Si elle
sort de la zone euro, la Grèce, comme l’Argentine début 2002, aura
besoin de se mettre en défaut sur sa dette extérieure qui sera
impayable avec une nouvelle monnaie fortement dévaluée. Le château
de cartes de l’euro devrait s’écrouler devant un tel événement qui
semble inévitable même si tout est fait pour retarder sa survenue.
Quand ce défaut interviendra il coûtera d’autant plus cher aux
créanciers publics et privés de la Grèce, dont la France qui aura
des dizaines de milliards d’euros de perte, qu’ils auront continué
de prêter de l’argent à un pays insolvable pour le maintenir à
tout prix dans l’euro, alors qu’il fallait constater sa faillite dès
le début, le sortir de l’euro, et mettre un terme à l’expérience
de la monnaie unique en essayant de limiter la casse. L’euro, en
effet, n’est pas viable. Certains économistes imminents dont Milton
Friedman le savaient déjà en 1998. Voir le lien ci-dessous pour
rappel de son argumentation :
À l’auteur de cet article : Lire cette étude de Patrick
ARTUS (de la recherche économique de Natixis) intitulée « Qui va « craquer
» avec la crise de la zone euro ? »
Des
pays de la zone euro (l’Espagne, l’Italie, la France, les
Pays-Bas, le Portugal, la Grèce) ont décidé de réduire rapidement
leurs déficits publics, mais le résultat des politiques budgétaires
restrictives a été une considérable baisse de la croissance et une
très grande difficulté en conséquence à réduire les déficits
publics en raison d’un multiplicateur
budgétaire (instrument
économique mesurant l’impact de la politique budgétaire sur
l’activité économique) plus élevé que prévu, en moyenne de 1,8,
avec un pic de 3,6 pour la Grèce. Les calculs de l’auteur indiquent
« Ceci conduit à une estimation sur 2011-2013 du
multiplicateur budgétaire de : 1,5 en Espagne ; 2,2 en Italie ; 0,9
France ; 2,6 aux Pays-Bas ; 1,7 au Portugal ; 3,6 en Grèce, ce qui
est énorme ».
Actuellement
l’Espagne et l’Italie, contrairement
au
Portugal et
à la
Grèce, n’ont
pas encore formulé une demande d’aide officielle d’aide auprès des instances européennes. Toutefois
quel est la probabilité que ces deux pays aient
des chances de retrouver une situation normale alors que leur PIB est
en évolution négative et que leur taux d’endettement long terme
sont de 5 à 6 % ? Et
si demain c’est la France qui cumule déficit public, déficit
commercial, déficit de balance des paiements, désindustrialisation,
taux élevé de l’endettement qui voit ses taux d’intérêt s’envoler
sur les marchés, il se passe quoi après ?
Les
choses sont assez simples :Phase1 :
Au départ il y a eu un pari risqué qui était la création d’une
monnaie commune pour
différents pays qui
devaient partager cette
monnaie
commune mais pas dans le cadre d’une union
de transferts, (aucun Etat ne devant un financer un autre, chaque
État devant emprunter séparément sur les marchés financiers, La
BCE étant interdite de financer les États). Or économiquement une
zone monétaire est normalement une union de transferts, c’est le cas
de la France où il y a redistribution de crédits
d’État en fonction des besoin des régions, des
départements, etc.
Phase
2 : Crise
provoquée par les problèmes institutionnels de la zone euro et
les bêtises de certains de ses dirigeants qui croient que l’euro
« protège » en faisant disparaître le risque du change.
Or,
l’impossibilité
de faire varier le taux de change a
pénalisé les pays peu compétitifs de la zone euro qui se sont
appauvris au profit des plus compétitifs (problèmes de
désindustrialisation, de bulle immobilière, d’hypertrophie du
secteur public, d’endettement, de déficit budgétaire et de déficit
de balance des paiements dans
les pays peu compétitifs, certains
d’entre eux connaissant de graves crises financières).
Phase
3 : Pour
préserver l’euro, mise
en œuvre de cures d’austérité dans les pays en crise, avec des
dévaluations internes (choc de compétitivité) remplaçant la
dévaluation de la monnaie devenue impossible.
Phase
4 : Ce sera l’évaluation de l’efficacité des dévaluations
internes. La suite en dépend. En cas d’échec, on risque d’avoir un
désastre économique et social énorme sur le continent européen, à
la base duquel il y avait la création d’une monnaie unique.
A propos de l’étude de
Natixis signalée par l’auteur de l’article intitulée : « Jamais les
pays créditeurs du Nord de la zone euro ne sortiront de l’euro » qui
affirme notamment : « Même si
les pays du Nord de la zone euro protestent contre le maintien des déficits et
l’insuffisance des réformes dans les pays du Sud de la zone euro, ils ne
sortiront jamais de l’euro en raison des pertes de change que la sortie et
l’appréciation de leur devise entraîneraient sur leurs avoirs extérieurs. » :
A mon avis cette étude et cette affirmation en
particulier ne prenne pas en compte les risques de défaut dans les pays du sud. Notez
que les banques françaises prennent en compte ces risques de défaut et quittent
la Grèce. En grande perte pour le Crédit Agricole qui s’apprête à céder sa filiale
Emporiki après y avoir englouti 10 milliards d’euros ! Qui doit encore y
ajouter 500 millions d’euros pour pouvoir la vendre à l’euro symbolique !
Voila concrètement ce qui se
passe pour les avoirs à l’étranger,situés un pays en crise. La société générale s’apprête aussi à se
débarrasser de sa filiale grecque avec des pertes, certes beaucoup moins
importantes que le Crédit Agricole, mais avec des pertes. Et pourtant la Grèce
est censée rester dans l’euro et ne pas faire défaut sur sa dette !
Lire :
Zone euro : l’Allemagne se rapproche de la sortie (étude beaucoup
plus conforme à la réalité que celle de Natixis à mon avis) :