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Senatus populusque (Courouve)

Tableau de bord

  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 15 décembre 2009 01:11

    La phrase citée de Camus est fausse, et l’interprétation qui en est faite est mensongère, falsificatrice, honteuse.

    D’où la nécessité de rétablir le texte ; la mère, c’est évidemment la vraie mère, celle qui l’a élevé.

    Albert Camus à Stockholm devant des étudiants suédois :

     

    Après avoir évoqué l’objection de conscience et le problème hongrois, de lui-même Camus lança l’invite non déguisée : « Je n’ai pas encore donné mon opinion sur l’Algérie, mais je le ferai si vous me le demandez. » Camus affirma la « totale et consolante liberté de la presse métropolitaine. Il n’y a pas de pression gouvernementale en France, mais des groupes d’influence, des conformistes de droite et de gauche. Croyez-moi, c’est ma conviction la plus sincère, aucun gouvernement au monde ayant à traiter le problème algérien ne le ferait avec des fautes aussi relativement minimes que celles du gouvernement français. »

    Un représentant du FLN à Stockholm demanda alors à Camus pourquoi il intervenait si volontiers en faveur des Européens de l’Est mais ne signait jamais de pétition en faveur des Algériens. À partir de ce moment le dialogue devint confus et dégénéra en un monologue fanatique du représentant du FLN, qui lança slogans et accusations, empêcha l’écrivain de prendre la parole, et l’insulta grossièrement. [...] Camus parvint enfin, non sans peine, à se faire entendre. « Je n’ai jamais parlé à un Arabe ou à l’un de vos militants [du FLN] comme vous venez de me parler publiquement ... Vous êtes pour la démocratie en Algérie, soyez donc démocrates tout de suite et laissez-moi parler ... Laissez-moi finir mes phrases, car souvent les phrases ne prennent tout leur sens qu’avec leur fin. »

    Après avoir rappelé qu’il a été le seul journaliste français obligé de quitter l’Algérie pour avoir défendu la population musulmane, le lauréat Nobel ajouta :

    « Je me suis tu depuis un an et huit mois, ce qui ne signifie pas que j’ai cessé d’agir. J’ai été et suis toujours partisan d’une Algérie juste, où les deux populations doivent vivre en paix et dans l’égalité. J’ai dit et répété qu’il fallait faire justice au peuple algérien et lui accorder un régime pleinement démocratique, jusqu’à ce que la haine de part et d’autre soit devenue telle qu’il n’appartenait plus à un intellectuel d’intervenir, ses déclarations risquant d’aggraver la terreur. Il m’a semblé que mieux vaut attendre jusqu’au moment propice d’unir au lieu de diviser. Je puis vous assurer cependant que vous avez des camarades en vie aujourd’hui grâce à des actions que vous ne connaissez pas. C’est avec une certaine répugnance que je donne ainsi mes raisons en public. « J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Cette déclaration fut ponctuée d’ovations.

    Propos recueillis par Dominique Birmann, Le Monde, 14 décembre 1957 [À l’occasion de la remise à Albert Camus de son Prix Nobel de littérature].



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 14 décembre 2009 19:21

    A AGORAVOX : il y a un effort à faire pour faciliter la prévisualisation et la correction des messages avant envoi.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 14 décembre 2009 19:20

    rectif : attiré (puisqu’il n’y a toujours pas moyen de corriger la prévisualisation).



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 14 décembre 2009 19:18

    Je croyais, à écouter les médias, que les universités manquaient de moyens. Apparemment, leurs locaux sont disponibles pour tout et n’importe quoi.

    Merci aux Suisses d’avoir attirer notre attention sur l’avancement de l’islamisme en Europe.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 14 décembre 2009 12:44
    Une série de termes ont été inventés ou détournés pour dénaturer les notions communes, orienter insidieusement le débat et déconsidérer a priori l’adversaire ; d’autres ont pris une connotation qui bloque les débats. Dans les deux cas, c’est une police de la parole qui s’instaure.
    Anticommunisme : intimidation associée à la formule : La gauche s’arrête là où l’anticommunisme commence. Voir les difficultés pour obtenir une journée de commémoration des crimes du communisme.
    Antisémitisme : Si l’antisémitisme était un délit selon Jean-Paul Sartre – qui en 1941 succéda néanmoins, en tant que professeur titulaire au lycée Condorcet, à un professeur juif révoqué ..., le n° 92 de la revue Commentaire en apportait confirmation –, l’historien Jules Isaac, plus compétent en la matière, et auteur de Genèse de l’antisémitisme, le considérait comme un courant d’opinion ; ce qui ne lui donne pas de consistance logique ou morale pour autant, bien entendu, cela devrait aller sans dire.
     
    On a rangé sous la catégorie d’antisémitisme des choses fort différentes :
    - un préjugé de type racial pouvant aller jusqu’à des discriminations et des persécutions
    - une hostilité à la politique, voire à l’existence, de l’Etat d’Israël
    - une hostilité au communautarisme incarné par le CRIF, qui est contraire au principe d’indivisibilité de la République française.
    - une tentative de reexamen des méthodes et de l’ampleur des persécutions antijuives par les nazis (révisionnisme)
    « Ce n’est pas à la religion hébraïque ou à l’État d’Israël que s’en prennent les antisémites, mais aux Juifs en tant que »race« . » Jean Pierre Bouyxou, « En compagnie de Chomsky », Siné Hebdo, n° 20, é& janvier 2009.
    Dérapage : délit d’opinion à géométrie variable ; ainsi la journaliste Vanessa Schneider est épargnée pour sa formule (fausse d’ailleurs) sur le père de Nicolas Sarkozy : « Juif hongrois coureur de jupons » (Libération, 8 juillet 2004. Eric Zemmour est accablé pour son emploi du mot « race » qui figure pourtant dans la Constitution de 1958, dans le Préambule de 1946 et dans 17 articles du Code pénal.
    Le pape est accusé de dérapage lors de sa réponse à France 2 sur le sida. Mais si on ne voulait pas qu’il dise sa pensée, il ne fallait pas l’interroger..
    Haine : on en accuse à tout bout de champ ceux dont les arguments dérangent.
    Homophobie : délit d’opinion créé par la loi Halde de 2004, contré tout récemment par l’arrêt Vanneste (Cour de cassation, chambre criminelle, 12 novembre 2008). « Le terme d’homophobie s’est imposé : ce mot piégé confond (volontairement) le refus de la normalisation symbolique et sociale de l’homosexualité avec l’animosité à l’égard de la personne des homosexuels. L’homophobe, c’est le fasciste d’aujourd’hui. » (Jean Sévillia, Le Terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours, Perrin, 2000). Le terme alimente un discours qui stigmatise un délit d’opinion et dissimule par ailleurs le fait que l’homosexualité relève bien davantage de la liberté que de l’égalité des droits sociaux.
    Robert Badinter déclarait en 1982 : « Chacun de nous est libre de critiquer ou d’approuver l’homosexualité, chacun est libre de choisir ou de ne pas choisir tel ou tel comportement sexuel ; cela relève du choix intime de la personne ; plus ce choix est intime, plus il est secret et mieux cela vaut. » (Sénat, séance du 5 mai 1982, Journal Officiel [Débats Sénat], p. 1634). Mais aujourd’hui la liberté de conscience n’existe plus pour l’homosexualité et une atteinte est ainsi portée à la liberté religieuse.
    Islamophobie : terme créé pour disqualifier la critique d’une religion sous couvert d’antiracisme, et pour assimiler cette critique à une discrimination, notamment dans l’affaire des caricatures de Mahomet. Egalement appliqué à ceux qui sont opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
    Négationnisme : pour révisionnisme. Au lieu de s’indigner tous les deux jours de propos révisionnistes, on ferait mieux d’abroger l’article 24 bis de la loi sur la liberté de la presse. Cette disposition, créée par la loi Gayssot du 13 juillet 1990, est aujourd’hui déplorée par la majorité des historiens et des juristes ; elle n’a pas été contrôlée par le Conseil constitutionnel. On se demande où sont passés les historiens ; l’affaire de l’évêque Williamson suscite des polémiques médiatiques auxquelles participent des journalistes ou des ecclésiastiques, mais aucun historien professionnel.
    François Furet, le 30 septembre 1996 :

    « Rien n’est pire que de vouloir bloquer la marche du savoir, sous quelque prétexte que ce soit, même avec les meilleures intentions du monde. C’est d’ailleurs une attitude qui n’est pas tenable à la longue, et qui risquerait d’aboutir à des résultats inverses de ceux qu’elle prétend rechercher.. »
    Problèmes : terme connoté péjorativement depuis son emploi par Brice Hortefeux en septembre 2009.
    D’autres termes orientent « positivement » le débat :
    Citoyen (adj.) : conforme au politiquement correct.
    Communauté : invoquée à tout bout de champ ; exemple : « site francophone s’adressant à la communauté bisexuelle »
    Diversité : fait la promotion de la confusion entre multiracialisme et multiculturalisme.Français d’origine française : environ un milier de références sur Google pour cette expression qui enregistre la perte de sens du terme « Français ».
    Incivilités : euphémisme pour petite délinquance.
    Mémoire : concept promu par Pierre Nora, dévoyé ensuite ; les mémoires communautaires sont promues en lieu et place de l’histoire objective qui devient impossible à enseigner. à la fin du deuxième millénaire, le matérialisme historique échappait aux règles de la connaissance et de la logique ordinaires ; aujourd’hui, la mémoire collective à usage politique et communautaire récuse le savoir, et plus précisément l’histoire méthodique et objective, jusque dans l’enseignement, au nom du principe « tout est politique » ; il semble que l’on suive le slogan du Parti dans 1984 de George Orwell : « Who controls the past controls the future : who controls the present controls the past ».
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