Je ne peux pas vous répondre mais je peux vous préciser qu’en ce qui concerne mes collègues de travail (travailleurs sociaux) et moi même, et je vous rejoins dans le mot ’sens’, œuvrons probablement indirectement à une forme de paix sociale et bien sûr là n’est pas le but essentiel, et du coup on a moins PEUR et c’est le ça.
Je crois sincèrement que dans ce que vous faites en tant que bénévole et en tant qu’ancien enseignant, vous devez me comprendre et partager mon ressenti.
Imaginez nos Macron, Fillon, Hamon et j’en passe, se mettre comme vous avez pu le faire, au niveau de la personne ? Je crois qu’ils ne peuvent pas.
Ils ont besoin de reconnaître qui est qui, d’où il vient et surtout qu’il le reste, cela doit les aider à faire des choix, à tenir leur cap et à regarder plutôt l’horizon.
Je crois que, bien que je ne n’adhère pas, nous avons tous besoin de faire des choix, même si cela incombe de rejeter ce qui fait peur, les plus sensés d’entre nous se remettent en question, réfléchissent et tiennent l’équilibre, et je ne vous pose pas la question de jusqu’à quand ?
’Il faut savoir ce qu’on veut transmettre et pourquoi’
Je suis d’accord et j’ajoute à qui, comment et quand. J’accompagne beaucoup de jeunes en difficulté, et bien souvent la question de la représentation se pose mais la réponse ne se travaille que dans de la globalité.
Je remarque sans cesse qu’il est difficile pour certains de bouger, d’évoluer et de quitter la spirale qui les entraîne au plus profond, et là tous les messages de bienséance deviennent inutiles et inopportuns.
Le choix vestimentaire est très important pour le paraître et bien au delà, je donnerai aussi l’exemple de ceux qui traversent des moments difficiles et qui s’oublient, pour eux mêmes et dans les regards des autres. On pourrait disserter longtemps la dessus et je suis d’accord avec vous sur l’importance du message à transmettre. Je connais des formateurs qui encadrent des personnes de 18 à 25 ans, ils les préparent par des mises en situation face à des employeurs fictifs et la question de la présentation est majeure. Malheureusement tout le monde réalise que dans de nombreux cas, une présentation sommaire n’est plus suffisante car apparaît de plus en plus la DISCRIMINATION, négative et positive, on le voit ne serait-ce qu’aux résultats des fameux CV sans photo, qui ne sont absolument pas retenus par certains employeurs et je pourrais en dire beaucoup plus au sujet des femmes ...
Je crois qu’on passe à d’autres valeurs, probablement celles qui doivent convenir à ceux qui veulent subsister seuls et non avec les autres.
Je partage l’avis de Nabum, vous avez du courage à le dire.
Pour le cerveau en off, il y a longtemps que les biens-portants sont sur ce mode, cela leur permet de ne pas envisager que cela puisse un jour s’arrêter puisqu’ils ne sont pas prêts, car encore plus aujourd’hui, rien ne dure.
Garder ses vêtements peut paraître comme un manque de respect. Il m’arrive souvent de rencontrer lors d’entretiens, des jeunes qui gardent toujours leur casquette, je m’y suis habitué et dorénavant je ne leur demande plus de l’ôter. J’ai remarqué qu’en dehors d’une acceptation et d’une adhésion aux codes sociaux de la mode, beaucoup sont portés par leurs vêtements, on en voit également avec des superpositions vestimentaires leur permettant de donner le change, de cacher leur manque de confiance en eux.
On ne peut imaginer la difficulté pour certains d’enlever leurs vêtements, je citerai dans le cadre de démarches de soins, l’exemple de certaines activités de groupe comme la piscine, celle ci n’a pas pour but d’apprendre à nager mais plutôt de participer et d’échanger sur un même référentiel que peut être une forme de nudité, cette expérience ne convient pas à tous, est-ce une question de confiance en soi ou un rapport particulier à son corps, ce qui revient au même.
Pour terminer, je me souviens d’une personne âgée qui se présentait chez moi tous les jours en costume et cravate, tôt le matin, un jour je lui fis part de mon interrogation quant à sa prestance, il me répondit « Serge, si tu veux qu’on te respecte, respecte-toi toi-même ». La répartie est convaincante, mais aujourd’hui je la remets un peu en question dans le sens :
Se fait respecter qui peut, c’est une affaire de point d’observation.
Merci de votre attention, c’est ma contribution de ce jour et à tous bon weekend
Juluch, vos collègues ont étés sollicités ces temps-ci