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Senatus populusque (Courouve)

Tableau de bord

  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 octobre 2006 17:00

    Il faut plaindre et ignorer ce logorhéïque.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 octobre 2006 15:51

    Robert Redeker n’est pas à la recherche de notoriété, étant déjà connu davantage par ses articles dans Le Monde et dans Le Temps Modernes que par sa tribune du Figaro.

    Son point de vue dans Le Monde après les attentats du 11 septembre avait déjà déclenché une polémique.

    Il écrivait alors :

    « Le discours de la cécité volontaire », Le Monde, 22.11.2001

    QUE penser de la « pétition des 113 » intellectuels (devenus 500) en faveur de la paix ( Le Monde daté 21-22 octobre) ? Voilà une action qui est traversée par la nostalgie d’un combat commun avec le monde militant et avec le monde opprimé. Retrouver une posture que les dernières décennies du XXe siècle avaient effacée ; gommer le déchirement, survenu au moment de la critique du totalitarisme, entre l’intellectuel et le militant : voilà la tâche de cette nostalgie.

    Ecrire, publier, pétitionner, militer sous le souffle grisant du vent de l’histoire : voilà l’âme de cette nostalgie. Ce pacifisme est habité par le désir de reconstituer une intime articulation entre « les intellectuels » et « le prolétariat », comme elle a pu exister jadis, à ceci près que le prolétariat a déclaré forfait, s’éclipsant de l’histoire.

    Perdu le prolétariat ? Qu’à Clio ne plaise ! Un remplaçant lui a été trouvé : l’opprimé du tiers-monde, de préférence musulman. Dans leur précipitation, les pétitionnaires, nostalgiques d’une fusion holiste entre les intellectuels et les opprimés, ont soigneusement évité de sonder la nature de l’idéologie (l’islam) véhiculée par le substitut de feu le prolétariat.

    Quant à dire, à l’instar de certains d’entre eux, que c’est l’Occident qui a provoqué l’islamisme et le terrorisme, autrement dit que la victime est le coupable, c’est faire preuve d’un déterminisme historique strictement mécaniste qui témoigne d’une consternante méconnaissance de la logique propre de l’islam. C’est confondre l’histoire avec la physique classique : en histoire pourtant, n’oeuvrent pas seulement des déterminismes mécanistes, mais aussi des logiques propres aux cultures.

    Une dépression séculaire hante les intellectuels, dont Paul Klee livra la formule : « Le peuple manque ». Le prolétariat a fait illusion un temps, en tant qu’objet du désir. Le vide laissé par l’évaporation de la classe ouvrière, accentué par la nostalgie des temps heureux où intellectuels et prolétariat s’articulaient en une unité propre à rêver ensemble au même but, est comblé par les masses musulmanes, dont on s’acharne obstinément à ignorer le projet.

    De même que longtemps les intellectuels demeurèrent dans la cécité volontaire devant l’épouvante que transportait la forme prise dans l’histoire par l’idéal communiste, sous prétexte que cet idéal concentrait l’espoir des malheureux, de même cette posture de cécité volontaire trouve sa reprise depuis les attentats de New York, mais par rapport à l’islam. Sous le même prétexte : l’islam est aujourd’hui la foi des opprimés comme le communisme l’était hier, ce qui justifie l’islamophilie contemporaine par la même tournure d’esprit que se justifiait la soviétophilie d’hier.

    La « pétition des 113 » rejoue un scénario monté dans les années 1950, ces années en noir et blanc où, contrastant avec le développement des libertés et de la prospérité dans les sociétés occidentales, une chape de plomb totalitaire pesait sur l’intelligence. Les rôles demeurent, leurs acteurs changent. Les Palestiniens et les masses musulmanes contemporaines remplacent dans l’imaginaire intellectuel le prolétariat d’hier, évanoui dans les limbes de l’histoire. L’islam se substitue au communisme. Ces intellectuels font preuve vis-à-vis de cette idéologie d’un aveuglement et d’une complaisance délétères pour l’intelligence.

    L’aveuglement pouvait arguer, dans le cas du communisme, d’une excuse : le communisme constituait un projet d’émancipation et de bonheur pour toute l’humanité. De là, il ressort que le communisme est planté au coeur de la modernité même, qu’il est l’illusion du monde moderne par excellence dans la mesure où, dans le sillage de Jean-François Lyotard, on consent à définir la modernité par la passion de l’émancipation.

    Cette excuse disparaît dans le cas de l’islamophilie : aucune idéologie n’est plus rétrograde que l’islam, et, par rapport au capitalisme dont les Twin Towers, dans leur majestueuse beauté figuraient le symbole, la religion musulmane est une régression rebarbarisante. Le destin des Bouddhas géants d’Afghanistan et celui des Twin Towers de New York s’est révélé semblable : statues et tours étaient les icônes de l’altérité, insupportable à l’islam.

    Les Twin Towers étaient de véritables tours de Babel : l’altérité y foisonnait, s’y mélangeant avec la prospérité et la beauté, des humains de toutes les cultures et de tous les niveaux socio-culturels y travaillaient et s’y rencontraient. C’est ce symbole du métissage des altérités, l’inacceptable différence de ces nouvelles tours de Babel qu’il a fallu, pour les islamistes, mettre à bas !

    On peut se vouloir classé à gauche et méconnaître la leçon de Marx sur la religion comme idéologie liée par essence à l’oppression. Des centaines de millions d’hommes et de femmes, d’enfants, dans tous les pays musulmans, sont effectivement sous le joug de l’oppression. Leur vie est, en premier lieu, écrasée par l’islam. Du dehors, par le biais des structures sociales et politiques souvent ancestrales. Du dedans, par le biais de la colonisation de l’imaginaire et de la paralysie de l’intelligence que cette religion installe au plus intime de chaque croyant.

    Nos bonnes âmes intellectuelles et pétitionnaires, se refusant à voir cette radicale oppression-là, vont jusqu’à croire que l’extension de cet imaginaire islamique et l’explosion de la puissance de ressentiment avec laquelle il est couplé sont d’essence émancipatrice.

    Les stoïciens nous ont légué, parmi leurs bienfaits, une logique des préférables. Est préférable, selon Zénon et Chrysippe, ce qui apporte le plus de bien, de beauté et de progrès. Dans la vie politique, qui doit bannir l’Absolu, cette matrice du totalitarisme, il s’agit à chaque instant de déterminer des préférables : le capitalisme, parce qu’il permet sans le nécessiter un plus ample développement de la liberté, parce qu’il a créé aussi de la richesse et de la beauté, est préférable à l’islam, tout comme la symbolique des Twin Towers est préférable aux discours proférés dans les mosquées.

    Le capitalisme, comme Braudel l’a mis en relief, fait surgir des ères de civilisation qui permettent un plus grand épanouissement de la liberté (en particulier de la liberté de penser, d’écrire, de publier, de diffuser) et qui offrent de plus riches possibilités de vivre que tous les autres systèmes bâtis jusqu’ici par les hommes.

    La logique des préférables a mauvaise presse auprès des intellectuels, spontanément portés au flirt avec l’Absolu. Les préférables sont, le plus souvent, confondus avec les compromis compromettants et la fadeur politique. Pourtant, c’est bien cette propension à adorer l’Absolu - par exemple : la paix - qui a rendu pacifistes beaucoup d’intellectuels d’entre les deux guerres, les transformant d’abord en munichois puis en pétainistes. Le défaitisme révolutionnaire en 1938 disait, aussi bien à la CGT qu’au PCF : plutôt Hitler que la guerre.

    Pour expliquer son engagement dans la résistance, Jean Cavaillès disait préférer Paris-Soir au Völkische Beobachter. La critique justifiée du capitalisme s’égare, s’éloignant de cette humanisante logique des préférables, si elle nous pousse à opter pour pire que lui.

    PAR ROBERT REDEKER



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 octobre 2006 15:38

    Pas de provocation, mais plutôt réaction aux réactions au discours du pape à Ratisbonne, et réactions à l’assassinat de la religieuse italienne en Somalie, religieuse hospitalière dont la vie compte visiblement pour moins que zéro dans l’esprit des détracteurs de Robert Redeker.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 octobre 2006 14:44

    La référence du post est à la fin ; il s’agit de Décryptage, en effet des spécialistes.

    Ce texte n’est donc pas de moi.



  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 octobre 2006 14:32

    @ réciprocité

    Il ne semble pas que les païens aient persécuté les musulmans.

    Dans l’Encyclopaedia Universalis, article Islam, je trouve au contraire :

    « Dans le Coran, il n’existe aucune stipulation concernant les peuples vaincus : il faut donc s’en référer à l’exemple de Muammad qui, suivant les circonstances, a expulsé, massacré ou réduit à l’état de tributaires les vaincus. En fait, le régime des tributaires n’a véritablement été organisé que sous les califes, et l’on distingue entre les païens, qui doivent se convertir sans pour autant devenir musulmans à part entière, et les gens de l’Écriture qui, moyennant certaines obligations, peuvent continuer à pratiquer leur religion sous la protection musulmane. Quant au massacre des vaincus, il n’a été pratiqué que sur les armées en déroute et sur les populations qui avaient opposé la violence aux conquérants ; en effet, il n’était pas de l’intérêt des musulmans d’exterminer des populations qui se soumettaient à leur domination et qui, surtout dans les pays riches, apportaient une importante contribution à la vie économique de la communauté musulmane. »

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