Je vois un maçon de mon village : tous les matins il part à six heures, il se tape des tas d’échafaudages à escalader (sans fusée Proton !) et quand il en descend, il doit faire gaffe car pas de parachute en cas de faux-pas !
La preuve que les jeunes cons font inéluctablement des vieux cons !...
Bien sûr que le Macron il va taper sur les retraités ! Et de toutes ses forces en plus...
Le retraité, c’est la victime idéale. Il est vieux, il est faible, il est mou du slip, il peut pas manifester parce qu’il court pas assez vite, il fait des gros bleus au premier coup de matraque et il casse comme du verre quand on le bouscule un peu...
Et surtout, il est appelé à claquer dans un bref délai.
En plus, ça a plein de défauts un retraité : c’est sale, ça pue, ça consomme de la consultation médicale et du médoc en veux-tu, en voilà, et ça ne pourra (éventuellement) rapporter des sous que le jour où ça claquera !
Regardez vers la Grèce, laboratoire de notre future condition.
Les retraités ont été les premiers à trinquer, avec les chômeurs, et à chaque tour de vis supplémentaire, hop, que je te taille dans les pensions !
Ah, ils vont pas rigoler longtemps les laudateurs du p’tit Macron
Je lis les commentaires et suis assez effaré par l’accumulation de poncifs concernant, dans l’ordre :
Le goût immodéré des médecins pour le pognon,
La fainéantise des jeunes générations (ah ! c’était mieux ââvant !)
La nécessité de leur faire rembourser leurs études..
Etc...
Je ne suis pas Médecin au sens où vous pourriez le considérer, puisque ma médecine à moi s’applique à nos « frères inférieurs » les animaux.
Pourtant, on m’assimile souvent à cette catégorie socio-professionnelle.
Et pour être vulgaire, ca me fait légèrement mal aux c***.
Moi aussi j’ai passé un concours hyper sélectif (2100 concurrents, 325 admis) Moi aussi j’ai fait sept années après bac, payées par le contribuable (rassurez-vous, l’Etat s’est largement payé sur la bête, puisque rien qu’au titre de l’impôt sur le revenu, j’ai en 39 années d’exercice remboursé 15 à 20 fois le montant d’une formation aux normes « US »).
J’ai choisi de m’installer en milieu rural, oui, un de ces endroits qui effectivement devient un désert médical... les médecins qui exerçaient par ici partent tout doucement à la retraite et ne sont pas remplacés.
J’en ai fait des gardes de nuit et de ouiquènde, pendant des années et toujours maintenant même si elles sont allégées.. Et Dieu sait si ça chôme pas la nuit par ici ! je parcourais environ 50 000 Km par an dans mon 4x4 à 35 boules comme dit l’autre, parce que les vaches, bizarrement, elles aiment bien accoucher la nuit (peut-être pour la tranquillité ?)
Tout ça m’a pas tué (enfin, pas encore !) et ça a été possible parce que nous travaillons en association !!
L’auteur oublie donc une donnée fondamentale de l’équation, l’individualisme forcené des médecins qui les prive de toute possibilité d’aménagement du temps de travail, permet de mutualiser le secrétariat, les assistants, le local professionnel, et tas d’autres menus avantages qui facilitent bien la vie !
Ah ! c’était mieux ââvant...
Ben oui, mais avant, le médecin était un « notable » dont on respectait le savoir (et la disponibilité aussi ; je vous l’accorde)
Maintenant, y’a Dr Google ! avec quoi n’importe quel blaireau qui sait taper sur un clavier peut se prendre pour Léon Schwarzenberg ou Christian Barnard... (oui, je sais, j’ai des références qui datent un peu...) Ca aussi ça a foutu un sacré coup à la profession médicale : pourquoi je respecterais un type alors que j’en sais (j’en suis persuadé) autant que lui ? Mon avis vaut bien le sien, non ?
Bref : les références au passé, faut tirer un trait dessus !
Les médecins ont changé, les patients ont changé.
L’honnêteté morale serait de l’admettre humblement, et pas de s’auto-congratuler en se disant : on a le meilleur système médical, comme entendu à la télé !!!