C’est une très bonne question. Vu que je dénonce la création d’argent ex-nihilo par les banques privées, on pourrait penser à simplement empêcher cette création et donc de ne pas faire augmenter la masse monétaire du tout.
La raison principale pour laquelle je pense qu’il faut le faire, c’est pour respecter l’égalité entre les citoyens dans l’espace-temps, et non seulement dans l’espace. C’est ce qui est expliqué dans la Théorie Relative de la Monnaie</a> (pages 29 à 34) : http://www.creationmonetaire.info/2010/11/theorie-relative-de-la-monnaie-10.html En gros les nouvelles générations seraient désavantagées par rapport aux anciennes si elles ne profitaient pas de la création monétaire.
Augmenter la masse monétaire de 5%/an correspondrait en fait à ne pas augmenter la masse monétaire, et redistribuer 1/21e de la monnaie de chacun. Je détaille ici : http://blog.rom1v.com/2011/02/dividende-universel-un-enjeu-majeur-de-societe/#comment-63404 Ça atténue donc un peu les effets de rente (où l’état initial détermine en grande partie qui sera riche et qui sera pauvre, car les riches gagneront de l’argent sur leur argent, et les pauvres devront l’emprunter et payer des intérêts, ce qui est une inégalité forte entre les générations).
C’est exactement ce sophisme que je dénonce : les individus qui veulent restaurer une rareté artificielle car selon eux, cela est bon pour l’économie et pour la société. Mais globalement, c’est faux. Comme le montre Bastiat.
@devphil30 « Je serais curieux de savoir comment cela peut être financé ??? »
J’en parle dans l’article : au lieu que la création monétaire soit dans les mains des banques privées, l’augmentation de la masse monétaire serait distribuée équitablement entre tous.
Il faut bien voir comment cela fonctionne actuellement : des acteurs privés créent de l’argent à partir de rien, augmentent ainsi
la masse monétaire à leur seul profit, au détriment de tous les autres.
Lorsqu’on augmente la masse monétaire (« on crée de l’argent »),
comment cela doit-il se passer : on donne tout cet argent créé à
quelques acteurs privilégiés et rien aux autres, qui devront le gagner ou l’emprunter avec intérêts à ceux qui en bénéficient, ou
alors on distribue cette augmentation à tout le monde équitablement ?
La « faillite de l’État » est structurelle, « programmée », par le mécanisme de création monétaire (l’argent dette). C’est pour cela qu’il faut le changer.
Ils
font croire (et ça paraît naturel pour tout le monde ne connaissant pas
le mécanisme de création monétaire) qu’il ne faut pas dépenser plus que
ce que l’on a, au risque de faire augmenter la dette publique. Mais mécaniquement, par le système monétaire, la dette publique ne peut QUE augmenter.
C’est
bien exploité à la TV (TF1 par exemple) lorsqu’on voit un nombre qui
augmente très vite qui représente le montant de la dette nationale. Les
téléspectateurs doivent se dire "oh là là, il faudrait peut-être la
rembourser et accepter une politique de rigueur". Sauf que si on la
remboursait, il n’y aurait plus d’argent : l’argent provient de la
dette. Au seul bénéfice des banques.
Lorsqu’un client fait un
crédit (par exemple pour acheter une maison), la banque ne lui prête pas
l’argent qu’elle a : elle le crée (par une opération comptable). Le
client va ensuite lui rembourser, en plusieurs années, grâce à sa dure
labeur, l’argent qu’elle lui a « prêté », avec des intérêts. Au fur et à
mesure du remboursement du principal, l’argent est « détruit » (de la
même manière qu’il a été « créé », c’est la raison pour laquelle il n’y
aurait plus d’argent si l’on remboursait la dette), mais il reste les
intérêts, qui eux, sont au seul profit de la banque (qui sont des
intérêts sur de l’argent qu’elle n’avait pas !). Ces intérêts, il n’est
d’ailleurs possible de lui payer qu’en récupérant, grâce à son travail,
l’argent issu d’autres prêts effectués (indirectement), puisque
(presque) tout l’argent vient de la dette. Déjà, l’injustice est
flagrante : une banque privée crée de l’argent à son profit à partir du
travail des autres, sans rien faire (à part écrire un numéro dans une
base de données).
Mais ce n’est pas tout, en créant de l’argent,
la banque augmente la masse monétaire, donc dévalue la monnaie déjà en
circulation. L’important, ce n’est pas la valeur que l’on possède en €,
c’est la part que cette valeur par rapport à tout l’argent en
circulation. Si on multipliait l’argent de tous par 100, cela ne
changerait rien (c’est d’ailleurs ce que l’on a fait lorsqu’on est passé
des anciens francs aux nouveaux francs, on a divisé par 100, les gens
n’étaient évidemment pas 100 fois plus pauvres). Ainsi, augmenter la
masse monétaire (inflation) à son seul profit équivaut à « voler » une
(toute petite) part de l’argent que possède chacun. La population, qui
ne profite pas de cette création monétaire, doit donc travailler
toujours plus pour « récupérer » cet argent et payer les intérêts
toujours plus importants à ceux qui le leur prend.
Et
globalement, cela pose un problème de remboursement : lorsque tout
l’argent provient du crédit (en réalité, 90 95%), le total prêté à tous
vaut P (le principal), et il faudra rembourser P+I (avec les intérêts).
Sauf que l’argent des intérêts n’existe pas, il serait impossible de les
rembourser maintenant. Ce qui le rend possible, c’est simplement le
décalage dans le temps du remboursement, rendu possible grâce à la
croissance (c’est-à-dire lorsqu’il y a plus de nouveaux prêts effectués
pour rembourser les anciens). Sans croissance ce système inique
s’écroule. Il faut donc une production toujours plus importante
uniquement pour « rembourser » (en fait, « donner » serait plus juste)
les richesses créées aux banquiers. Après, beaucoup s’étonnent des
inégalités qui augmentent, et s’en prennent soit aux entreprises, soit
aux « assistés ». Mais la cause des inégalités, c’est le mécanisme de
création monétaire. Ce qu’il faut, c’est que la création monétaire soit
distribuée à chacun.