les Malgaches pratiquent déjà à grande échelle l’écologie en recyclant tout, absolument tout ce qui peut l’être, et en cultivant « bio », par nécessité. Ils consomment peu, même ce qui est indispensable comme l’eau et l’electricité, ne se chauffent pas et n’ont pas de climatiseurs, ils sont plutôt des exemples pour tous les gaspilleurs de la planète ! Le gros , l’énorme problème est LA CORRUPTION, à tous les niveaux et rien ne changera tant que ce peuple trop gentil ne se révoltera pas.
merci Rosemar pour ce petit voyage rafraichissant, j’ai été comme vous charmée par ce lieu (vu pour la 1ère fois cette année en mars, au soleil, sans la foule, sans la chaleur écrasante) , j’ai pris moi aussi la photo des algues et la transparence de l’eau, les roues à aube, et visité les magnifiques villages alentours . il était temps que que je connaisse cette région !
J’ai toujours regretté de ne pas avoir eu de frère jumeau.
Je suis nezunique,
pour mon malheur, car la vie, comme celle de tous mes semblables, ne m’a pas
gâté.
D’abord il a fallu que je reconnaisse seul des milliers de
molécules.si la nature avait bien fait les choses, tout aurait été plus simple…nous aurions pu
échanger nos impressions, nous rassurer, éviter certaines erreurs.
Plus tard, nous
aurions fait équipe : une semaine chacun pour les mauvaises odeurs, une
pour les bonnes en alternance. J’aime beaucoup de parfum de ma propriétaire, j’essaie
de le garder en moi le plus longtemps possible, mais il est vite remplacé par
d’autres moins agréables que je dois supporter, analyser, enregistrer pour m’y
reconnaître la fois suivante. Odeur de brûlé : danger, avertissement au
cerveau. Odeur de caca : alerte, le bébé doit être changé d’urgence. On ne
soupçonne pas ce qu’endure un nez unique.
Le visage de ma propriétaire serait beaucoup plus harmonieux
avec deux nez, un sous chaque œil.
Un pour respirer, un pour sentir.
Un pour renifler, un pour moucher.
Un pour le jour, un pour la nuit, un peu de repos ne serait
pas superflu, je travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout de
même !
Un pour inspirer, un pour souffler…
Nous partagerions les rhumes, les ronflements, nous serions unis devant les soucis de la vie.
Mes plus proches voisins, les yeux, ont davantage de chance.
Admirés pour leur forme, leur couleur, j’en suis jaloux. On leur dit qu’ils
sont le reflet de l’âme, que les émotions se reflètent dans leurs
prunellesnoisettes, leurspupilles réagissent à la lumière, s’ouvrent
comme des fleurs quand la lumière baisse, s’étrécissentpour résister au soleil, ils sont maquillés,
embellis, aidés par des lunettes quand ils fatiguent. Ils se moquent de moi
quand la grippe me transforme en fontaine alors qu’ils sont l’objet de toutes
les attentions si notre propriétaire pleure à cause d’un chagrin d’amour. Je
tiens ma revanche quand ils divergent parfois, couple en pleine crise
conjugale, ne regardant plus ensemble dans la même direction.
Ma collègue, la bouche, se plaint elle aussi, et nous nous
soutenons : solitaires mais solidaires, nous nous soutenons pendant les
repas. Il lui arrive de souffrir, la pauvre, de rages de dents
insupportables,mais le plus difficile
pour nous deux reste la cigarette. Le
calvaire débute chez elle, avec cette fumée toxique qu’elle doit avaler à
intervalles réguliers, il continue chez moi en un souffle acide et chaud diminuant
mes possibilitésolfactives, brûlant mes
parois tapissées de sensibles capteurs. La bouche riposte par une haleine de
chacal, personnellement je me sens très démuni face à cette agression, je tente
désespérémentdes salvesd’éternuements à l’efficacité limitée.
Les oreilles, un peu distantes, ne communiquent guère, et
tout comme moi souffrent d’un déficit d’attention. Elles entendent, mais
n’écoutent pas toujours attentivement.Chacune de leur côté,
elles me snobent quand elles se parent d’anneaux et de pierres précieuses. De
mon extrémité, je devine des pendentifs en émeraude du plus bel effet, enjolivant
leur forme ingrate. Eh oui, il faut souffrir pour être belles, lesamies. En ce qui vous concerne, quelques
décorations ne sont pas superflues !
La chirurgie nous dépanne si nécessaire, heureusement,
puisque nous sommesen première ligne en
cas de coup de poing : certains d’entre nous sont cassés, écrabouillés,
martyrisés, obligés de participer contre leur gré à des matches de boxe ou des
bagarres.
Certains humains y ont recours, simplement parce qu’ilsn’aiment pas leur nez et le font refaire.
Quelle ingratitude ! Pour quelques millimètres de trop ici ou là, de
pauvres nez sont rabotés, aplatis, arrondis, perdent leur caractère et leur
identité.
Pour que soit respectés notre effort, notre personnalité,
pour que des études aboutissent à la création dusecond nez obligatoire, seule façon de nous
décharger de notrefardeau, je propose
que tous les nez adhèrent à la SPN, Société de Protection des Nez.
Mettons fin au mépris, à l’indifférence, à la discrimination
dont nous sommes victimes.
Organisons la grève de la respiration pour obtenir le
respect qui nousest dû.