. On c’est pas moi ou vous, c’est le système. Système qui : - Place en haut de l’échelle sociale et de celle de valeurs celui qui produit la breloque la plus rentable (l’oligarque) - Place en bas de l’échelle sociale celui qui se doit d’acheter la breloque la moins chère possible Ce double effet, pression concurrentielle et pression consumériste ne pouvait que déboucher vers la mondialisation. La mondialisation a été acceptée à l’étranger uniquement car on a fait briller dans les yeux de l’élite locale notre modèle de vie consumériste.
Les oligarques en ont profité le plus certes, mais on en a indirectement tous profité, on a eu accès à des ressources naturelles exotiques et des produits bon marché, les impôts que payait LVMH grâce à l’export de ses sacs et de ses parfums, c’était de l’impôt à payer en moins.
Ensuite, petit à petit, la barrière du coût de la délocalisation diminua. Les emplois exportés par le prétexte de la concurrence, par le prétexte de l’augmentation du pouvoir d’achat (en baisse depuis 1973) ne concernaient que des taches manuelles simples et répétitives. Le seul espoir pour les entreprises pour lesquelles le coût de la délocalisation était encore trop élevé, c’était la course à la productivité : produire autant pour moins cher. La France devint le champion planétaire incontestable de la productivité avec un petit bémol : c’est la part salariale qui a fait les frais du produire moins cher.
Mais la productivité ne nous permit pas d’interrompre, la lente progression de la mondialisation, bien au contraire, puisque à un moment on décida de commencer à délocaliser les principes de la productivité. On donna aux pays émergents le moyen de produire pour moins cher comme nous le faisions. On parle encore de qualité du produit. La qualité subira le même sort que la productivité, simple question de temps.
Aujourd’hui, nous en somme arrivés au paroxysme de la mondialisation. Nous en sommes au point qu’il est moins cher de produire des tomates industrielles en Chine. Un container remplit à moins de 18 tonnes coûte 1000$ pour un trajet Chine-Europe. 1000$ voilà la marge de manoeuvre d’un producteur en France qui a envie de produire localement.
Dans cette configuration du monde, c’est pas tant la France qui coule, c’est le reste du monde qui émerge à
force de vouloir vivre comme nous avec les mêmes rêves de babioles. Et donc par la mécanique de mondialisation, on voit qu’il n’y a pas de système à sauver puisque nous en sommes victimes de ce système. Symétriquement donc, on ne fait qu’essayer de sauver notre rêve de babioles auquel nous avant tant profité autrefois, comme à un drogué.
Sauver le rêve américain en France n’a que 3 alternatives : - On se met au niveau des autres, en diminuant le nombre de babioles par ménage - On crée une barrière magique invisible autour de nous en espérant garder le même nombre de babioles par ménage (ce qui n’est qu’une déclaration de guerre commerciale dont seront victimes les dernières entreprises qui exportent encore. En Chine on dira que les sacs de LVMH sont de toute façon produits à la chaîne) - On continue de gesticuler et on devient la SNCM du monde.
Moralité, faut pas tenter de sauver le système, mais proposer une alternative. C’est évident : - Quelques soient vos idées, vous êtes tous motivés par un désir de justice profond qu’aucun aménagement du système actuel est incapable d’offrir. - Que ce système profite à peu qui n’ont aucun mérite à avoir ce qu’ils ont - Que le système dégénère partout sur terre laissant au plus grand nombre dans la misère Et que même si l’on y arrivait par une pirouette magique, il resterait : - La problématique de la destruction de l’environnement - La problématique de la dette publique (planétaire) - La problématique du système financier devenu fou et qui menace d’exploser.
Donc, vous voulez sauver le système pour garder quelques espoirs de pacotilles, c’est ça ? Je crois avoir démontré que ça n’a aucun sens, ni philosophique, ni humain, ni mathématique.
Quels seraient les bases minimum d’un
regroupement citoyen capable à la fois de bloquer l’arrivée du FN, de proposer
une alternative crédible aux échecs répétés de l’UMPS et de palier au rejet par
les citoyens de tous les partis actuels (extrême gauche et Verts compris) ?
L’UMPS n’a techniquement pas « échoué », ils n’ont fait que ne pas tenir les promesses pour lesquelles ils étaient élus (plus personne n’aura a dormir sur un banc, Sarkozy 2006). Ce n’était pas un gros problème, on s’était habitué, alternant promesses non tenues de droite et de gauche.
Et la crise est arrivée, les partis n’ont pas changé. L’absolue inefficacité de la besogne politicienne s’est révélée au grand jour. Un grand mitraillage de promesses non tenues de droite comme de gauche. Les incompétences, l’amateurisme, les affaires, le scooter, la Carla ne passent plus face à des citoyens qui commencent à suivre les infos. Les politiciens n’ont même pas le panache de l’orchestre sur le Titanic, ils ne servent à rien, il deviennent une charge, un coût, une honte à supporter.
Donc penser qu’il suffit de renommer, re-bricoler l’existant pour « bloquer le FN », c’est une très très mauvaise approche. Car le FN c’est du populisme en vrac, c’est un choix de colère, pas un choix de raison. Vous voulez avoir vos chances contre le FN ? Alors il faut une alternative de raison, c’est à dire qui sait expliquer simplement la problématique de la France actuelle, qui va être capable d’apporter des solutions crédibles aux problèmes. (je pense la dream team Piketty, Sapir, Berruyer...) Il faut en avoir les moyens intellectuels, c’est à dire un gros chargement cohérent d’experts aguerris et indépendants pas politiciens pour deux sous. Ensuite il faut avoir les moyens de convaincre ceux qui dirigent vraiment la France, à savoir tout le convoi multinationales, hauts fonctionnaires... Faut bosser si on veut proposer une alternative face au FN.
Alors des initiatives commencent se mettent en place. On voit émerger plein de courants idéologiques nouveaux qui tentent de sauver le système. L’idéologie devient capitale, car elle rend la politique lisible, prévisible et donc qui aura plus tendance à coller à une ligne directrice et donc aux promesses. J’ai constaté pour ma part une forte montée des libertariens (portés par BFMTV), des royalistes (de droit divin, les bien velus) Si vraiment j’étais pour le sauvetage du système, je m’engagerai dans l’UPR. Ils font un vrai travail de fond, ils font des débats particulièrement intéressants, et le grand manitou connait le système.
Mais bon, je prends ma calculatrice et je me rend compte que sauver le système c’est devenir la Grèce (ou j’étais aux premières loges car j’y ai vécu 10 ans) car c’est rembourser la dette de tous ces soixante-huitards qui viennent nous faire la morale sur Agoravox. Moi je suis pour du vrai gros changement intelligent, internationalement viral, auto-entretenu et naturellement immunisé. Moi je suis pour la démocratie directe de Chouard. Le problème c’est que ça va pas plaire, c’est pas consensuel du tout (car ça change la définition politique et économique du 1%)
Vous voulez réussir ? Oubliez tout. Puis réapprenez tout et reposez vous la question de l’équité de la justice dans une société. Même le gars de l’Aube Dorée vous écoutera.
Le pognon n’a pas d’odeur, mais il n’a pas non plus de patrie ni de cause politique. C’est pas Russie-USA qu’il faut suivre, c’est le jeu des multinationales aux mains des oligarques.