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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2021 17:32

    Suite :

    La Révolution avait placé au cœur de son action des abstractions, le Peuple, la Souveraineté nationale. Après Brumaire, la France est habitée par un nom, Bonaparte. A rebours du dogme de la souveraineté collective, admettant la seule représentation parlementaire, une nouvelle figure de la légitimité est inaugurée. C’est une forme personnelle de la représentation démocratique, que la mystique républicaine allait associer jusqu’en 1958 à l’idée d’usurpation.Patrice Gueniffey insiste pourtant sur la base démocratique du régime consulaire : la nomination de Bonaparte a été consacrée par référendum, confirmé en 1802, puis 1804 (p.847). La confiance populaire, son lien avec le héros charismatique demeuraient le ressort indispensable. Absent de la Constitution, le peuple conservait le pouvoir de maintenir ou renverser le régime : « Sous ce régime dépourvu de système électif, Bonaparte fut mieux élu et plus souvent réélu qu’aucun de ses prédécesseurs sous les régimes représentatifs de la Révolution. » L’opinion le fit roi, alors que le nouveau consul s’engage à restaurer l’Etat, en consolidant le gouvernement,rétablissant l’ordre,réconciliant la société déchirée, au prix de la suspension des libertés d’expression. La puissance publique n’admet plus que des serviteurs, dans le mépris des partis. Trois mois après Brumaire, Bonaparte emménage dans le palais des rois, au terme d’une cérémonie toute militaire. Le matin même, il déclare à Bourrienne : «  Nous voilà donc aux Tuileries !... Maintenant il faut y rester. »

    Source : 

    Le 18 Brumaire marque bien le terme du « roman de la Révolution ».Patrice GUENIFFEY, Le Dix-huit Brumaire. L’épilogue de la Révolution française, Gallimard, 2008. 

    Comptes rendus et chroniques », Napoleonica. La Revue, 2008/2 (N° 2), p. 137-154. DOI : 10.3917/napo.082.0008. URL : https://www.cairn.info/revue-napoleonica-la-revue-2008-2-page-137.htm



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2021 17:31

    @ETTORE

    Merci pour votre commentaire.Il arrive pourtant que les choses changent...

    Voyez ce qui suit :

    "Parmi les grandes journées qui ont fait la France, le Dix-huit Brumaire pouvait apparaître à un double titre : conclusion sans grandeur du Directoire ou lever de rideau sur le Consulat. La date est à la fois aboutissement et commencement. C’est la première voie que choisit d’explorer Patrice Gueniffey, qui fait de Brumaire le véritable épilogue de la Révolution française, tout en refusant de ravaler l’épisode au rang de farce tragi-comique. L’auteur fait un sort à la légende tenace de députés du Conseil des Cinq-Cents qui, apeurés, auraient dans leur fuite essaimé les insignes de leur charge à travers les jardins du palais de Saint-Cloud : « La République ne disparut pas avec gloire, c’est certain, mais elle ne finit pas non plus avec le caractère ignominieux que lui conféra l’image - forgée par les vainqueurs – de centaines de députés fuyant à toutes jambes » (p.298).Le récit de ce coup d’État en deux actes mêle intrigue policière et scènes de théâtre. Nous suivons d’abord les pas du citoyen Gohier, président du Directoire exécutif, grand admirateur de Joséphine, et principale victime de cette journée de dupes, qui aboutit au renversement du Directoire. Le premier moment aboutit à la disparition de la République thermidorienne, qui laissa bien peu de regrets. Patrice Gueniffey rappelle les désillusions successives qui frappèrent le régime de désamour : institutions qui contrariaient la culture politique révolutionnaire ; décrets des deux tiers ; refus de respecter le choix électoral. En sapant la logique des institutions, les thermidoriens rendaient impossible l’ancrage d’une légitimité républicaine. Sans céder à l’argument de la fatalité, l’auteur signale néanmoins les germes de changement alors distillés. Par une perception univoque du champ politique, le pluralisme des opinions n’était pas admis : « Un corps politique sain était un corps politique sans divisions » (p.51). Or, le Directoire ouvre l’offre électorale, pose les conditions d’une compétition publique entre des courants identifiés (p.55).
    En contrepoint aux occasions manquées et aux déceptions économiques accumulées, se dresse l’ascension de celui qui n’était encore, avant la campagne d’Italie, qu’un « obscur général ». L’ambivalence du regard de Bonaparte sur la Révolution est restituée : mépris des « avocats » qui conduisent la République directoriale, méfiance envers les passions révolutionnaires, opportunisme dans le choix de ses protecteurs, assurance qu’un pouvoir fort était seul capable de finir la Révolution. De retour d’Italie, Bonaparte cultive son image. Le « plus civil des généraux » reçoit les artistes, entreprend la conquête de l’Institut, s’incline avec ostentation devant la puissance de l’esprit et séduit l’opinion par sa modestie affichée. L’expédition d’Egypte lui permet de s’extraire du jeu des partis, tout en assouvissant son rêve d’Orient. Le retour d’Egypte reste un modèle de propagande : conquête supposée aisée, l’Egypte résiste, chaque victoire érodant la force française, sans espoir de renforts. La bataille d’Aboukir, remportée contre les troupes ottomanes le 25 juillet 1799, rend possible le retour de Bonaparte en vainqueur, et lui permet d’esquiver l’accusation de désertion. Le récit en est hallucinant, ponctué par la hardiesse de Murat, la prise de la redoute qui tourne à la boucherie, la panique des Turcs qui se jettent à la mer, alors que leurs propres chaloupes tirent au canon pour les forcer à retourner au combat. Aboukir se fait « bataille d’extermination, en une sorte de Waterloo à l’envers » (p.170).Avant d’embarquer, Bonaparte confie à Menou : « J’arriverai à Paris, je chasserai ce tas d’avocats qui se moquent de nous. » A l’analyse de la place de l’expédition d’Egypte dans l’itinéraire de Bonaparte, succède le tableau de l’agonie du Directoire. A l’extérieur, l’aggravation de la situation militaire entraîne l’effondrement des régimes frères mis en place par les Français. A l’intérieur, les élections de 1799 mobilisent à peine 10% des électeurs. Le tableau des principaux acteurs de ce « chant du cygne » est dressé : Sieyès, nommé au poste de directeur, alors qu’il ne cessait de proclamer son hostilité aux institutions de l’an III ; Bernadotte, chef de fil des Jacobins, dont les manières cordiales n’empêchent nullement une insouciance qui le frappe d’irrésolution aux moments décisifs ; Lucien Bonaparte, promu défenseur du gouvernement après avoir soutenu les Jacobins dans leur campagne de harcèlement contre le pouvoir ; Fouché, appelé au ministère de la police, se fait, sous des manières onctueuses, « l’homme fort d’un gouvernement faible » (p.209). Régime vermoulu, en attente de l’homme providentiel ? Ou institutions capables de sursauts imprévus, présageant l’esquisse d’une stabilité gouvernementale ? Patrice Gueniffey se penche sur ces pistes, tout en soulignant l’érosion de la croyance politique des Français. La Révolution avait « accrédité l’idée que tout peut être défait et refait par la seule volonté » (p.213) ; la fin du Directoire sanctionne le repli sur la sphère privée, l’indifférence pour les luttes politiques. Face à cette torpeur de l’opinion, le retour triomphal de Bonaparte sonne le ralliement des tendances, en un rare moment de communion capable de transcender les clivages anciens. C’est le soubassement de la légende.

    Le tout Paris politique, militaire, intellectuel frappe à l’hôtel de la rue de la Victoire. Encore s’agissait-il d’entourer le coup d’Etat de formes légales. Ce paradoxe peut étonner. En fait, les recours à la force avaient, depuis le 10 août 1792, endossé l’apparence d’un retour à la puissance constituante du peuple (p.248). Sans position officielle, Bonaparte peut d’autant moins prendre le risque d’apparaître en général factieux que l’imagerie révolutionnaire tenait l’« usurpation militaire » pour la forme suprême de l’illégitimité. Il ne pouvait se risquer à passer pour un nouveau Dumouriez ou Pichegru. D’où l’attentive préparation des 18 et 19 Brumaire, afin d’obtenir l’agrément d’une partie des dirigeants : « La préparation du coup d’État , certes rapide, ne fut pas aussi désinvolte que l’affirment ceux qui, depuis Tocqueville, brocardent les « civils » et les « intellectuels » qui en prirent l’initiative » (p.262). Ce souci formel de respect des règles parlementaires présentait le danger d’étaler le changement de régime sur deux jours.
    Afin d’isoler les Conseils, l’hypothèse d’un complot fut agitée, le Conseil des Anciens décidant le transfert du Corps législatif à Saint-Cloud. A la différence du premier acte, le second faillit mal tourner. Le décor est posé, de la difficile arrivée des députés, au milieu de l’encombrement des voitures, jusqu’à l’improvisation des salles de séances. Les débats multiplient les retournements de situation. Les soutiens de Bonaparte aux Anciens se dérobent, les Cinq-Cents jurent fidélité à la Constitution, que tous prétendaient moribonde la veille. Comment juger de l’intervention personnelle de Bonaparte aux Anciens ? Irruption qualifiée d’intempestive, elle n’en était pas moins nécessaire, afin d’inverser le rapport de force. Sorti sous les huées, il se précipite au Conseil des Cinq-Cents, décidé à brusquer par la force le dénouement. Scène fameuse, qui tourne au « vulgaire pugilat » (p.290). Le recours à l’armée, qui cerne le château de Saint-Cloud, sauve la situation. Menacé d’être déclaré hors la loi, Bonaparte cède à la confusion ; c’est Lucien qui parvient à maintenir un semblant de légalité, en appelant la troupe à intervenir contre les « factieux ». A dix-huit heures, spectateurs et députés sont dispersés. « La farce est jouée », selon le mot de Réal.Un nouveau chapitre de l’histoire nationale s’ouvre alors. Les valeurs dominantes basculent de la vertu à la gloire, de la croyance envers la toute-puissance de la volonté en un certain pessimisme sur les actions humaines.

    Lire la suite ci-après.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2021 14:47

    Aux lecteurs

    Aux Lecteurs.

    Nul doute que le titre comme le texte de cet article ont été lus depuis sa publication.

    Nul doute encore que ce modeste document a été diffusé et a probablement - je devrais dire certainement — été lu par au moins l’un ou l’une de ses destinataires, l’un de ces députés présents ou non dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’un de ces parlementaires qui auront soit voté, soit décidé de s’abstenir de le faire en usant du prétexte bien commode et confortable de l’absence.

    L’absence d’un parlementaire peut tout à fait s’expliquer par une raison, une explication recevable, une excuse plausible, surtout si cette absence est motivée par un déplacement, un ennui de santé ou, dirons-nous, des circonstances particulièrement motivées.

    Plusieurs parlementaires absents suscitent déjà un autre type d’interrogation, sauf à considérer leur absence motivée par, disons, une raison que nous considèrerons encore par politesse et désir d’en savoir plus, comme discutable avant que d’être recevable.

    Mais sait-on jamais ?

    L’absence de plusieurs centaines de parlementaires absents ôte en revanche toute crédibilité à l’idée-même de simple coïncidence et accréditerait plutôt l’idée à débattre d’une concertation et/ou, pourquoi pas ? d’une lâcheté commune dont là encore l’explication se fait attendre.

    Mais nous nous leurrons pas puisqu’il est plus que probable que cette explication ne sera pas donnée, à moins d’un sursaut d’honnêteté toujours possible de la part de l’un ou l’autre député absent ou défaillant, conscient de l’importance de son manquement et désireux de ne pas s’enfermer plus longtemps dans un silence et un déni que chaque heure, chaque jour, chaque semaine qui passeront transformeront désormais en une faute cardinale.

    La réalité est fort simple, qui se résume à une triple perte de confiance, de légitimité et de raison valable pour continuer d’exercer un mandat électoral représentatif dont il faudra bien prochainement penser à rendre compte devant la nation, cet ensemble de compatriotes et de concitoyens qui pourraient bien se dire que leurs intérêts ont d’une manière certaine été traités avec désinvolture et incurie au point de se voir enfermés pour de longs mois encore dans un « état d’urgence » aux dispositions soumises à des objectifs et intérêts politiques partisans, fort éloignés de l’intérêt général.

    L’idée-même que ce comportement parlementaire puisse être encore suivi - pourquoi pas ? — de mesures destinées à escamoter l’élection présidentielle à venir ou à en compliquer le déroulement par le biais d’un « vote-confiné », à distance, est là encore tout à fait plausible.

    Pareil comportement, surtout s’il venait à être confirmé par l’inertie des « représentants de la nation », pourrait les exposer à une reddition de comptes difficile.

    D’où la nécessité pour l’ensemble de ces parlementaires qui se reconnaîtront aisément , d’adopter une attitude plus que prudente et sage en prenant désormais la seule décision qui vaille pour eux comme pour la nation toute entière : abandonner et remettre sans plus attendre leurs mandats dont tout montre, pour certains, que son exercice ne les intéresse pas et/ou pour d’autres, qu’ils en mésusent en agissant sciemment contre les intérêts de leurs concitoyens.

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2021 14:40

    Aux Lecteurs.

    Nul doute que le titre comme le texte de cet article ont été lus.

    Nul doute encore que ce modeste document a été diffusé et a probablement - je devrais dire certainement — été lu par au moins l’une de ses destinataires, l’un de ces députés présents ou non dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’un de ces parlementaires qui auront soit voté, soit décidé de s’abstenir de le faire en usant du prétexte bien commode et confortable de l’absence.

    Un parlementaire absent peut tout à fait s’expliquer par quelque chose de plausible, surtout si cette absence est motivée par un déplacement, un ennui de santé ou, dirons-nous, une raison particulièrement motivée.

    Plusieurs parlementaires absents suscitent déjà un autre type d’interrogation, sauf à considérer leur absence motivée par, disons, une raison que nous considèrerons encore par politesse et désir d’en savoir plus, comme discutable avant que d’être recevable.

    Mais sait-on jamais ?

    L’absence de plusieurs centaines de parlementaires absents ôte en revanche toute crédibilité à l’idée-même de simple coïncidence et accréditerait plutôt l’idée à débattre d’une concertation et/ou, pourquoi pas ? d’une lâcheté commune dont là encore l’explication se fait attendre.

    Mais nous ne leurrons pas puisqu’il est plus que probable que cette explication ne sera pas donnéeà moins d’un sursaut d’honnêteté toujours possible de la part de l’un ou l’autre député absent ou défaillant, conscient de l’importance de son manquement et désireux de ne pas s’enfermer plus longtemps dans un silence et un déni que chaque heure, chaque jour, chaque semaine qui passeront transformeront en une faute cardinale.

    La réalité est fort simple, qui se résume à une triple perte de confiance, de légitimité et de raison valable pour continuer d’exercer un mandat électoral représentatif dont il faudra bien prochainement penser à rendre compte devant la nation, cet ensemble de compatriotes et de concitoyens qui pourraient bien se dire que leurs intérêts ont d’une manière certaine été traités avec désinvolture et incurie au point de se voir enfermés pour de longs mois encore dans un « état d’urgence » aux dispositions soumises à des objectifs et intérêts politiques partisans, fort éloignés de l’intérêt général.

    L’idée-même que ce comportement puisse être encore suivi - pourquoi pas ? — de mesures destinées à escamoter l’élection présidentielle à venir ou à en compliquer le déroulement par le biais d’un « vote-confiné », à distance, est là encore tout à fait plausible.

    Pareil comportement, surtout s’il venait à être confirmé par l’inertie des « représentants de la nation » pourrait les exposer à une reddition de comptes difficile.

    D’où la nécessité d’adopter une attitude plus que prudente et sage en prenant désormais la seule décision qui vaille : abandonner et remettre sans plus attendre leurs mandats dont tout montre, pour certains, que son exercice ne les intéresse pas et/ou pour d’autres, qu’ils en mésusent en agissant sciemment contre les intérêts de leurs concitoyens.

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2021 09:12

    @reptile

    « On les aura ces cons ! »

    Bonjour et merci beaucoup pour ce retour d’information.
    De la vulgarité pure et simple en passant par le langage pus que leste jusqu’à l’insulte et au mépris absolu, il ne faudra retenir qu’une seule chose : on n’insulte pas impunément la population.

    Les gens n’aiment pas cette façon que l’on a de s’adresser à eux.
    Ils sont pour beaucoup polis, respectueux et bien élevés dans l’ensemble.
    Ils n’aiment pas être insultés.
    Il arrive même qu’ils puissent manifester leur désapprobation face à un comportement inconvenant et à des propos inacceptables.
    Une profonde désapprobation.
    De la colère, même.
    Cela s’est déjà vu.

    Bien à vous,
    Renaud Bouchard

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