Je pense que vous vous trompez, non pas que vous ne sachiez raisonner, mais parce que vous amalgamez certains points à mes yeux :
Nous ne dénonçons pas l’anglais en tant que tel, les pièces de Shakespear sont justes fabuleuses, mais nous dénonçons un néoanglais ultra simplifié (souvent appelé le globish) ou anglais d’aéroport dénué de toute nuance et formé uniquement d’expressions simplistes. Il n’y a qu’à voir les séries américaines, ou d’entendre des discussions en anglais pour reconnaitre les mêmes formules récurrentes. C’est justement la complexité d’une langue qui permet la nuance des propos et la manipulation des concepts. On peut traiter au même niveau l’anglicisation de la langue français que son SMSisation. Il faut bien comprendre qu’historiquement, les langues (latines pour nous) se sont complexifiées jusqu’au 20 ième siècle, et que d’une certaine façon, la mondialisation et le capitalisme dérégulé a inversé la tendance en supprimant les concepts permettant de le critiquer. Le problème étant plus la destruction des langues au profit d’une pensée commune, que l’influence de la langue anglaise sur la notre.
Pour ne pas mettre de côté les problèmes de communication que nous rencontrons et rencontrerons, je pense qu’il ne faut pas abandonner nos langues mais au contraire développer la traduction précise et notamment les traducteurs automatisés en temps réel.
Je suis loin d’être un partisan de l’extrême droite du FN, et du point de vue de Venner, mais avis à tous ces gens ’hystériques’ de la vraie gauche (dont je fais partie), Venner n’était pas un fou à lier et son suicide EST un geste (moralement discutable) politique. Voilà un de ses écrit :
« Exister, c’est se vouer et se dévouer. Mais mourir, c’est parfois une autre façon d’exister. (...) La mort n’est pas seulement le drame que l’on dit, sinon pour ceux qui pleurent sincèrement le disparu. Elle met fin aux maladies cruelles et interrompt le délabrement de la vieillesse, donnant leur place aux nouvelles générations. La mort peut se révéler aussi une libération à l’égard d’un sort devenu insupportable ou déshonorant. Sous sa forme illustrée par les Samouraï et les “vieux Romains”, elle peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu’une provocation à l’espérance. (…) »
Magnifique leçon d’humanité, j’en ai les larmes aux yeux, même si je sais que dans 5 min je retomberai dans l’illusion de mon monde merveilleusement confortable.